samedi 13 septembre 2008

Elevons le débat.


Le pape est en France. Ce pape-là m'intéresse. C'est un pape de très bon niveau. C'est un intellectuel de première classe. Quand il parle, c'est pour dire quelque chose.

Moi, le mécréant, j'ai écouté son discours d'hier après-midi au couvent des Bernardins à Paris. J'en a lu le texte ce soir dans "Le Monde". Il y a vraiment de la substance.

Mazette, ce n'est pas anodin ! On peut en discuter, mais on est vraiment face à un esprit supérieur. C'est du lourd, ce Benoît !

Dans notre époque tellement vide de sens, de profondeur, de réflexion, ce pape nous ramène enfin à des questions essentielles.

Il faut croire que l'intelligence est contagieuse. Figurez-vous que le discours de Nicolas Sarkozy, hier à l'Elysée pour l'accueil du pape, était également d'une richesse inaccoutumée. Pas un discours de circonstance, mais une analyse sérieuse du concept de laïcité.

Nicolas Sarkozy a des défauts mais il faut lui reconnaître un mérite : il a beaucoup réfléchi et travaillé sur la question religieuse en France, sur l'Islam ou sur le Judaïsme, notamment.

Moi, je suis heureux de voir mon pays se plonger dans ce genre de débat plutôt que le voir s'écharper sur le sort de Raymond Domenech.

jeudi 11 septembre 2008

Comédie humaine.


Tiens, c'est marrant, revoici Balzac !

Le journal "Le Monde", pour tenter d'enrayer son naufrage annoncé, nous propose, en cadeau presque gratuit, l'intégralité de la "Comédie Humaine", volume après volume, un par semaine.

La "Comédie Humaine", c'est pour moi, avant tout, Rubempré et Rastignac.

Deux personnages antinomiques, inconciliables, sous l'ombre tutélaire du mentor absolu : Vautrin.

On les côtoie dans la trilogie balzacienne : "Le père Goriot", "Les Illusions perdues", "Splendeurs et misères des courtisanes".

C'est le cœur du romanesque balzacien.

Balzac aujourd'hui ? Si je réponds Tristan Garcia, je fais reposer sur les épaules de ce romancier de 27 ans un poids beaucoup trop lourd.

Et pourtant ! Le roman de Garcia, publié chez Gallimard, renvoie beaucoup à Balzac.

Le titre : "La meilleure part des hommes". Les hommes, la comédie humaine.

Ne sommes-nous pas sur le même terrain ?

Tristan Garcia est trop jeune pour avoir vécu ou connu les années 80. C'est pourtant cette époque qu'il décrit. Il raconte les ambitions, la célébrité, Paris et la province, le sexe, les désirs, les coteries, les lâchetés, la gloire et l'oubli.

Balzac a raconté, à sa façon, les mêmes histoires. Tristan Garcia y ajoute, comme piment romanesque, une maladie appelée SIDA. Piment ou fléau ? C'est tout le sujet du livre.

Voici un extrait de "La meilleure part des hommes" :



Les années quatre-vingt furent horribles pour toute forme d’esprit ou de culture, exception faite des médias télévisuels, du libéralisme économique et de l’homosexualité occidentale. Dominique Rossi ne s’intéressa pas du tout à l’économie libérale. Plus tard, il regardera quand même la télé.

Ce fut la Grande Joie ! Il répétait toujours ça. Est-ce que c’était une période inédite de l’évolution de l’humanité ou un cycle régulier de libération, d’émancipation des homos, j’en sais trop rien.

« Ça ne ressemblait pas tant que ça à la Grèce antique, et plus du tout à Oscar Wilde» , rigolait Doumé, devant un verre de bourbon.

Il était à New-York, il était à Londres, il était à Paris.

« Rétrospectivement, je vois les années où le fric devenait une valeur sociale démocratique, où la Bourse, l’apparence, le look, le toc, le mauvais s’exprimaient dans une grimace généralisée de la planète, au grand jour. Esthétique pub de néons et de premiers écrans d’ordinateur Atari, fuseaux fuchsia, PAO et synthétiseurs. Le clinquant. »

Doumé éclate de rire.

« Nous… Pour nous, ça avait la couleur de l’amour – mais j’avoue que si j’avais été hétéro, ça aurait largement ressemblé à la fin de l’intelligence et à la couleur de l’enfer.« Mais moi, je baisais à l’époque, et on dansait. Ce n’était pas con, non, non. On sortait au grand jour, on s’éclatait, on avait le sentiment de l’appartenance. C’était la communauté, mais ça paraissait plus un univers qu’une prison. Ça changé par la suite. On comprend que c’est la même chose, au bout du compte. »

Dominique regardait ses pilules, toujours, avant de les avaler. Combien de fois il s’est trouvé assis sur ce fichu canapé rouge cerise, à côté de la chaîne stéréo. Il réfléchit.

Ce photographe l’a conduit au Palace, merde, jamais il avait ressenti ça. C’était un petit étudiant à lunettes, en chemise, même s’il était baraqué, on se sent toujours un enfant la première fois, et il marchait dans un couloir, avec le son des enceintes, les basses, surtout, qui vous prenaient au ventre ; il avait eu l’impression de marcher au milieu des colonnes et de soldats d’un temps ancestral, vers une arène. C’était violent, ça faisait mal, mais il y avait déjà le plaisir de penser que ce serait peut-être bon ensuite, un peu plus loin. Il allait pénétrer sur la piste de danse, la musique vous saisissait à l’estomac, il crut même franchement qu’il allait gerber, puis il a compris qu’il valait mieux se laisser ingurgiter par le son, comme un cœur géant qui nous faisait tous vivre et vibrer, à l’unisson. Il avait oublié Chostakovitch, Fauré, le bop et l’after-punk, tout ce qu’il connaissait, cette musique était vivante, elle était débridée, libre et contraignante à la fois, bien habillée et indécente. Il a appris à danser les mains au-dessus de la tête, et le pantalon sous les genoux, ensuite. Il a compris, comme chacun dans sa propre vie, qu’il était un corps. Il dansait – ce n’était pas agréable, au début, parce qu’il y pensait, puis il oubliait, et c’était bon parce que ce n’était plus bon, non, non, c’était bien plus que ça. Au diable le reste.

Et il jouissait.

« Merde, qu’est-ce qu’on pouvait jouir, à l’époque, je crois pas qu’on jouisse comme ça , aujourd’hui. »
Il ricana, se traita de jeune vieux con, de vieux jeune con. Il avait assez de conscience pour vous empêcher de le juger. Un temps. Un temps seulement.



mardi 9 septembre 2008

Etre jeune et danois.

Le pire n'est jamais sûr, sauf parfois en France qui bat depuis longtemps le record d'Europe de consommation de psychotropes. Chez nous, le bonheur n'est plus dans le pré. L'absence de malheur est dans l'armoire à pharmacie.

Voici un contre-exemple réjouissant venu d'un petit pays nordique qui a su engendrer une jeunesse heureuse.

C'est le signe d'une société saine car que peut-on souhaiter de plus à la jeunesse, sinon l'insouciance ? La jeunesse danoise envisage l'avenir dans la décontraction, celle qui manque à la société française, dangereusement crispée sur ses acquis, son passé flétri et sa ridicule arrogance.

Je vous laisse lire ci-dessous l'article du "Monde" qui m'a tant réjoui.




AU ROYAUME DE L'INSOUCIANCE

COPENHAGUE, DE L'ENVOYÉE SPÉCIALE DU "MONDE" ANNICK COJEAN




Est-il possible d'avoir 20 ans et de penser, contrairement à Paul Nizan, que c'est "le plus bel âge de la vie" ? Est-il pensable, le bac en poche, de se dire qu'on a tout le temps - cinq, huit, pourquoi pas dix ans - pour flâner, butiner, tâtonner, explorer, à la recherche de soi, et d'une voie idéale menant à l'épanouissement ? Est-il concevable, enfin, d'étendre cette période délectable de la "jeunesse" sans la moindre anxiété d'origine matérielle ou de recherche d'emploi ? Mieux : avec la quasi-certitude que les virages, secousses, et multiples expériences du parcours - fût-il vagabond et chaotique - éveilleront chez un employeur potentiel respect, admiration... et se monnaieront ?

Nous sommes décidément loin de Paris et des angoisses qui, d'après tous les sondages, plombent le moral des jeunes Français ainsi que celui de leurs parents. Ici, à Copenhague, la jeunesse à bicyclette se dit résolument "chanceuse et optimiste". Et les Danois qui se confient rient de notre perplexité devant leur stupéfiante décontraction, leur aisance à se déclarer "en construction", et leur formidable confiance dans l'avenir. "Bienvenue au royaume de l'insouciance !", s'exclame un père de famille, universitaire, en couvant du regard deux grands adolescents, qu'il encourage à prendre le large et "partir explorer le monde". Insouciance, c'est bien cela. Les jeunes le confirment qui précisent : "Délicieuse insouciance."

Une étude comparative des jeunesses (16-29 ans) de 17 pays, publiée en 2006 par la Fondation pour l'innovation en politique et réalisée avec l'institut suédois Kairos, donnait des résultats spectaculaires. Seuls 26 % des Français estimaient par exemple leur avenir personnel "prometteur" contre... 60 % des Danois. 27 % des Français se disaient persuadés d'avoir "un bon travail dans l'avenir" contre... 60 % des Danois. 32 % des Français se disaient "satisfaits" de leur vie contre... 51 % des Danois. Et 22 % des Français affirmaient avoir une liberté et un contrôle total sur leur propre avenir contre... 45 % des Danois. Enfin, interrogés sur les qualités à développer chez l'enfant, les Français choisissaient "l'obéissance" tandis que les Danois plébiscitaient "l'indépendance". Un paradoxe, quarante ans après le mouvement antiautoritaire des jeunes de Mai 68. Mais un choix de valeurs très significatif des différentes conceptions de l'apprentissage de la vie.

"C'est fascinant !, observe Cecile Van de Velde, auteur d'une thèse Devenir adulte, sociologie comparée de la jeunesse en Europe, publiée cette année chez PUF. Français et Danois se situent aux deux extrêmes d'un panel européen. Aux Français anxieux, pressés par le temps, cernés par le chômage, convaincus que leur destin se joue avant 25 ans et qu'un échec ou une erreur d'orientation se paient durant toute la vie, s'opposent les Danois confiants, financièrement autonomes grâce à des bourses, prêts et petits boulots, encouragés à l'exploration et à la mobilité, avec un horizon ascendant et un marché de l'emploi avide de leur apport."

Le tableau est dressé, que l'on croirait caricatural. Mais la vingtaine de jeunes gens rencontrés à Copenhague, en ce début septembre, n'auront de cesse de l'accréditer. "La jeunesse est ici une époque bénie, explique Sven Morch, professeur de psychologie à l'université de Copenhague. Ce qu'elle évoque, véhicule, implique est d'ailleurs si populaire, si positif, que tout le monde voudrait en être et qu'elle tend à s'allonger à l'infini." S'allonger ? "Les enfants piaffent d'aborder ce rivage et les parents précipitent le mouvement en basant l'éducation de leurs gamins sur l'autonomie et en les habillant très tôt en ados. Dans l'entreprise, les emplois doivent de plus en plus avoir l'attrait du "job", être distrayants, permettre le développement individuel et même paraître sexy !" La société danoise a pour la jeunesse, dit-il, toutes les indulgences et toutes les attentions. "Et nos jeunes excellent à être jeunes !"

Cela fait sourire la bande de garçons, de 17 à 20 ans, réunis ce dimanche dans le jardin des parents de l'un d'eux. Oui, ils ont bien l'intention d'être "bons" dans la position de "jeunes". Oui, la vie, ces prochaines années, promet d'être "vraiment cool". Comme elle le fut déjà, reconnaissent-ils, pendant toute leur scolarité. Pas d'angoisses de carnets de notes ou de devoirs sur table ? "Jamais ! Toute idée de classement est inacceptable, assure Stefan, 20 ans. Elle irait à l'encontre de l'égalité sur laquelle est fondée notre social-démocratie. Les profs comme les parents tentent toujours de trouver du positif. Ce qui compte, c'est d'être soi-même et de se sentir bien."

Pas de stress, de retenues, de sélection, encore moins de redoublements. Surtout, jamais de menaces associant une profession dévalorisée à un échec scolaire, du genre : "Si tu ne travailles pas, tu finiras..." L'échelle des revenus étant de toute façon très serrée, le diplôme ne garantira pas un salaire plus élevé, une meilleure qualité de vie, ou l'unique moyen de s'élever socialement. Alors, pas de chantage !

Entre collège et lycée, il arrive que des élèves fassent "une pause", en s'inscrivant dans une "école du peuple", un internat où, loin des programmes scolaires classiques, ils se consacreront à leurs passions : sports, art, environnement. Marcus, 17 ans, se souvient de cette année où il a développé un projet sur la musique cubaine et effectué un séjour à Paris et à Cuba comme d'un moment merveilleux et essentiel, où il a "grandi, rêvé, appris à vivre et composer avec les autres, et penser à la vie". Encore deux ans de lycée, et il fera de nouveau une pause. Un an, dit-il. Pour aller sur les routes. "En Espagne, peut-être ; prendre un job de serveur ; bourlinguer ; avant d'entreprendre des études d'anthropologie."

Ce projet d'une ou deux années "off" est partagé par la quasi-totalité des jeunes, qui vont jusqu'à trouver "dangereux", voire "catastrophique", le fait de foncer tête baissée dans les études. Adel, 19 ans, avoue avoir fait ce choix, mais c'est parce qu'il rêve d'être médecin et que, issus de parents ayant fui l'Irak de Saddam Hussein et ayant dû repasser des diplômes au Danemark, il sait que sa famille considérerait comme "un gaspillage de temps effarant" la pause d'un an après le bac. "C'est pourtant le moment de faire des expériences, de se tester, d'acquérir de la maturité hors du cadre familial", assure Lars, 19 ans, expliquant qu'il lui faut d'ailleurs trouver d'urgence une location car sa mère le met à la porte : "Elle a raison, remarquez ! C'est le bon moment, et le meilleur moyen de rester bons amis !"

Ses amis éclatent de rire. Si l'initiative du départ de la maison n'est pas souvent le fait des parents, la nécessité de ce départ, à la fin de l'enseignement secondaire, s'impose à tous comme une évidence. Pas de rite, pas de larmes, le départ s'inscrit simplement dans une démarche d'autonomie amorcée dès 13-15 ans, par le recours à de petits boulots rémunérés (caissiers, vendeurs, plieurs de journaux), à des tâches ménagères payées, puis par la perception, dès l'âge de 18 ans, d'une aide financière étatique (environ 300 euros). L'Etat danois garantit ainsi l'indépendance des jeunes dès leur majorité.

Et, sur ce point, le consensus là encore est total. Dans ce pays de 5,4 millions d'habitants où le taux d'imposition peut atteindre 80 % des revenus, les études sont gratuites, et chacun a droit à six années de bourses d'Etat (à organiser comme bon lui semble), ainsi qu'à des prêts avantageux, quels que soient les revenus des parents. La combinaison des deux peut aboutir à près de 1 000 euros mensuels.

"La plupart des étudiants exerçant un emploi à temps partiel, ils disposent ainsi de revenus leur permettant à la fois indépendance et tranquillité d'esprit, commente le sociologue Dominique Bouchet, qui enseigne et vit au Danemark. Les installations universitaires sont de qualité, le nombre de professeurs pour un groupe d'étudiants bien plus élevé qu'ailleurs." Et surtout, insiste-t-il, "il y a droit à l'erreur de parcours, droit à l'hésitation et à l'errance. On peut changer de cap, faire une pause, recommencer plus tard dans une autre branche. Tout itinéraire est respectable, l'idée d'échec n'existe pas."

Pourquoi ? Toujours l'idée, partagée par les employeurs, qu'il importe de "se trouver" et qu'un CV ne se résume pas à la liste des diplômes. "C'est la personnalité qui nous intéresse avant tout, affirme Vagn Sorensen, président de l'entreprise de télécommunications TDC. Quels petits boulots ? Quels voyages ? Quelles expériences de leadership ? De travail bénévole ?" Il faut dire que dans un pays où le taux de chômage est de 1,6 %, autant dire inexistant, le jeune diplômé est très courtisé et c'est lui qui pose ses exigences : horaires, lieu, salaire... "En ce moment, c'est un petit roi !"

Un petit roi qui se lance très tard sur le marché de l'emploi (25-28 ans) et que le gouvernement libéral, inquiet du manque de main-d'oeuvre, des conséquences de la baisse démographique sur le régime de retraite et d'une dégradation possible de l'économie (le Danemark vient de connaître deux trimestres consécutifs de baisse de son PIB) aimerait faire travailler plus tôt.

Des incitations à renoncer aux fameuses années "off" sont même imaginées en jouant sur les bourses et le système de notation. Et les Danois sont horrifiés. Bousculer la jeunesse ? Contrarier ses rêves et ses fameux vagabondages ? Sa liberté à trouver doucement sa place ? Jamais !




Article paru dans l'édition du "MONDE" datée du 10.09.08 (© Le Monde)



dimanche 7 septembre 2008

Edvige.

Joseph Fouché, le plus flamboyant ministre de l'Intérieur ayant précédé Charles Pasqua, ne me démentirait pas : on ne fait pas de bonne police sans faire de bonnes fiches.

La bronca bobo-gauchisante-bien-pensante contre la nouvelle collecte élargie des données sur les personnes "sensibles" est à la fois naïve et mal informée. La police a besoin de savoir. Gouverner, c'est prévoir.

Le fichier injustement vilipendé s'appelle : "Edvige" (avec un "v", pas un "w" - c'est un obscur acronyme administratif-). Il prend tout simplement le relais du fichier des RG. En juillet dernier, les "Renseignements Généraux" ont disparu en fusionnant avec la DST. C'est devenu la nouvelle "Direction centrale du renseignement intérieur". Personnellement, la création de cette organisme me réjouit. Je me sens davantage en sécurité intérieure.

Le fichier des RG a toujours été très complet. J'en sais quelque chose. Je suis entré dans le fichier des RG il y a trente ans (1978). Je vous assure que c'est vrai. Je le sais de bonne source : à l'époque, j'avais rencontré par hasard l'inspecteur des RG qui avait supervisé mon dossier. Il savait beaucoup de choses me concernant. Cela ne me gêne aucunement. Je n'ai rien (de grave) à me reprocher.

Comme j'étais dans le fichier des RG, j'espère évidemment être dans le fichier "Edvige". Il paraît que le transfert est automatique. Tant mieux ! Finalement, "Edvige", c'est chic, c'est une sorte de "Who's who ?".

Dans "Edvige", on côtoie forcément le gratin français : les politicards, les syndicalistes, les nazes du PAF (paysage audio-visuel français), les starlettes vieillissantes qui défendent les prétendus "sans-papiers", les emmerdeurs professionnels (José Bové, Robert Ménard, les indépendantistes corses, les ostréiculteurs, les producteurs de lait, les chauffeurs de taxi, les dockers de Marseille, etc).

Finalement, c'est une sorte d'onction que de figurer dans "Edvige". J'espère que ma fiche est bien fournie et qu'elle a été régulièrement mise à jour. Je suis à la disposition des autorités pour la compléter. Je suis un bon Français. Je voudrais d'ailleurs que cette qualité figure en bonne place dans mon dossier. On ne sait jamais.

Evidemment, j'entends mugir les féroces protestations des "droits-de-l'hommistes" et autres défenseurs des libertés. L'origine de leur courroux ? Tout simplement le fait qu' "Edvige" prétende aussi encarter tout individu "susceptible de porter atteinte à l'ordre public". On ficherait donc avant le passage à l'acte. C'est ce qu'on appelle faire de la prévention et c'est louable.

C'est la nouvelle limite d'âge pour le fichage qui semble susciter le plus de vociférations : à partir de 13 ans. Et pourquoi pas ? On sait depuis François Truffaut et Jean-Pierre Léaud que les "400 coups", ça commence en culottes courtes.

En dépit des états d'âme de nos belles consciences, on ne doit pas se plaindre du recensement des mioches à problèmes. Les chenapans, les canailles, il faudrait presque pouvoir les enregistrer au berceau. Je trouve que le fichier "Edvige" manque d'audace. Je préconise l'implantation d'une puce électronique dans la couche-culotte. On y viendra, vous verrez.

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