
Point final (au moins pour cette année) sur cette affaire Guy Môquet. Le mauvais procès de récupération intenté contre Sarkozy par les enseignants obtus m'a, vous le savez, énormément exaspéré.
C'est Bernard-Henri Lévy, dans sa chronique de l'hebdomadaire "Le Point" qui me semble apporter le commentaire le plus juste sur la pathétique "bronca" des fonctionnaires rétifs de l'Education Nationale.
Je résume, avant de reproduire le texte de BHL : oui, il fallait lire avec respect la lettre de Môquet aux jeunes Français d'aujourd'hui, sans en faire toute une histoire. Il fallait juste en faire de l'Histoire.
Voici donc BHL :
(…) Identique sentiment de gêne face à ce qu’il faut bien appeler la polémique Guy Môquet. Car enfin... Les professeurs pouvaient, après qu’ils l’avaient lue, faire le commentaire qu’ils voulaient de la lettre du jeune martyr.
Ils pouvaient, s’ils le souhaitaient, aider leurs élèves à la resituer dans le contexte historique qui fut le sien.
Rien ne leur interdisait de rappeler, par exemple, comment Môquet fut arrêté à un moment où son parti en était encore à prôner, pacte germano-soviétique oblige, la « fraternisation » avec les « prolétaires en uniforme » qu’étaient les soldats de la Wehrmacht.
Mais refuser le principe même de cette lecture au motif que l’ordre venait d’ailleurs, parler d’instrumentalisation de l’Histoire et d’outrage à la mémoire sous prétexte que l’idée était issue de l’autre bord, crier, tel Harpagon, « ma cassette, ma cassette » sous prétexte qu’un président de droite, quels que soient ses calculs et arrière-pensées, installait au panthéon des républicains une figure de la Résistance communiste, enrôler, autrement dit, ce jeune mort dans des polémiques politiciennes où il n’avait que faire, voilà qui fut, à la fois, nauséabond et vain.
A ceux que cette affaire a enflammés, j’ai envie de dire ceci. Primo : que rien ne leur interdisait, depuis soixante ans et plus, d’avoir la même idée et d’honorer donc, eux-mêmes, leurs morts.
Secundo : qu’il y a assez de légitimes querelles à faire à ce régime (discours de Dakar, tests ADN, immigration choisie...) pour ne pas en inventer d’idiotes.
Tertio : que je préfère, à tout prendre, un Sarkozy leur volant l’idée qu’ils n’ont pas eue à celui qui, pendant la campagne, ne cessa de répéter que la France n’avait, sous Vichy, « pas commis de crime contre l’humanité » (sic)...
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