"Ce qui barre la route fait faire du chemin" (Jean de La Bruyère - 'Les Caractères')
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dimanche 2 octobre 2011

"La Nuit Blanche" à Paris : the day after

Dixième édition de la "Nuit Blanche", manifestation artistique et culturelle organisée chaque année par la Mairie de Paris.

Cet événement a été incontestablement un grand succès comme en témoigne cette photo prise le lendemain matin, dans une rue de la capitale. 

vendredi 15 avril 2011

L'amour cadenassé

Ce n’est pas une découverte. Mais en passant de la rive gauche à la rive droite en empruntant la belle passerelle Solférino (rebaptisée «Léopold Sédar Senghor») qui relie le quai Anatole France aux jardins des Tuileries, je n’ai pas résisté à la tentation de photographier les cadenas accrochés par milliers aux grilles de l’ouvrage.
Ils sont laissés par des couples qui jettent la clé dans la Seine et qui, par ce geste, veulent sceller à jamais leur union. Les cadenas sont accrochés du côté du soleil couchant. C'est plus romantique.
Il y a donc à cet endroit là, au fond du fleuve, des milliers de clés de cadenas.
L’histoire ne dit pas combien de couples ont regretté ensuite de ne pas avoir gardé la clé. Ni si l’un ou l’autre des membres de ces couples ne s’est pas procuré plus tard un autre cadenas afin de l’installer sur un autre pont (ou sur le même, trahison !) en y accolant le prénom du nouvel être aimé. La plupart des cadenas sont en effet personnalisés.


La Mairie de Paris envisage régulièrement d’arracher cette quincaillerie sentimentale. Au printemps de l'année dernière, presque tous des cadenas accrochés sur les grillages du Pont des Arts tout proche ont disparu. La municipalité et la Préfecture de Police affirment n'y être pour rien. Une hypothèse circule : des ferrailleurs sans coeur et armés d'une bonne tenaille ont peut-être récupéré ces pièces métalliques pour les fondre et les revendre.
Le phénomène n’est pas exclusivement parisien comme nous le raconte un blog très documenté «Archéologie du futur, archéologie du quotidien»
On y a apprend que ce rite amoureux très ancien s'est beaucoup développé en Italie en 2006 avec la parution de «Ho voglia di te» («J’ai envie de toi») de Federico Moccia. Dans ce roman à l'eau de rose, Step le beau ténébreux et Gin la rebelle se jurent un amour éternel. 
Pour sceller leur promesse, ils accrochent un cadenas gravé de leurs deux noms au troisième lampadaire du ponte Milvio à Rome, jettent la clé dans le Tibre et s'embrassent. Le roman et une version cinématographique ont eu un énorme succès auprès des adolescents. La mode des cadenas s'est répandue comme une trainée de poudre en Italie et ailleurs dans le monde.
La pratique du cadenas amoureux a ainsi été observée à Moscou, sur le pont Luzhov, sur le pont Pecs de Prague et même en Corée du Sud. A Florence, la police interpelle les couples qui tenteraient d’enchainer le symbole de leur passion sur le Ponte Vecchio.

Un cadenas coûte entre 10 et 20 €. 
L’amour n’a pas de prix.

samedi 9 octobre 2010

Larry Clark "choquant" ? Non, médiocre.


Revenons une dernière fois sur l’affaire de l’expo «scandale» du photographe Larry Clark au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, sujet évoqué sur ce blog mercredi (voir ci-dessous). On sait que la Mairie de Paris qui gère ce musée a interdit sottement cette exposition aux moins de 18 ans, sous prétexte qu’on pouvait y voir des images « choquantes ».

Je suis allé voir cette expo hier après-midi, jour de l’ouverture au public. Il y avait foule et notamment beaucoup de jeunes, des majeurs car les cartes d’identité sont vérifiées à l’entrée, plus strictement que dans une boîte de nuit.

A l’intérieur, la rétrospective Larry Clark (assez mal présentée avec quelques photos grand format qui gondolent) est décevante, pour ne pas dire totalement inintéressante. On repère assez vite les clichés qui ont hérissé Bertrand Delanoë : quelques accouplements, un sexe par ci, un sein par là. Cependant, si vous cherchez du salace, vous trouverez beaucoup mieux sur Internet ou dans certains magazines vendus au kiosque à côté du musée.

Ce qui m’a surtout frappé, c’est la médiocrité générale des photos de Larry Clark. Pour dire les choses simplement : Larry Clark n’est pas un bon photographe. Il se fait remarquer par les sujets qu’il aborde : sexe, violence, drogue, misérabilisme. Mais son regard est incroyablement plat. Ses photos sont triviales, répétitives et d’une laideur même pas calculée.

Son absence de talent est flagrante dans la dernière salle où l’on voit les œuvres les plus récentes : des grands formats en couleur. C’est indigent si on compare à des photographes qui se sont attaqués à des sujets voisins avec les mêmes techniques : la jeunesse, ses déboires, ses dérives. Prenez par exemple l’Américaine Nan Goldin ou bien l’Allemand Wolfgang Tillmans. L’un et l’autre sont infiniment plus pertinents et finalement plus subversifs que ce pauvre Larry Clark qui, au fil des années, ressemble de plus en plus à un vieux vicelard répétant aux jeunes : « montre-moi ton cul, montre moi ton zizi ».

En ce qui concerne les photos du début (les petits formats en noir en blanc), il est évident que Larry Clark ne fait pas le poids par exemple face au travail de Bruce Davidson. Ce dernier a lui aussi approché et photographié l’intimité d’une jeunesse déboussolée. C’était à la fin des années 50. Davidson a rassemblé alors une série extraordinaire publiée dans l’album « Brooklyn gang ».

Ce que j’écris ici n’enlève rien à la stupidité de l’interdiction aux mineurs de l’expo Larry Clark imposée par la municipalité parisienne bien trop frileuse.

Mais, finalement, Bertrand Delanoë a rendu un sacré service à Larry Clark : la polémique engendre une énorme publicité injustifiée pour une présentation photographique qui ne vaut pas tripette.

mercredi 6 octobre 2010

Homosexuel de gauche coincé, station Hôtel de Ville.

Il est possible d’être de gauche, homosexuel et totalement coincé.
Le Maire de Paris le prouve encore : il décide de censurer le photographe américain Larry Clark.

Bertrand Delanoë (qui n’a pourtant plus besoin de se faire réélire) fait preuve d’une pusillanimité affligeante à propos d’une exposition qui va ouvrir cette semaine au palais de Tokyo, au fameux musée d’Art Moderne de la Ville de Paris.

Cette institution municipale s’est illustrée en juin dernier en étant incapable d’empêcher l’intrusion de cambrioleurs qui ont dérobé cinq toiles majeures (Picasso, Matisse, etc.) d’une valeur d’environ 100 millions d’euros.

La Mairie de Paris, faute de savoir repousser les monte-en-l’air, pourchasse les adolescents. Pas question que des mineurs (forcément fragiles et vulnérables) puissent entrer dans ce musée (moulin-à-vent) pour contempler les photos de Larry Clark.

Le sujet de prédilection de Larry Clark, depuis des décennies, est bien connu : c’est justement l’adolescence. Il photographie le mal-être d’une génération : la drogue, le sexe, un certain désespoir. Son œuvre est provocatrice, dérangeante mais pas du tout pornographique.

A Paris, la ville lumière, l’approche de l’adolescence par Larry Clark est néanmoins interdite aux moins de 18 ans, sur décision de la municipalité de Bertrand Delanoë qui prétend redouter des poursuites judiciaires.

Vaste blague !

D’abord, les photos de Larry Clark sont exposées sans difficulté dans le monde entier depuis longtemps, y compris à Paris. La dernière présentation avait pour cadre la ‘Maison Européenne de la Photographie’ à l’automne 2007. Cet excellent musée (dans le quartier Saint-Paul) est largement subventionné par la Ville de Paris. Cette exposition n’avait déclenché aucun remous particulier.

Autre question soulevée par cette interdiction aux mineurs : Bertrand Delanoë semble convaincu que des hordes d’adolescents concupiscents vont affluer aux portes du musée municipal pour reluquer lascivement les photos de Larry Clark.

C’est mal connaître la jeunesse, Monsieur le Maire ! Les moins de 18 ans dans les musées sont très rares, y compris –hélas- dans le vôtre. En revanche, ils ont librement accès à toute la pornographie disponible sur Internet, sans compter le film cochon du soir sur Canal + si les parents sont abonnés.

Cher Bertrand, votre pudibonderie est d’un autre âge. Vous vous vieillissez inutilement en la brandissant. Larry Clark montre la jeunesse telle qu’elle est et, croyez-moi Monsieur le Maire, les jeunes sont au parfum !

Un bout de zizi ou un sein dénudé sur une photo noir et blanc dans un musée, il n’y a pas de quoi fouetter un chat. Je comprends soudain que je n’aurais jamais dû écrire « fouetter ». Fouetter, c’est mal, c’est interdit, c’est pornographique. Pardon, Monsieur le Maire.

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  • Saluons le journal "Le Monde" qui a publié cette semaine une interview de Larry Clark, accompagnée –en grand format- d’une des photos qui choquent tant M. Delanoë. Cette photo est en illustration ci-dessus.
  • J'ajoute qu'au lendemain de la publication de mon texte sur ce blog, "Libération" a fait sa 'une' avec la même photo de Larry Clark.
  • Les photos que la Mairie de Paris veut interdire aux moins de 18 ans sont donc largement visibles, y compris sur le site du "Figaro" qui en montre une bonne dizaine !
  • "Le Figaro" moins pudibond que Bertrand Delanoë, c'est possible !