"Ce qui barre la route fait faire du chemin" (Jean de La Bruyère - 'Les Caractères')
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mercredi 21 janvier 2015

"Je ne suis pas journaliste. Je suis pire."

Le texte ci-dessous est un cri. "Un cri venu de l'intérieur", comme le dit Lavilliers dans une de ses chansons. Venu de l'intérieur des médias français. L'auteur de ces lignes pertinentes comme des flèches est un homme intègre, intelligent, un grand professionnel. Il n'est plus dans le doute. Il est dans le désarroi. Il m'a autorisé à reproduire son témoignage lucide et implacable. Il nous dit : "j'ai besoin de votre aide". Quelle est notre réponse ? 





JE NE SUIS PAS JOURNALISTE. 
JE SUIS PIRE. 
J'AI BESOIN DE VOTRE AIDE.

Bonjour.

Je travaille depuis presque 10 ans au sein d'un des plus grands médias de France. Je suis chargé de ce qu'on appelle la valorisation marketing de notre information. J'ai participé à la création de ce poste et depuis j'en assume seul la charge sous l'autorité de la direction de l'information. Je n'agis pas sur le contenu éditorial de la chaîne. Mon rôle consiste principalement à véhiculer à nos fidèles un message précis : "Continuez de nous écouter parce que nous sommes les meilleurs pour vous offrir l'information que vous attendez". Je suis chargé de rassurer l'Opinion sur le fait qu'elle est le moteur de notre info. Je suis, parait-il, très doué. Bref, j'étais insouciant et heureux … jusqu'à cette matinée du 7 janvier.

D'abord il y eu l'annonce. Puis la cohue dans la rédaction. Dans l'excitation, tout le monde parlait de barbus, d'islamistes. 11h55. Sans réfléchir, outrepassant mes responsabilités parce que sachant que ce serait toléré, à un cadre de la rédaction qui disait "encore ces maudits barbus", je répondis : "Breivik n'était pas barbu". Dans le regard qu'il me lança, il n'y avait ni colère, ni mépris, mais une sorte de vide, comme un désespoir. C'est là, je crois, que j'ai compris clairement pour la première fois qu'un mal nous rongeait. Je les laissais travailler. Je décidais, parce que c'est ma manière de gérer mes émotions, de me poser et d'analyser ce que je voyais pour tenter de comprendre. C'est ce que je fais encore aujourd'hui.

Cette semaine, je nous ai vus faire d'un fabuleux slogan publicitaire, créé par un journaliste / Directeur artistique (sic), un mot d'ordre mondial. C'est la force du marketing. En vidant les mots de leur sens, il leur permet de devenir fédérateur et de toucher le plus grand nombre. L'autre face du marketing, la sombre, c'est qu'en vidant les mots de leurs sens, les seules armes que nous ayons réellement contre la barbarie deviennent inopérantes. Déjà, nous nous divisons sur ce qui nous unissait il y a si peu de temps. "Je suis l'informatique", dit le premier. "Moi aussi ! Mac Ou PC ?" répondra le deuxième. 

Cette semaine, je nous ai vus faire de tweets, ces flocons de neige numérique, de véritables avalanches médiatiques sans nous apercevoir que nous avions, nous même, rassemblé la neige puis poussé la boule dans la pente. Une fois la taille critique atteinte, plus personne ne pourra l'ignorer. Dans l'espace-temps infini d'internet, il faut en permanence une info pour remplir le vide se créant perpétuellement. Dans ces conditions, choisir, donc renoncer, est une épreuve. Hiérarchiser devient un non-sens. Sur le fil d'actu, seule la chronologie n'a de place. Et puis, comment hiérarchiser ce qui sera partagé, ou pas, par nos internautes, nouveaux rédacteurs en chef de leurs média personnels et mondialisés.

Cette semaine, j'ai vu le tweet d'Alain Weil : "Record d'audience historique pour BFMTV avec 10.7% de PDA". J'ai vu l'indignation généralisée…en dehors de la bulle médiatique. A l'intérieur de la bulle, peu d'écho. Il n'y a d'ailleurs qu'un seul et unique site média (ces sites habituellement si prompt à relayer n'importe quel "dérapage" dans la tweetosphère) qui a repris l'information. Site que j'ai découvert à cette occasion, c'est dire sa faible notoriété. De l'intérieur de la bulle, à peine ai-je vu quelques-uns se dire que ce n'était pas très intelligent de le tweeter. Le faire, donc, mais ne pas le faire savoir. N'est-ce pas étrange de devoir garder pour nous ce qui fait notre fierté ? Puis, 3 jours plus tard, j'ai vu les communiqués des radios sortir pour se féliciter des audiences. Que ces radios soient privées ou publiques, pas de différence. Certes, il s'agissait des audiences de Novembre / Décembre. Pour Janvier, rendez-vous en Avril, le contexte sera apaisé, il ne devrait pas y avoir de remous à l'extérieur de la bulle. Les radios pourront à nouveau communiquer et elles aussi, se féliciter du travail accompli par leurs équipes pendant et après la crise du 07 janvier. Il en va ainsi dans toutes les rédactions, tous médias confondus. Les uns et les autres se réjouissent d'avoir été les meilleurs pour donner à nos cibles ce qu'elles attendaient permettant ainsi à nos audiences, nos tirages, nos nombres de visiteurs uniques "de battre des records historiques". Nous travaillons bien puisque nous faisons de l'audience. Il n'y a de toute façon pas d'autre critère objectif et chiffré pour juger de la qualité de notre travail. Alain Weil avait raison de se réjouir et de féliciter ainsi ses équipes. 

Tout est là. La presse indépendante n'est pas une réalité, c'est une utopie pour laquelle il faut perpétuellement se battre. Chacun d'entre nous y pense, plus ou moins selon son degré de résignation, d'inconscience ou, extrêmement rarement, de cynisme. Encore faut-il prendre conscience de tous les pouvoirs  susceptibles de nous enchaîner. Le pouvoir politique, c'est vrai. Le pouvoir de l'argent, c'est tout aussi vrai. Mais le fait de n'avoir comme seul critère de jugement objectif et chiffré, l'audience, le tirage, le clic ou le nombre d'abonnement met en péril ce que nous sommes. L’état de santé de Charlie Hebdo avant le 07 janvier l'illustre parfaitement. Ils n'avaient rien concédé de ce qui était leur raison d'être, ils allaient disparaitre faute de moyen d'exister.

Etre ainsi dépendants de l'opinion de nos cibles nous impose de lutter sans cesse pour ne pas céder à la tentation de privilégier nos moyens d'existence (l'audience et les revenus que nous en tirons) sur notre raison d'exister : informer le plus impartialement et précisément possible pour donner aux citoyens le pouvoir de comprendre l'extrême complexité du monde dans lequel nous vivons. 

Problème : Pour être "percutant", "impactant", "concernant", "fédérateur" et "prendre des parts de marché "(le catalogue des néologismes marketing est infini),  il faut faire simple et efficace, règle de base du marketing. Joachim Roncin, journaliste, d'ores et déjà publicitaire de l'année et désormais propriétaire de la marque déposée "Je suis Charlie" le résumait si bien sur RTL : "On m'a appris qu'au-delà de 8 mots, c'est pas la peine…". Caricature de l'époque qui en dit autant qu'un dessin de Cabu. Nous informons de moins en moins, nous "marketons" l'information pour atteindre nos cibles. Ainsi naissent et se multiplient les "raccourcis journalistiques" qu'on reproche tant au média. Dans l'exercice qui consiste à résumer un enjeu d'actualité en 20s pour faire une bande annonce, je suis d'ailleurs très souvent sollicité par mes collègues journalistes. Logique, je ne suis pas journaliste, je suis pire.

Face à cette situation, il ne reste que la responsabilité individuelle pour faire barrage à l'abandon de notre raison d'être au profit de nos moyens d'exister. Certains, trop rares, peuvent faire face. Les autres, trop nombreux, renoncent. Dans un monde de concurrence exacerbée et de précarité toujours plus grande, qui pourrait blâmer celui qui renonce ? Ceci  est vrai cette semaine, l'était la semaine d'avant et le sera la semaine qui suivra. Le mouvement s'amplifiera inexorablement si nous ne faisons rien pour régler cet enjeu systémique. Les Etats-Unis, référence en tout pour l'occident, nous le montrent déjà. Pas uniquement avec Fox News, nous le savons.

Je n'ai pas les solutions pour changer et adapter à la réalité 2.0  le cadre de plus en plus mortifère dans lequel nous remplissons notre devoir d'informer. Ce n'est pas à moi seul de définir de nouvelles règles. Tout comme c'est n'est pas à nous seul, communauté médiatique, de les chercher. Je crois que notre responsabilité est d'accepter de mettre cette problématique structurelle dans les mains des citoyens. Nous seuls avons le pouvoir de le faire. 

A l'heure où, après des années de colères intérieures, les Français se sont soulevés pour réclamer que notre République soit restaurée, peut-être même refondée. A l'heure où ils demandent que soit mieux protégé leur droit à la liberté, leur droit à la sécurité, leur droit à la justice, leur droit à l'éducation, ne restons pas sourd à leur demande, même non clairement verbalisée, d'améliorer leur droit à une information la plus indépendante et précise possible. Il s'agit, là aussi, de restaurer la confiance dans un pilier de notre démocratie.

Nous avons trop longtemps fermé les yeux sur ces enquêtes qui nous disent, années après années, l'extraordinaire défiance de nos concitoyens envers nous, les gardiens de cette liberté fondamentale. Nous avons le devoir de prendre conscience que c'est cette défiance qui pousse de plus en plus de personnes à chercher l'information ailleurs, certains faisant ainsi le premier pas sur la route qui mènent à l'embrigadement et à la haine. Nous avons le devoir d'accepter qu'il faut améliorer les règles qui nous encadrent pour répondre, à nouveau, aux légitimes attentes de nos concitoyens. Et nous avons le devoir de leur confier la responsabilité de ces choix structurants et fondamentaux car il s'agit leur liberté. Nous sommes citoyens. Nous participerons et animerons le débat. Ne pas le faire naître, le confisquer ou l'ignorer serait une trahison envers la démocratie commise par ceux qui en sont les gardiens.

Pour parvenir à cette prise de conscience, si brutale et si paradoxale soit elle pour nous tous, vous êtes une des rares personnes à qui j'ai osé m'adresser aussi franchement avec l'espoir que nous partagions ce constat. N'ayant pas l'ombre d'une idée pour inventer les outils qui permettrait la réalisation de ce projet ambitieux, j'ai besoin de votre aide.

Respectueusement.

mercredi 7 septembre 2011

Pour en finir (un peu) avec le 11 septembre

Je suis un «rescapé» du 11 septembre 2001. Enfin, j’exagère. 


J’ai quitté New York le soir du 1er septembre de cette année-là. Je venais de vivre douze années aux Etats-Unis, dont dix à 1500 mètres du World Trade Center. Le 1er  septembre, c'était un samedi. Le matin de ce jour-là, je suis allé prendre mon petit déjeuner au "Starbucks" du World Financial Center, des immeubles de bureaux qui font partie du complexe du World Trade Center. Mon dernier petit déjeuner de résident à New York... Après avoir bu mon "espresso doppio" et avalé mes muffins, je suis passé à pied entre les deux tours jumelles, le "New York Times" sous le bras. Il était environ 8 heures du matin. Le temps était splendide. Dix jours plus tard, au même endroit à la même heure, le mardi 11 septembre, il faisait également très beau. Le ciel s'est vite obscurci, à 8h46, mais pas pour des raisons météorologiques.

Dix ans après cette date fatidique, je souhaiterais davantage de modération dans la commémoration médiatique qui s’ébauche en France et qui fonctionne de manière frénétique de l’autre côté de l’Atlantique, d’après les amis avec qui je suis en contact là-bas. Petit rappel : un anniversaire n’est pas une information. Les journalistes moutonniers l’oublient toujours.

Je ne nie pas l'horreur de l'événement et ses nombreuses conséquences pour des milliers d'individus et leurs familles. Je mesure le choc ressenti par les New Yorkais et les Américains en général, même une décennie plus tard.

J'aime profondément ce pays. Mon premier voyage remonte à 1969. J'avais 16 ans. Ce voyage a marqué ma vie et la marque encore.

Mais il faut aussi que les Américains apprennent à prendre du recul, à relativiser, à considérer ce qui se passe ailleurs.

La guerre en Irak, voulue par un président élu et réélu, est une faute lourde, cautionnée par un pays démocratique et ses institutions, avec l'assentiment tacite ou exprimé de presque tous les médias, y compris les plus intelligents. Cette guerre a fait des milliers de morts, dans tous les camps, sous des prétextes infondés : Saddam Hussein ne possédait pas d’armes de destruction massive et son pays n’était pas une base d’Al-Qaida.

Je pourrais aussi évoquer le Vietnam, pays que j'ai découvert il y a peu et qui a énormément souffert de la guerre lancée (et perdue) par les Etats-Unis, toujours au nom de la démocratie. Le napalm, les massacres, ce n’était pas une plaisanterie. L'origine de ce conflit asiatique remontait, il est vrai, aux errances coupables du colonialisme français...

Le 11 septembre 2001 n'est pas la pire tragédie ou le tournant le plus décisif de l’Histoire contemporaine ni même de ce siècle encore tout jeune. Il y en aura d'autres. La catastrophe de Fukushima pourrait ou devrait avoir des conséquences plus profondes sur notre manière de consommer, de produire de l’énergie, de vivre en accord avec notre environnement et de faire de la politique. C’est du moins ce que l’on peut espérer. Mais ceci est une autre histoire.

Je critique suffisamment les Français qui ne voient le monde que par le petit bout de leur lorgnette embuée. Les Américains ont aussi parfois la vue basse en oubliant les carnages du passé.

Et pourtant, dans leur courte Histoire, les Etats-Unis ont traversé des bains de sang bien plus effroyables. La guerre de Sécession (Civil War) avec ses plus de 600.000 morts a été plus meurtrière que la Seconde Guerre Mondiale pour l'ensemble des troupes américaines engagées sur tous les fronts de ce conflit. Il ne s'agit pas d'établir un palmarès des hécatombes. Ce n'est pas un macabre concours.

Le choc du 11 septembre, contrairement à ce qu’on a dit à l’époque, n’a pas fondamentalement modifié les habitudes et les comportements des Américains. C’est un événement tragique et ponctuel. C’est seulement un épisode de l’histoire américaine et du monde. Ce n’est pas un événement fondateur.

Le 11 septembre s’inscrit dans un processus historique beaucoup plus large : la chute du communisme qui a mis fin à la politique des blocs issue de la Guerre Froide, favorisant la montée du fondamentalisme islamiste avec ses avatars extrêmes du terrorisme.

Le 11 septembre n’est pas, à mes yeux, une date clé comme le voyage de Christophe Colomb suivi du peuplement de l’Amérique par les Européens, l’invention de l’imprimerie ou du moteur à explosion, l’arrivée d’Hitler au pouvoir ou la chute du mur de Berlin.

Ce que les hommes de Ben Laden ont réalisé avec une cruelle réussite est un acte sanglant, considéré à juste titre comme odieux par toute personne ayant un minimum de conscience. Mais ce n’est ni le début ni la fin de quoi que se soit. «Plus rien ne sera jamais comme avant», a-t-on dit le 12 septembre 2001. C’est faux.

Les Etats-Unis ont continué sur leur lancée, avec le meilleur et aussi le pire de ce grand pays à la fois généreux et incroyablement injuste : le capitalisme financier fait des ravages, la politique de santé reste bancale, le système éducatif est déficient, la violence gangrène toujours les villes et les campagnes à cause de la prolifération des armes à feu, la peine de mort reste en vigueur, le racisme perdure malgré les acquis des années 60.


Le lieu commun, quand les Etats-Unis sont meurtris ou attaqués, est de dire : "L'Amérique a perdu son innocence". On l'a dit à propos de l'attaque japonaise contre la base de Pearl Harbor en 1941. On l'a répété pour l'assassinat de John F. Kennedy à Dallas en 1963. L'expression a été ressortie pour le 11 septembre 2001. On ne perd pas son innocence plusieurs fois. C'est comme le pucelage. Aucun pays ne peut être considéré totalement "innocent" ou "coupable". La France a plusieurs taches indélébiles sur ses pages d'Histoire (les guerres napoléoniennes et Vichy, pour ne citer que deux exemples). Les Etats-Unis se sont construits sur deux "péchés originels" : l'éradication presque totale de la population indigène, les tribus indiennes, par les armes, les mauvais traitements, l'alcool et les maladies. Et la pratique de l'esclavage qui n'a pas été une exclusivité américaine.


Mais ce pays, je l’aime pour et malgré ce qu’il est. Et pour ce qu’il est capable de devenir. C’est une nation jeune. Laissons-lui sa chance.

Un mot encore, car c’est souvent négligé : le 11 septembre 2001 a eu un énorme retentissement grâce à la concentration des médias à New York. Par hypothèse, imaginez la même chose dans une ville d’Afrique, sans caméras disponibles en direct immédiatement ni un fort contingent de journalistes vivant sur place. Nous en aurions beaucoup moins parlé. Aussi parce que, globalement, les Africains, on s’en fout. Et c’est bien regrettable. Pas de journalistes et de caméras en ce moment en Somalie (car c’est matériellement impossible). Circulez, il n’y a rien à voir dans ce pays exsangue et qui crève de faim.

La destruction des tours jumelles a bénéficié d’un énorme effet de loupe à New York car les networks (ABC, NBC, CBS), les chaines d’infos en continu et les stations locales avaient des studios, des équipes, du matériel utilisables sur le champ. 

Le second avion
L’image du premier avion percutant la première tour n’a été bien captée que par une seule caméra, celle du jeune français Jules Naudet qui faisait un documentaire sur les pompiers du sud de Manhattan et qui se trouvait, par hasard, dans le secteur du World Trade Center à ce moment-là. Il existe une autre vidéo, prise par un amateur sous un autre angle, mais de moins bonne qualité. Pour l’arrivée du second avion, des dizaines de caméras étaient déjà en action pour retransmettre en direct le second acte du scénario terroriste. La tragédie, réelle, a été infiniment grossie par le prisme médiatique de la ville la mieux équipée technologiquement au monde.

Alors que reste-t-il du 11 septembre ? La douleur, le chagrin et le deuil des familles des victimes, évidemment. Le traumatisme des blessés et de tous ceux qui ont vécu sur place ces terribles journées. Il reste aussi le bourbier militaire en Afghanistan, renforcé par la complaisance de l’Occident à l’égard du Pakistan et des monarchies du Golfe. Il reste Guantanamo, pénitencier américain qui échappe à toutes les lois internationales. Il reste également une paranoïa sécuritaire instaurée par l’administration de George W. Bush. Cette obsession antiterroriste n’a pas diminué avec Barack Obama.

Dans ce domaine, Ben Laden a réussi durablement à rendre les voyages en avion très pénibles, avec la multiplication des contrôles et des interdictions plus ou moins baroques. Et si c’était ça, finalement, l'«héritage» («legacy» en anglais) le plus tangible du 11 septembre ?