Les parents de la ministre des Affaires étrangères ont marqué leur attachement au pays du jasmin en faisant un joli investissement immobilier, alors que Ben Ali était encore le maître de Carthage.

C’est une nouvelle révélation de l'hebdomadaire Le Canard enchaîné qui précise que Bernard Marie et son épouse étaient déjà associés minoritaires (avec environ 13% du capital) dans la société civile immobilière (SCI) Ikram dont étaient propriétaires Aziz Miled et son fils Karim.
Selon Le Canard enchaîné, Miled père et fils ont vendu, le 30 décembre, à l'hôtel Sentido Beach à Tabarka (propriété Miled), toutes leurs parts de cette SCI à Bernard et Renée Marie, en présence d'employés de la commune de Tabarka (chargés d’officialiser la signature). Michèle Alliot-Marie était alors dans l'hôtel, selon l’hebdomadaire.
Tous ces nouveaux détails rendent encore plus invraisemblable la première version de la ministre qui avait déclaré avoir croisé par hasard son ami Miled sur le tarmac de l’aéroport de Tunis avec un jet vide se rendant justement à Tabarka. Quelle aubaine !
Toujours selon Le Canard Enchaîné, le montant exact de la transaction des époux Marie, parents de MAM, n'est pas connu. L'acte reçu par ceux-ci ne mentionne, selon les usages locaux, que la valeur nominale des parts, soit 755.000 dinars, environ 325.000 euros.
C'était une transaction, selon le journal, appelée à rester secrète mais qui était "forcément préparée de longue date", car il fallait l'accord du gouverneur du secteur, lui-même sous tutelle du ministère de l'Intérieur, donc du président Ben Ali. Ce qui confirme au passage qu’Aziz Miled n’était pas vraiment un dissident persécuté, contrairement à ce que MAM a voulu nous faire croire.
"Les éventuelles transactions de ses parents ne concernent en rien Michèle Alliot-Marie et elle n'a pas à les commenter", a déclaré à l'AFP son conseiller de communication, Guillaume Didier.
On souhaite évidemment aux nonagénaires Bernard et Renée Marie (94 et 92 ans) de vivre encore très longtemps, au besoin sous le soleil de la Tunisie, libérée de son dictateur.
Mais leur acquisition immobilière profitera inévitablement à leur héritière, Michèle Alliot-Marie. C’est pour cela que le conseiller en communication de la ministre a tort de dire que ces transactions "ne concernent en rien Michèle Alliot-Marie".
Michèle Alliot-Marie elle-même renchérit dans un communiqué en défendant ses parents : "Leur vie privée leur appartient. Les acquisitions qu’ils effectuent pour eux-mêmes ne concernent qu’eux, et personne d’autre."
Il me semble que c’est plus compliqué que ça : tôt ou tard, la ministre des Affaires étrangères de la France va hériter d’une société immobilière acquise par ses parents dans les dernières semaines d’une dictature que la ministre (ou ex-ministre, on verra bien) n’a jamais cessé d’appuyer par ses discours et ses actes.
