"Ce qui barre la route fait faire du chemin" (Jean de La Bruyère - 'Les Caractères')

lundi 21 février 2011

Boris Boillon et Marine Le Pen : débat sur le corps diplomatique

Depuis combien de temps Marine Le Pen n’a-t-elle pas eu dans son sac à main la photo d’un homme en maillot de bain ? Depuis vraiment très longtemps, à en juger par son dégoût prononcé...
Le mérite en revient à Boris Boillon, le sémillant ambassadeur de France en Tunisie. Vous connaissez l’histoire que j’ai racontée ici un peu avant tout le monde.
La plastique de ce corps diplomatique révulse la présidente du Front National. Voyez ses éructations indignées, exprimées dimanche sur I-télé.


Une enquête pourrait maintenant être lancée : quelle est la vie sexuelle de Marine Le Pen ? Si elle prétend un jour accéder aux plus hautes fonctions de la République, ce n'est pas une question déplacée.

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Petit additif en date du 20 mars - Le secret du buzz sur Internet, c'est ça : Marine Le Pen et un diplomate en maillot de bain. C'est, de très loin, la page la plus consultée à ce jour sur le blog ANYHOW. Déjà plus de 30.000 consultations pour cette seule page... Merci Boris, merci Marine !

dimanche 20 février 2011

Otages à l'étranger : il faut libérer Anne Sinclair, captive du FMI depuis 1207 jours

Depuis la publication de cet article, beaucoup de développements ont surgi dans la saga DSK/Anne Sinclair. 




Les articles récents d’ANYHOW consacrés à DSK et Anne Sinclair (cliquer sur chaque titre pour lire l’article).


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Voici l'article du 20 février 2011


Nicolas Sarkozy s’est ému de la détention au Mexique de Florence Cassez, une détention qui risque de se prolonger. Le président de la République a salué la libération de l’otage franco-colombienne Ingrid Bétancourt. Et le chef de l’Etat a facilité l’élargissement des infirmières bulgares, retenues dans les geôles libyennes.

Il reste un cas humanitaire préoccupant qui mérite une mobilisation exemplaire. Je veux évoquer devant vous la situation douloureuse d’Anne Sinclair, retenue à Washington depuis maintenant 1207 jours (3 ans, 3 mois et 19 jours), depuis le 1er novembre 2007.

Son ravisseur est clairement identifié : il s’agit de Dominique Gaston André Strauss-Kahn (c’est son identité complète ignorée du grand public) qui dirige un groupe international très puissant, le FMI.

Comme tous les chefs de bande organisée, Dominique Gaston André Strauss-Kahn est plus connu sous son nom de guerre : DSK. Ses activités sont de notoriété publique. Jean-Luc Mélenchon, justicier hexagonal, est convaincu que DSK est «l’affameur des peuples émergents». Il est aussi, et c’est plus grave, celui qui retient prisonnière à Washington son épouse Anne Sinclair.

Les conditions de détention paraissent convenables, selon les critères du Haut commissariat aux droits de l’homme des Nations Unies. Il s’agit d’une maison de 260 m2 du quartier de Georgetown dans la capitale fédérale américaine. La bâtisse de briques rouges (avec piscine) a été achetée par Anne Sinclair elle-même pour 4 millions de dollars. La détenue est propriétaire de sa prison, ce qui est assez inédit.

Anne Sinclair n’en peut plus de la vie à Washington. Elle est pourtant américaine par sa naissance à New York, il y a 62 ans. Mais Washington, par rapport à New York, c’est un trou. Et Anne Sinclair est contrainte d’y rester car son époux y a trouvé du boulot.

DSK touche 420.930 dollars par an, plus une dotation annuelle de frais de représentation qui s’élève à 73.350 dollars. Le tout est net d’impôt. Au total, cela représente 494.280 dollars ou 360.828 euros au cours actuel. Autrement dit, 30.069 euros par mois.

Mais l’argent de DSK n’intéresse pas Anne Sinclair. Elle possède une fortune personnelle très confortable, héritage de son grand-père Paul Rosenberg, grand marchand d’art. Ce qu’elle veut, Anne, c’est quitter Washington.

Vous n’imaginez pas ce que c’est de vivre dans cette ville. Si vous y êtes venu en touriste, vous y avez passé deux ou trois jours. Vous avez photographié les monuments, visité les musées, apprécié les espaces verts et leurs charmants écureuils. Deux jours ou trois jours, ça suffit. Mais 1207 jours, c’est insupportable.

Que faire à Washington, à part enchainer les cocktails et les dîners officiels avec les collègues de DSK et les invités du FMI ? Rien du tout. C’est mortel. Et puis le ravisseur DSK n’est pas souvent là : il voyage sans arrêt en tant que VRP de la dette mondiale. Anne Sinclair s’emmerde comme un rat mort à Washington.

Il y a bien les permissions de sortie accordées à la prisonnière dans l’appartement conjugal de la Place des Vosges à Paris ou dans le riad de Marrakech au Maroc. Mais ce ne sont que de courts intermèdes dans cet enfermement interminable à Washington.

Un seul homme pourrait ouvrir la cage dorée d’Anne Sinclair : Dominique Gaston André Strauss-Kahn lui-même, s’il se décidait enfin à quitter son job actuel afin de postuler à une autre fonction.

Anne Sinclair a lancé un cri de détresse : elle a dit clairement qu’elle ne souhaitait pas que DSK s’éternise à Washington. Il faut que le cri désespéré de cette femme cloitrée, de cette française qui servit jadis de modèle au buste de Marianne, il faut que ce cri déchirant soit entendu.

Si elle est libérée, Anne Sinclair a déjà repéré une demeure qu’elle aimerait occuper à Paris. Elle se situe au 55 de la rue du Faubourg Saint-Honoré, dans le 8ème arrondissement. C’est assez central, très bien gardé, à proximité de jolies boutiques.
Beaucoup plus excitant que la maison de briques rouges de Washington, même s’il n’y pas de piscine au 55 de la rue du Faubourg Saint-Honoré.

Anne Sinclair est détenue à Washington depuis 1207 jours. Nous ne l’oublions pas.





samedi 19 février 2011

Hommage à Charles Trénet (plutôt qu'au médiocre Gainsbourg)


Parlons encore des chanteurs morts. C’est un sujet récurrent en France. Le chanteur est chez nous toujours plus grand trépassé que vivant.

Ce soir, sur la télé publique que je paie moi-même avec ma redevance, Michel Drucker rend hommage à Serge Gainsbourg, ce faiseur prétentieux sur qui j’ai déjà craché mon venin (relire en cliquant ici). Gainsbourg, mort il y a vingt ans, un 2 mars pour être précis. Paix à ses cendres.

S’il s’agit absolument de faire vibrer la corde nostalgique à propos d’un chanteur mort, je vous propose plutôt de vous arrêter un instant sur Charles Trénet. Le ‘fou chantant’ est mort il y a exactement dix ans, jour pour jour, le 19 février 2001. Drucker a choisi Gainsbourg, je vous propose Trénet.

Drôle de personnage que ce Charles, natif de Narbonne en 1913 (à l’aube de la Grande Guerre) et qui s’éteindra cacochyme dans un hôpital de Créteil à l’âge de 87 ans.

Nous nous souvenons du vieillard mais nous n’imaginons pas le succès qu’a connu Trénet à la fin des années trente, juste avant l’Occupation en France. Trénet, c’était l’idole des jeunes, sans doute plus que Johnny Hallyday ne l’a jamais été dans les années 60. En 1938, Trénet, 25 ans, est au sommet de sa gloire.

Plus tard, quand les Allemands sont à Paris, Trénet chante devant eux, comme beaucoup l’on fait à cette époque. Il y a même un spectacle à Berlin (avec Edith Piaf et Tino Rossi) à l’issue duquel Trénet passe deux minutes avec Adolf Hitler. A la Libération, rien de grave ne sera reproché à Charles Trénet.

Il a connu d’autres mésaventures comme ces 26 jours de rétention à Ellis Island, le centre de tri des étrangers en face de New York, quand Charles voulait entrer sur le territoire américain en 1948. Le Maccarthysme dominait alors et les autorités américaines n’appréciaient guère les orientations sexuelles de Trénet. Des orientations qu’il n’a jamais admises publiquement même quand la justice française l’a poursuivi pour une affaire de moeurs à Aix-en-Provence dans les années 60. Trénet, condamné à un an de prison en première instance, a bénéficié d’un non-lieu en appel.

Mais ce n’est pas ce qui compte en ce qui concerne Charles Trénet, mort il y a exactement dix ans. Ce ne sont pas les zones d’ombre.

Peu importe que l’homme ait été, malgré sa richesse substantielle, un être d’une radinerie légendaire. Peu importe qu’il n’ait jamais été, selon de multiples témoignages, un homme généreux et avenant. Il était désagréable et cassant, d’après tous ceux qui l’ont côtoyé.

Ce qui compte, c’est ce qu’il laisse derrière lui : un millier de chansons parmi lesquelles figurent le plus mémorables du répertoire francophone. Georges Brassens a dit souvent qu’il devait beaucoup à Trénet. Jacques Higelin affirme exactement la même chose.

Trénet a tout simplement inventé la chanson française moderne. Il a brisé les codes du vieux music-hall d’avant-guerre. Il a introduit dans le répertoire des chansons immortelles comme «La Mer» (qui fit sa fortune) ou «Douce France» dont Carla Bruni nous prépare, hélas, un remix italien.

Il y a dans les créations de Trénet une chanson vraiment étonnante, déroutante, incongrue. Une chanson qui, à elle seule, mérite qu’on célèbre aujourd’hui son vrai et grand talent.

Cette chanson s’appelle «La folle complainte». C’est une sorte de texte surréaliste d’une poésie étrange. Je ne me lasse pas de l’écouter.

Je vous propose de l’entendre ici dans une vidéo enregistrée par un Trénet vieillissant.

C’est mon hommage du jour à un chanteur mort : à Trénet, pas à Gainsbourg.

Voici «La folle complainte» :