"Ce qui barre la route fait faire du chemin" (Jean de La Bruyère - 'Les Caractères')

mardi 12 avril 2011

L'affaire Renault : pas de quoi rire, Madame Morano !


L’affaire Renault, on peut en rire mais il faut bien davantage s’en inquiéter.

On peut en rire avec la bourde monumentale de Nadine Morano, largement relayée sur Internet. Nadine Morano est ministre chargée de l’Apprentissage et de la Formation professionnelle. 


Elle était l’invitée ce matin de Canal+ au lendemain du conseil d’administration de Renault qui a épargné le grand patron Carlos Gohsn en sacrifiant le numéro 2, Patrick Pélata. 


C’est la suite de la fausse affaire d’espionnage dans laquelle trois cadres de l’entreprise ont été mis en cause à tort et licenciés. Enorme affaire, incroyable fiasco. Il n’y avait pas d’espionnage. 


Cette histoire domine l’actualité depuis plusieurs semaines. Mais la ministre Nadine Morano, quand on prononce devant elle le mot Renault, pense immédiatement au chanteur Renaud. C’est affligeant.

Regardez l’extrait :


Voilà pour l’aspect comique de cette histoire. Ce n’est pas Nadine Monaro, c’est Nadine Médrano, clown blanc du cirque gouvernemental avec Frédéric Lefebvre, dans le rôle de l’Auguste, habillé de pied en cap par Zadig et Voltaire.

L’aspect inquiétant est révélé par l’Express qui s’est procuré l’enregistrement de la confrontation, le 3 janvier dernier, entre un des trois cadres de Renault mis en cause injustement et le directeur juridique de l’entreprise, Christian Husson. 


Ce cadre, Matthieu Tenenbaum, est accusé d’avoir espionné au profit des Chinois. Il tombe de sa chaise. Il est totalement innocent mais il est acculé par le directeur juridique qui le cloue au pilori.

Matthieu Tenenbaum a été réintégré hier chez Renault et sera indemnisé en conséquence. Il faut écouter l’enregistrement de cette conversation pour comprendre la violence de l’accusation dont il a été l’objet. Ce sont des méthodes staliniennes, ni plus ni moins.


Dans cette affaire, ce qui me frappe, c’est la légèreté coupable avec laquelle Renault a sanctionné trois de ses cadres, sans preuve. C’est ensuite la manière dont Carlos Gohsn est parvenu à s’en sortir. Dans n’importe quel autre pays développé, un grand patron confronté à un tel scandale aurait démissionné. Pas en France.

Et enfin, le plus consternant sans doute, c’est la façon dont le gouvernement français a géré ce dossier qui concerne l’une des plus grosses entreprises du pays dont l'Etat est actionnaire à 15%.


Le ministre de l’Industrie, Eric Besson, était monté au créneau en accusant les cadres et en affirmant qu’il existait des preuves contre eux. Il n’y avait pas des preuves.

Le comble de l’amateurisme revient accessoirement à Nadine Morano, interrogée à la télé et qui n’a pas l’air de se soucier beaucoup de cette histoire.

En attendant, l’image de Renault est gravement ternie, la politique industrielle de la France est ridiculisée et le titre de l’entreprise sombre à la Bourse. 

1 commentaire:

omassain a dit…

Cela résumé bien ma pensée, cette affaire interne chez Renault est aussi affligeante que la l'ignorance de Mme Morano...