
Jean-Claude Trichet a encore perdu une bonne occasion de se taire. A propos de la crise économique planétaire, le président de la Banque Centrale Européenne a fait une déclaration qui est un modèle magnifique de langue de bois technocratique.
A Bâle, en Suisse, Monsieur Trichet a déclaré : « Il y a un certain nombre d'éléments qui suggèrent que nous nous rapprochons du moment où nous observerons un redressement. »
Je décrypte en soulignant la seule information crédible contenue dans cette phrase ampoulée : personne n’est capable d’observer un quelconque redressement. Tout le monde assiste au contraire à un effondrement généralisé de l’économie, de l’industrie, de l’emploi, des marchés financiers, de la viabilité des banques, sans compter les craquements sociaux qui vont logiquement s’amplifier.
Aucun redressement n’est en vue et pourtant Jean-Claude Trichet nous assure qu’il dispose d’un « certain nombre d’éléments » (combien d’éléments et lesquels ?) qui « suggèrent » (une simple suggestion – joli concept pour un économiste !) que nous nous « approchons » (à quelle vitesse ? tout droit ? par le chemin des écoliers ?) du « moment » (ça va être un grand moment ! ça va être comme l’apparition de la Vierge à Lourdes !) où nous observerons (qui c’est ce « nous » ? les mêmes qui n’ont rien vu venir de la chute, c’est-à-dire les grands spécialistes comme Trichet ?) un redressement. Remarquez encore que Trichet ne dit pas « le » redressement. Juste « un » redressement, un tout petit spasme dans le corps moribond de la bête terrassée.
Mais c’est déjà bien. Ça nous remonte le moral. Merci JCT ! Merci la BCE !
2 commentaires:
Regardez la photo. Avant d'entrer à la BCE, Trichet n'avait pas de cheveux blancs (ou vraiment très peu). Le reste est à l'avenant.
Excellent.
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