"Ce qui barre la route fait faire du chemin" (Jean de La Bruyère - 'Les Caractères')
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vendredi 11 février 2011

Hosni dérape et s'en va. Nicolas s'enlise et s'incruste.


Si j’avais 20 ans, j’aimerais tellement être tunisien ou égyptien. Tout est à construire, tout est à inventer dans ces pays-là.

Si j’avais 20 ans en France aujourd’hui, je serais tellement consterné après avoir vu le président de mon pays s’exposer en vain pendant deux heures et demie sur la première chaine nationale du pays.

Deux heures et trente minutes pour ne rien dire. Rien dire sur l’avenir. Tout ce temps télévisé sans à aucun moment insuffler un projet, définir un objectif commun, fixer un cap ambitieux. Quelle joyeuse ironie : l’innovation, le courage, la liberté viennent des pays arabes, si longtemps méprisés chez nous.

Ben Ali et Moubarak chassés. Quand on y pense, ces quelques mots paraissent inimaginables si on se replace dans le contexte de la fin décembre dernier. Oui, personne n’avait imaginé que tout cela irait aussi vite.

La France, déjà déclassée, doit de toute urgence se ressaisir et embrasser le grand mouvement géopolitique qui se dessine. Faute de quoi notre pays croupion sombrera rapidement dans la poubelle de l’Histoire où il a déjà glissé un pied.