"Ce qui barre la route fait faire du chemin" (Jean de La Bruyère - 'Les Caractères')
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lundi 23 avril 2012

Premier tour : un goût amer


Le premier tour de cette élection présidentielle laisse un goût profondément amer. Les résultats ne sont satisfaisants pour personne. A peine 1 point et demi d'écart entre Hollande et Sarkozy et une Marine Le Pen qui réalise le meilleur score de tous les temps pour le Front National.

  • Les instituts de sondage se sont magistralement vautrés en sous-estimant le FN, en sur-estimant Mélenchon et en pronostiquant à tort une forte abstention. 
  • Le système de 500 signatures est une mauvaise farce qui à permis à un hurluberlu comme Cheminade d'envahir les médias pour finalement ne récolter que moins de 90.000 suffrages.
  • Les écolos ne sont pas en reste : malgré un sujet en or massif servi sur un plateau d'argent (Fukushima), Eva Joly a ramassé une monumentale gamelle.
  • Les règles du CSA constituent une autre bizarrerie moyenâgeuse qui empêche le débat direct entre les candidats représentatifs à l'approche du scrutin.
  • La commission de sondages a ajouté sa dose de ridicule en menaçant tous ceux qui laisseraient filtrer des estimations avant 20 heures. On avait tous les chiffres, sans difficulté, dès 18 h 30.
  • Les vrais sujets de fond n'ont été qu'effleurés : dette, chômage, compétitivité, désindustrialisation. N'espérez pas que cela s'arrange avant le second tour. Nicolas Sarkozy, aux abois, a déjà annoncé la couleur, celle d'une droitisation absurde et suicidaire.


Le 6 mai au soir, le pays sera en lambeaux, probablement dirigé par un socialiste timoré qui n'osera pas trancher dans le vif et imposer des décisions courageuses. Et, dans 5 ans, selon la bonne vieille tradition française, le retour de balancier bénéficiera à un quelconque Copé. 


Vive la France ! 

mercredi 18 avril 2012

Mon vote : rouge et blanc (pas de rosé)


Rouge et blanc. Tels seront mes votes pour le premier et le second tour de l'élection présidentielle.

Rouge au premier tour : ce sera donc Mélenchon. Son programme krypto-bolchévique est absurde de bout en bout. Mais je lui accorde mon suffrage en récompense d'une campagne populaire et ardente. Il a parlé au peuple avec respect et avec amour. Oui, l'amour en politique, c'est rare. Son constat est juste même si ses solutions sont suicidaires. Mélenchon a été "le grand perturbateur" de cette morne campagne, pour reprendre l'expression choisie par "Le Nouvel Observateur". Je voterai pour lui en espérant au passage, modestement, pousser dans ses retranchement un système électoral obsolète : les 500 signatures, les calculs d'apothicaire du CSA, les tartufferies sur les sondages et leur publication interdite (tu parles!) sur Internet. Un bon score de Mélenchon fera aussi réfléchir Hollande. 

Au second tour, je ne voterai pas, comme il y a 5 ans, pour Sarkozy. Il a raté son quinquennat, aveuglé par son arrogance et par sa pusillanimité. Le principal reproche que je lui fais est simple : il n'a pas eu le courage d'appliquer son programme de 2007.  (lire ici des explications plus développées)
Je ne peux pas voter non plus pour Hollande. On sait très bien ce que ça va donner. C'est le retour du PS réformiste petits bras. Je vois déjà ressurgir les fantômes de Fabius et d'Aubry. On n'y coupera pas mais je ne veux pas cautionner, même avec une simple petite voix, ce "revival" des morts-vivants de la sociale démocratie indécise.

Alors, au second tour, je voterai blanc. Je regrette, comme beaucoup, que ce choix ne soit pas comptabilisé. Je voterai quand même. Pour la beauté du geste. Hollande, élu sans moi, fera du replâtrage sur une maison en ruine. Le plus dur est à venir.  

mardi 6 mars 2012

Nicolas Sarkozy à pieds joints dans la marmite halal

Ainsi donc, selon Nicolas Sarkozy, le sujet de la viande halal serait «la première préoccupation des Français». Le candidat-président, à la ramasse dans les sondages, l'a déclaré hier lors d'un déplacement à Saint-Quentin dans l'Aisne.




Nicolas Sarkozy préside depuis presque cinq ans un pays perclus par le chômage de masse, un pays frappé par une inquiétante désindustrialisation, un pays qui compte 8 millions de pauvres. Un pays qui a abandonné sa jeunesse dans la précarité. Un pays dont le système éducatif est en déroute et où les déficits publics se creusent dangereusement. Nicolas Sarkozy préside ce pays-là et, sans rire, il affirme néanmoins que la «première préoccupation» de ses concitoyens, c'est la viande halal.

Pour beaucoup de Français, avant même de se préoccuper de l'origine de la viande et des conditions d'abattage des animaux de boucherie, le principal souci est de pouvoir s'acheter de la viande. De la viande tout court.

Pas besoin d'être grand clerc pour comprendre pourquoi le candidat de l'UMP a enfourché ce douteux cheval de bataille, une «Rossinante» cagneuse tout droit sortie des écuries du Front National, succursale contemporaine des écuries d'Augias. 





Marine Le Pen a réchauffé, avec l'abattage (oups ! ça m'a échappé) qu'on lui connait, ce vieil argument identitaire. Ce thème du halal est voisin des soupes populaires à la viande de porc organisées par ses partisans pour en écarter les musulmans. Vieille soupe, marmite ébréchée.


Claude Guéant, avec sa subtilité coutumière, a affirmé de son côté qu'accorder le droit de vote aux étrangers aux élections municipales conduirait à imposer la nourriture halal dans les cantines scolaires. Nos chères têtes blondes nourries de force dans des assiettes islamistes !



Ce ragoût politicien où la sauce frontiste se mélange allègrement aux épices de la droite parlementaire devient gluant. Brigitte Bardot a tenu à ajouter son grain de sel. La recette est exquise. Vous m'en mettrez une louche !

L'extrême nervosité sondagière de Nicolas Sarkozy le pousse à plonger la tête en avant dans le rata nauséabond mitonné par Marine Le Pen. Il risque fort de boire le bouillon.

Notons au passage que Mme Le Pen s'émeut du sort réservé au bétail mais souhaite toujours rétablir la peine de mort pour les êtres humains. Drôle de logique du zigouillage.

Les méthodes de l'abattage rituel méritent certes d'être examinées et réformées. Il y a, dans ce domaine, une dérive d'ordre économique : il est moins cher pour les abattoirs de produire en grande quantité de la viande halal ou casher, quitte à en vendre ensuite une partie dans le circuit non confessionnel. Cette viande n'a pas un goût différent ni une apparence particulière. Ce n'est pas un problème de civilisation ni d'identité nationale. C'est un problème de boucherie.

Et ce n'est assurément pas le sujet central autour duquel un débat électoral national devrait tourner, surtout dans un pays qui doit relever des défis beaucoup plus cruciaux et urgents.


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Pour information, voici un sondage TNS Sofres, réalisé pour le quotidien "La Croix" le 20 février dernier, qui détaille les sujets de préoccupation des Français. Les vrais sujets. 


dimanche 19 février 2012

Un déçu du sarkozysme tenté par Mélenchon




J'avais voté pour Nicolas Sarkozy aux deux tours de l'élection présidentielle de 2007. Je ne le ferai pas à nouveau en 2012. 

Il y a cinq ans, je croyais que cet homme intelligent et volontaire allait enfin bousculer les mauvaises habitudes de la France. Donner à «notre cher et vieux pays» (comme disait De Gaulle) un bon coup de pied au cul. Il en avait besoin et c'est toujours le cas.

Par le passé, j'avais toujours voté à gauche. Pour Sarkozy, j'acceptais de faire une exception. Face à lui, l'imprévisible et fantasque Ségolène Royal ne me paraissait pas crédible. Je pensais, à tort, que le candidat de droite pourrait secouer le cocotier.

Un nouvel élu à l'Elysée dispose d'un temps très court pour faire passer les réformes les plus difficiles. Au début de son mandat, porté par l'euphorie de la victoire, il peut imposer à ses partisans enamourés des changements salutaires. Après, au bout de quelques mois, le charme de la nouveauté s'émousse et les pesanteurs du corporatisme et des lobbys bloquent à nouveau toutes les initiatives.

Nicolas Sarkozy a totalement raté le début de son quinquennat. Quand l'entame est moisie, le reste du pain pourrit très vite.

J'étais Place de la Concorde le soir de sa victoire, le 6 mai 2007. Je voulais voir ça. Je voulais comparer l'ambiance avec celle du 10 mai 1981, Place de la Bastille, où j'étais également présent, à l'occasion de l'élection de François Mitterrand. La Bastille, c'était formidable. Le désenchantement qui a suivi a duré 14 longues années.

La Concorde, le 6 mai 2007, c'était lugubre. La foule était assez clairsemée. Le vainqueur festoyait avec ses amis au Fouquet's et se faisait attendre. Sur la scène installée devant l'obélisque, des politicards ébahis meublaient le temps mort. Du côté «people», on apercevait Mireille Mathieu, Enrico Macias et Gilbert Montagné. Ça commençait plutôt mal.

Et puis, très tard, Sarkozy est arrivé, trainant derrière lui son épouse de l'époque, la récalcitrante Cécilia. Il a fait un petit discours dont je ne me souviens plus très bien et il est reparti.

Passons sur cet épisode médiocre du premier soir. La suite, nous la connaissons : les mauvais symboles (le yacht de Bolloré, l'agitation médiatique, etc.) et les premières mesures erratiques, essentiellement fiscales, en direction de son électorat le plus privilégié. Tout ça pour ça.

En apéro, Nicolas Sarkozy offrit quelques zakouskis pour donner l'illusion de la «rupture» : Fadéla, Rama, Rachida sans oublier Kouchner. Le peinturlurage de la diversité et de l'ouverture s'est vite craquelé. Sarkozy a galvaudé la première année de son mandat en n'engageant pas fermement le pays vers une modernisation nécessaire. Il est resté sur les acquis, grisé qu'il était par son ascension.

Un an plus tard, la crise financière a déferlé sur le système capitaliste, touchant avec un petit retard l'économie française. Sarkozy s'est démené comme il a pu. Le défi était immense pour le dirigeant d'un pays ankylosé par un dialogue social quasi inexistant : un patronat rigide et des syndicats non-représentatifs et profondément conservateurs. C'était très mal parti.

Nicolas Sarkozy et son gouvernement se sont attaqués cependant à des dossiers sérieux, avec des résultats en trompe-l'oeil. La réforme des régimes spéciaux (SNCF, RATP, etc.) est une illusion. Elle coûte plus cher à appliquer que le système antérieur. La réforme des retraites, absolument indispensable, a été timide et incomplète. Il va falloir la revoir totalement, avec courage, sous peine de voir s'écrouler le financement des pensions dans les prochaines années.

Sur des points secondaires, Nicolas Sarkozy a reculé face aux lobbys. Je pense notamment aux taxis parisiens. Il était question d'en augmenter le nombre, trop faible pour la capitale. En 1920, il y avait 25.000 taxis à Paris. Il n'y en a aujourd'hui que 17.000 pour une demande beaucoup plus forte. Les chauffeurs de taxi se sont révoltés. Pas question d'encourager la concurrence, même si les voitures disponibles sont rares et, pour beaucoup, agglutinées dans les aéroports. Les chauffeurs de taxi ont bloqué Paris pendant 48 heures. La réforme nécessaire de leur profession a été enterrée prestement. Sur ce point comme beaucoup d'autres, Nicolas Sarkozy a flanché.

Comment prétendre abattre le «capitalisme financier» quand on plie aussi vite devant les vociférations d'une corporation très minoritaire ?

©Plantu/Le Monde
Investi de la légitimité d'une victoire nette à l'élection présidentielle et soutenu par une solide majorité, Nicolas Sarkozy aurait pu aussi s'attaquer sans attendre au fléau social inventé par le gouvernement de Lionel Jospin sous l'impulsion de Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry : la réduction du temps de travail à 35 heures, une mesure suicidaire qui plombe l'économie française sans réduire le chômage. Sarkozy a vaguement écorné ce boulet sans jamais oser vraiment en délivrer les entreprises. Encore une occasion ratée.

Parallèlement, Nicolas Sarkozy a satisfait les revendications extravagantes de certains secteurs comme celui de la restauration. La baisse de la TVA représente un cadeau annuel de 3 milliards d'€. Les restaurateurs n'ont que très partiellement utilisé cette énorme cagnotte pour, comme ils l'avaient promis, embaucher, investir et baisser le prix des menus.

Je pourrais multiplier les exemples. Nicolas Sarkozy, englouti par la crise financière internationale, a géré les affaires à la petite semaine. Ces derniers mois, il a multiplié jusqu'au grotesque les «réunions de la dernière chance» destinées à «sauver l'Europe». Ces derniers jours, sentant l'échéance de sa difficile réélection approcher, il a brandi le référendum comme arme suprême pour «redonner la parole au peuple» sur l'immigration et les allocations chômage. Petite manœuvre qui n'engage à rien mais qui peut plaire à son électorat le plus droitier.

Nicolas Sarkozy qui a eu tous les pouvoirs n'a pas engagé le pays vers le sursaut économique. Il aurait pu réformer profondément la formation professionnelle, favoriser la recherche et inciter les entreprises à investir. Formation, recherche, investissement. L'équation est pourtant évidente.

Il a aussi abandonné la jeunesse, tout particulièrement celle des banlieues. Rien n'avait été fait de sérieux par les socialistes auparavant dans ce domaine. Nicolas Sarkozy a persévéré dans l'inaction. Il est incroyable de constater que l'ambassadeur des Etats-Unis en France est plus investi dans les quartiers difficiles que ne l'est le gouvernement français qui se contente de déployer des CRS. On a même vu récemment des émissaires du Qatar distribuer des bourses dans les cités.

Je crois que Nicolas Sarkozy a des qualités et une énergie hors du commun. Mais il les a mal utilisées pendant les cinq années de sa présidence. C'est un gâchis.

Je suis donc un «déçu du sarkozysme». Je n'espérais pas tout de lui. Mais quand même un peu plus que ce qu'il a réalisé. Le principal reproche que je lui adresse est simple : il n'a pas fait ce qu'il avait promis de faire. Sarkozy n'a pas fait du Sarkozy. On aurait pu juger sur pièces s'il était allé au bout de son programme de 2007. Il nous en a offert une version «light», insipide et désordonnée.

Alors, maintenant, en 2012, quelle est l'alternative ? Elle est hétéroclite et peu mobilisatrice. J'oublie volontairement les candidatures subalternes : Dominique de Villepin, Eva Joly (pathétique !), Nicolas Dupont-Aignan, les deux trotskistes (beaucoup plus fades que d'habitude) et quelques inévitables hurluberlus. Par chance, Boutin, Morin et Chevènement ont plié boutique en évitant de prolonger la situation ridicule où ils s'étaient plongés.

Marine Le Pen surnage dans ce marigot. Elle est coriace et maîtrise à merveille l'outil télévisuel. Son discours sociétal reste aussi nauséabond que celui de son père. Son programme économique est absolument aberrant. Le retour au Franc et le protectionnisme cocardier ne sont que des fadaises inapplicables, de fausses solutions offertes à un électorat déboussolé qu'elle tente de séduire avec la formule illusoire : «c'était mieux avant». Confier les commandes à Marine Le Pen reviendrait à plonger la France, non pas au niveau de la Grèce, mais à celui de l'Albanie.

François Bayrou a peaufiné son sempiternel discours sur «la troisième voie», ni gauche ni droite. Face à la médiocrité ambiante, il en deviendrait presque intéressant. Mais l'homme est affreusement seul, sans appui et sans relais. On sait depuis 1965, grâce à Jean Lecanuet, que le centrisme en France est une baudruche vide. Valéry Giscard d'Estaing, pourtant issu du centre, ne s'y est pas trompé en gouvernant à droite.

François Hollande fait de beaux efforts de concentration, en se drapant ostensiblement dans les frusques de Mitterrand. Il a réussi à maintenir l'apparence d'une unité autour de lui, ce que son ex-épouse Ségolène Royal n'était pas parvenu à réaliser il y a cinq ans. Mais il louvoie encore autour d'un programme sans souffle et sans ligne directrice. C'est de la social-démocratie de deuxième main, alors que les temps difficiles que nous traversons réclament des choix clairs, audacieux et parfois brutaux. Les quatorze années du mitterrandisme nous ont appris que le PS pouvait gouverner mais ne savait pas choisir. Hollande, cela risque fort d'être du Mitterrand sans inspiration, avec sans doute moins de machiavélisme. C'est déjà ça.

Alors, il reste Jean-Luc Mélenchon. Je suis à l'opposé de 95% de ses idées. Son alliance stratégique avec le reliquat du PCF devrait m'en détourner encore davantage. Et pourtant, il y a chez Mélenchon une hargne salutaire. Je pense que le bonhomme est sincère. Il fonce dans le tas, se contrefiche des petits marquis de la communication et bouscule le ronron policé de l'espace médiatique. Il parle vrai, au service d'une ligne politique que je ne partage pas. Mais on l'écoute. Je l'écoute. 

Quand il parle «au nom du peuple» (comme le font les autres sans savoir ce que cela veut dire), il n'est pas ridicule. Il se présente comme le candidat des «pouilleux». Ils sont peu à réclamer cette étiquette. J'aime sa véhémence, sa culture historique, son maniement subtil de la langue. L'homme est un peu roublard mais diablement intelligent. Il est beaucoup plus aiguisé politiquement que ne l'était Georges Marchais, marionnette issue du stalinisme. Mélenchon, c'est une sorte de Georges Frêche qui ne dirait pas d'ignominies. Et Frêche a été un homme politique majeur, malgré les scories de son parcours.

Dans ce choix qu'on nous offre, je suis donc tenté de faire le grand écart. Passer de Sarkozy à Mélenchon. Oui, carrément ! Non pas que je signe des deux mains le programme du «Front de Gauche», loin de là ! Mais je veux, avec un tout petit bulletin de vote, exprimer ma profonde aversion face à l'expérience Sarkozy.

Le vote Hollande n'est qu'un «vote utile», pas très grisant. On sait où cela va conduire : à une politique de gestion pépère, probablement un peu moins inégalitaire. Pas de quoi rêver.

Si je ne change pas d'avis avant d'entrer dans l'isoloir, le vote Mélenchon serait clairement pour moi un vote protestataire. Je ne prends pas de grands risques : Mélenchon n'accèdera pas au second tour. Mais j'espère que son score sera solide, grâce à des voix populaires qui échapperaient ainsi aux mirages du FN.

Un bon score pour Mélenchon, ce serait surtout un avertissement pour le PS : un coup de cravache pour ne pas rêvasser dans la tempête. 

samedi 22 octobre 2011

Nicolas Sarkozy, les corps creux et les corps plats

Examinons cette photo signée Charles Platiau de l’agence Associated Press qui illustre un article du quotidien «Le Monde», en page 10 de l’édition datée du samedi 22 octobre.

Il s’agit d’un article politique qui prend comme "accroche" (jargon journalistique) la visite effectuée le jeudi 20 octobre par le président Sarkozy en Mayenne. Accompagné de la ministre de l’écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, le chef de l’Etat a notamment inauguré un centre de tri sélectif dans la commune de Changé. «Changé», la bien nommée pour Nicolas Sarkozy qui nous assurait justement, au début de son quinquennat, avoir «changé».

L’Elysée prépare minutieusement chaque déplacement présidentiel, en ne négligeant aucun détail. Un important service d’ordre éloigne les perturbateurs et des autocars entiers transportant des militants de l’UMP convergent pour fournir au président un accueil bienveillant.

Tout est orchestré mais il y a toujours des impondérables.

Regardez attentivement le panneau qui figure sur la photo juste en dessous du président de la République, flanqué à sa droite de Nathalie Kosciusko-Morizet. Voici l'agrandissement d'un détail de la photo :


C’est un hasard, évidemment. Personne n’a choisi de faire poser Nicolas Sarkozy devant l’inscription «Corps creux». Ce serait désobligeant. Mais je redoute qu’au retour à Paris les responsables de la logistique du déplacement en Mayenne ne se soient fait copieusement enguirlander par le pointilleux service de presse de l’Elysée. Comment ont-ils pu négliger de masquer cette inscription qui pouvait prêter à confusion ?

Pour les béotiens du tri sélectif, il est utile de préciser que les déchets estampillés «corps creux» sont les bouteilles plastiques, les flacons de produits ménagers, de shampooings ou de gels bain-douche, les briques alimentaires, les boîtes de conserve et de boissons ainsi que les barquettes en aluminium.

A l’inverse, les «corps plats» sont les prospectus publicitaires, les emballages en carton, les revues, les magazines et les journaux.

Le journal «Le Monde» qui publie cette photo est donc un «corps plat».

dimanche 2 octobre 2011

La presse est cruelle, parfois.


Vu chez mon marchand de journaux, ce matin.
Ne montrez pas ça à Carla, surtout dans son état.

samedi 1 octobre 2011

Nicolas Sarkozy et Roland Barthes : le choc des cultures

Comme le chantait Jacques Brel, Nicolas Sarkozy «aimerait bien avoir l’air mais il n’a pas l’air du tout». Il est facile de jeter aux orties «La Princesse de Clèves» et de prétendre se farcir des DVD à foison pour combler son inculture cinématographique. Une grande rasade de Dreyer, de Jean Renoir et de Kurosawa pour oublier Louis de Funès. Mais il y a des moments cruels où l’ignorance ne peut plus être camouflée. 
Pour preuve, cet épisode savoureux raconté sur son blog par le journaliste du "Monde" Arnaud Leparmentier :
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Sollers sur la faute de prononciation de Sarkozy: «Le Roland ‘Barthesse’ a claqué comme une fausse note à Pleyel»
Nicolas Sarkozy pensait-il à Yann Barthès, le journaliste du petit journal sur Canal Plus ou à Fabien Barthez, l’ancien gardien de but de l’équipe de France de Football ? 
Roland Barthes
Toujours est-il que mercredi 28 septembre,  le président de la République prononça Roland «Barthesse» lorsqu’il évoqua le sémiologue Roland Barthes, auteur de ‘Mythologies’. Devant un parterre d’intellectuels français, il remettait les insignes de commandeur dans l’ordre du mérite à l’intellectuelle d’origine bulgare Julia Kristeva et évoquait ses rencontres lorsqu’elle débarqua à Paris. Son époux, l’écrivain Philippe Sollers, en rit encore : «le Roland ‘Barthesse’ a claqué comme une fausse note à Pleyel», déclare-t-il.
La cérémonie à l’Elysée a permis de décorer onze personnalités du monde de la culture et des médias, dont le réalisateur de ‘Shoah’ Claude Lanzmann, mais aussi l’homme de télévision Pierre Tchernia, le chanteur Gilbert Montagné, l’accordéoniste Yvette Horner, la présidente d’Arte Véronique Cayla, l’acteur et humoriste Robert Castel, la cinéaste Euzhan Palcy, l'artiste dramatique Niels Arestrup et l'auteur Humbgert Ibach.
« Il y avait une brochette très représentative de la diversité culturelle française. Le président aime beaucoup les cultures populaires, comme l’accordéon et les shows télévisés, mais aussi ceux qui montrent une certaine exigence, comme Lanzmann et moi », confie Mme Kristeva. «Quand la République m’honore, je suis très émue», poursuit Mme Kristeva, qui fut toutefois surprise que M. Sarkozy évoque «le Saint-Père» pour désigner le pape Benoît XVI.
L’autre surprise de la soirée où se pressaient l’essayiste Alain Minc, le metteur en scène Robert Hossein ou encore le philosophe Bernard Henri-Levy, fut la présence de Liliane Bettencourt, comme l’a révélé le Parisien : hôte encombrante, l’héritière de L’Oréal avait été invitée par une des récipiendaires, la romancière Madeleine Chapsal.
En décorant les personnalités, M. Sarkozy lisait ses fiches, à la différence de François Mitterrand. Et, toujours selon les habitués, il ne s’est guère attardé, à la différence de Jacques Chirac.

Arnaud Leparmentier ©Le Monde
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Pauvre Roland Barthes, renversé dans la rue par une camionnette de blanchisserie, après avoir déjeuné avec François Mitterrand le 25 février 1980. Grièvement blessé, il est mort un mois plus tard à l’hôpital de la Pitié à l’âge de 64 ans. Voici à présent son patronyme, pourtant bien connu, estropié par un président aux lacunes embarrassantes.

Nicolas Sarkozy devrait savoir que Roland Barthes fait partie des auteurs contemporains français les plus traduits à l’étranger et les plus étudiés dans les universités du monde entier. Barthes. Pas Barthesse. 


Petit truc mnémotechnique, monsieur le président, si un jour vous devez à nouveau prononcer le nom de Roland Barthes en public. Pensez à une destination bling-bling (ça devrait être facile pour vous). Pensez à Saint-Barth, cette île française des Antilles (25 km2, 8000 habitants), petit paradis des hyper-riches. Votre ami Johnny (le vieux chanteur) y possède une agréable demeure.


Roland Barthes, ça se prononce comme Saint-Barth. Saint-Barth, c'est le diminutif de Saint-Barthélemy. 


Mais ne confondez pas avec le massacre de 1572. Les massacres, ça suffit !

mardi 12 juillet 2011

Pendant ce temps-là, à Brégançon ...

Un gars, une fille. Une plage. Le soleil et la mer. 
L'année prochaine, les mêmes avec le bébé.

lundi 30 mai 2011

"La Conquête" est un film involontairement sarkozyste

Après beaucoup d'atermoiements, j’ai finalement vu «La Conquête», le film de Xavier Durringer retraçant le cheminement de Nicolas Sarkozy vers l’Elysée.

D’abord, soulignons le travail remarquable de Denis Podalydès, l’acteur qui incarne Sarkozy. Il réussit à camper le personnage de manière crédible et attachante. Podalydès ne sombre pas dans l’imitation ou la caricature. Il s’est approprié Sarkozy dans sa fougue, sa hargne de gagner et ses fragilités. C’est le meilleur du film.



Florence Pernel joue Cécilia. Elle en fait une femme probablement plus intéressante, plus combative et plus complexe que le modèle original.





Pour le reste, les personnages secondaires (Chirac, Villepin et les autres) apparaissent comme des numéros de cabaret. Ils ont la dimension de silhouettes brossées grossièrement par des chansonniers. C’est médiocre. C’est guignol.

La grande faiblesse du film, ce sont les dialogues : un collage de citations connues qui semblent à la fois grandiloquentes et artificielles, même si elles sont extraites de la réalité. Personne, dans la vie réelle, ne parle en permanence en proférant des «petites phrases» ciselées.

Le pire, c’est la réalisation d’une pauvreté infinie, propre au cinéma français commercial. Par exemple, la soirée de la victoire au Fouquet’s, pourtant essentielle et riche en intensité dramatique, est filmée d’une façon très «cheap» avec des figurants sans épaisseur et un décor de pacotille.

Je n’ai ressenti aucun souffle, aucune progression dramatique, aucune vision d’ensemble. Xavier Durringer nous offre un téléfilm poussif digne de France 3 un jour de pluie.

C’est moche et mécanique, sans aucune réflexion sur le pouvoir. Le tout tombe à plat, même si on s’amuse en observant la recréation d’épisodes cocasses et célèbres (comme la baignade de Villepin à La Baule).

Le film est une collection d’anecdotes qui ne sont jamais mises en perspective. On reste dans le superficiel et l’anodin.

Nicolas Sarkozy aurait tort de s’inquiéter de la portée de ce film. Ce film n’a pas de portée. Sarkozy en ressort intact et presque grandi. Il en devient sympathique : il souffre du désamour de Cécilia. Il est entouré de conseillers falots. Il triomphe dans l’adversité, celle de son histoire intime et sentimentale. Sur la politique, il est évidemment le plus fort.

Bizarrement et sans doute contre la volonté de ses auteurs maladroits, «La Conquête» est un film sarkozyste. Je suggère à Nicolas Sarkozy de le faire projeter avant chacun de ses meetings de la prochaine campagne. 

Grâce à un tel clip électoral, il gagnera encore. 

mercredi 25 mai 2011

Radars et démagogie

La communication gouvernementale sur la sécurité routière est vaseuse. J’avais salué ici le courage politique de l’équipe Sarkozy qui avait osé défier le lobby bagnole en annonçant le retrait des panneaux signalant à l’avance la présence des radars au bord des routes. Mesure de bon sens.

C’était sans compter sur la fronde populiste, pour ne pas dire populacière, d’une cohorte de députés UMP, inquiets pour leur réélection l’année prochaine.


Le gouvernement a vasouillé. Claude Guéant, en choc frontal avec François Fillon sur ce dossier électoralement sensible, a annoncé dans la panique la suspension du démantèlement des panneaux avertisseurs de radars pour, dit-il, «engager une concertation à l’échelon local». En français courant, cela voulait dire : « noyer le poisson».

Finalement, le président de la République a arbitré dans le sens de la fermeté : les panneaux avertisseurs seront bien arrachés. Une nouvelle fois, je félicite Nicolas Sarkozy. Quand exactement les panneaux avertisseurs seront-ils démantelés ? Cela reste flou malheureusement.

Le ministre de l’Intérieur a inventé au passage un nouveau concept : le radar pédagogique. Appelons ça plutôt le radar démagogique.

La pédagogie de la route s’acquiert dans les auto-écoles. Elle est sanctionnée par l’obtention du permis de conduire. Les automobilistes, en prenant le volant, sont censés appliquer le code de la route, tel qu’il leur a été «pédagogiquement» inculqué au préalable. Pas besoin de rappels lumineux et clignotants. Il suffit de lire les panneaux de limitation de vitesse qui sont parfaitement clairs. Il suffit de s’y conformer. La leçon est simple. Toute «pédagogie» supplémentaire est superflue.

Chaque conducteur s’estime néanmoins piégé, floué et détroussé. «Nous sommes des vaches à lait !», proclament en cœur les automobilistes.

Alors parlons gros sous.

Les amendes des radars rapportent chaque année 500 millions d’euros, affectés pour une large part à l’entretien des routes et des engins flasheurs.

Mais la violence routière coûte tous les ans à la collectivité nationale la somme de 20 milliards d’euros : secours aux victimes, frais hospitaliers, prise en charge des handicapés du volant et réparations des dégâts provoqués par les chauffards aux infrastructures routières.

500 millions de recettes contre 20 milliards de dépenses. Un ratio de 1 sur 40. Il y a de la marge et beaucoup de raisons pour multiplier généreusement les radars. Plus ils seront nombreux et sournois, plus ils seront efficaces. 

samedi 14 mai 2011

Nicolas Sarkozy préfère "Les Tudors" à "La conquête"


Ce qui doit énerver Nicolas Sarkozy (et Dieu sait qu’il s’énerve vite), c’est que le film «La Conquête» qui retrace son arrivée au pouvoir en 2007 soit présenté au festival de Cannes «hors compétition». Hors compétition, ça ne lui ressemble pas. Nicolas Sarkozy est toujours dans la compétition.
Le film sortira en salle la semaine prochaine après sa projection sur la Croisette. Le président de la République a fait de très longues confidences à Télérama pour expliquer qu’il ne souhaitait pas voir le film pour «protéger sa santé mentale». Tiens donc.
Je n’en crois pas un mot. Je suis convaincu qu’il va se procurer un DVD dans les meilleurs délais. Cela ne devrait pas poser de problème, il a le pouvoir de se faire une petite projection privée en catimini. Peut-être sans Carla. Car l’autre héroïne du film, c’est Cécilia.
Dans cette longue déclaration, le chef de l’Etat multiplie les références au cinéma qu’il dit aimer passionnément. Voici le verbatim présidentiel, recueilli pour Télérama par Fabienne Pascaud.
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­­­­­­­­­ «Je n'ai décidément pas envie de voir La Conquête. En général, je ne lis pas ce qu'on écrit sur moi. Parce que je ne suis jamais content. Si c'est critique, je trouve ça injuste ; si c'est laudateur, ça ne l'est jamais assez... Alors, est-ce la peine ?
J'ai un principe : respecter la liberté de création. On s'attendait par exemple à ce que j'essaie de m'opposer à ce que La Conquête aille à Cannes, ou encore à ce que je veuille voir le film avant la projection pour contrôler ce qui s'y dit. Pas du tout ! J'aime trop le cinéma pour me plaindre, même si le film ne me plaisait pas ou me faisait du mal. De toute façon, ça servirait à quoi ? Mieux vaut une bonne psychanalyse pour accepter son image que voir son intimité mise en scène, non ? Et ne me parlez pas de films anglais récents sur des personnages politiques vivants, tels ceux de Stephen Frears sur Tony Blair ou Gordon Brown : ils ne s'attaquaient pas à leur vie privée, comme on me dit que c'est ici le cas. Et sans avoir fait pour moi la moindre enquête préliminaire... Comme vous le savez, mon existence a changé depuis cette période, c'est aussi par respect pour ma femme, Carla, que je ne verrai pas ce film. Pour protéger ma santé mentale, enfin. Le narcissisme n'est jamais la bonne solution, et trop de narcissisme rend fou.
J'ai juste vu Denis Podalydès, qui m'avait écrit une très longue lettre, une fois le film fini. Je l'ai appelé pour l'en remercier. Nous nous sommes rencontrés. J'ai été étonné en le voyant qu'il puisse m'incarner à l'écran, il semblait si fragile ! Mais la magie du cinéma… Et le talent du comédien…
Je vois entre cent cinquante et cent quatre-vingts films par an. Comme les dîners en ville m'ennuient, je les évite le plus possible. Je rentre tôt, et près d'un soir sur deux, avec Carla, je regarde un film avant de me mettre au travail. Ça me fait partir, m'envoler, grandir. Je suis éclectique. Actuellement je me passionne pour Les Tudors – oui, j'appelle ça du cinéma ! Je trouve qu'il y a bien plus de créativité dans les grandes séries anglo-saxonnes comme 24 Heures chrono, Mad Men, Dexter ou Breaking bad que dans certains films.
Je viens de découvrir L'Atalante, de Jean Vigo, et moi qui suis un sentimental, j'ai adoré cette histoire d'amour-là, si magiquement filmée, interprétée. Je n'aime pas un style en particulier, j'aime juste ce que je trouve bien, et alors je suis du genre compulsif : je peux voir aussi bien à la suite les six Gendarme, de Jean Girault, avec Louis de Funès, que les deux tiers des cinquante-trois Hitchcock (je préfère la première période anglaise), tout Capra, Lubitsch ou Dreyer. Je pleure devant Ordet... Et je viens de découvrir les Marx Brothers ! J'ai du retard à rattraper...
Woody Allen, avec qui Carla vient de jouer un petit rôle, je le connaissais, bien sûr, et j'ai tout vu aussi, avec un faible pour Match Point et Annie Hall. Vous semblez un peu choquée que la Première dame de France, comme vous dites, fasse un peu de cinéma. Mais Carla est une artiste ! Vous ne voudriez pas que je défende l'indépendance des femmes, leur droit à être elles-mêmes et leur égalité avec les hommes et que j'interdise à la mienne de vivre sa vie ! La France peut être fière d'avoir une Première dame autonome.
Non, n'insistez pas, je ne verrai pas La Conquête pour vous donner mon point de vue sur le scénario, la mise en scène, la performance des acteurs. Trop de communication en tout genre devient pernicieux. Je sais de quoi je parle. Et je n'ai pas besoin de me voir en personnage de fiction pour connaître la part de création, d'art presque, qu'il peut y avoir dans le rôle de président de la République : créer l'émotion dans les grandes salles de meeting, par exemple. Vous savez, chaque acte dans la vie d'un président est une forme de création.»
©Télérama
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Voilà. Nicolas Sarkozy pense être un créateur, un créateur politique. Ses goûts cinématographiques vont de Dreyer à la série des «Gendarmes». C’est un champ assez vaste... Il voit 150 à 180 films par an ! Un tous les deux jours... Il aime «24 heures chrono». Forcément.

Il regarde en ce moment la série des «Tudors». Excellente série qui raconte la vie tumultueuse à la cour d’Angleterre dès le début du règne d’Henry VIII. Les épisodes sont tous brillants et remarquablement réalisés. Nicolas Sarkozy a raison : c’est mieux que de la télé, c’est vraiment du cinéma. C’est une superbe description, magnifiquement interprétée, des luttes de pouvoir au plus haut niveau. Pas étonnant que cela intéresse l’occupant de l’Elysée. Ça change de la politicaillerie quotidienne. Les «Tudors», c’est plus grisant que la trahison de Chirac au profit de Balladur, les bisbilles Clearstream, la guéguerre contre Villepin et Borloo. Et à l’époque, le roi d’Angleterre pouvait faire trancher la tête de ses ennemis et multiplier les conquêtes féminines sans que personne n’y trouve rien à redire. Par comparaison, «La Conquête» va paraître bien fade...

Je pense néanmoins que Nicolas Sarkozy ne résistera pas à la tentation de regarder le long métrage français où il apparaît dans le rôle du monarque. On a les «Tudors» qu’on mérite.