Ses dernières vociférations en date portent sur la politique. Hier, Kassovitz a écrit ceci : «Si NS passe un deuxième tour la France est un pays de collabo néo fasciste. Il faut se débarrasser de ces fils de putes de l'UMP avec fracas.»
lundi 5 mars 2012
Mathieu Kassovitz doit se faire soigner d'urgence
Ses dernières vociférations en date portent sur la politique. Hier, Kassovitz a écrit ceci : «Si NS passe un deuxième tour la France est un pays de collabo néo fasciste. Il faut se débarrasser de ces fils de putes de l'UMP avec fracas.»
lundi 27 février 2012
"The Artist" : dans les vieilles marmites, on fait les meilleures soupes
lundi 30 mai 2011
"La Conquête" est un film involontairement sarkozyste


vendredi 6 mai 2011
"Tomboy", un film réussi sur l'enfance
mardi 1 mars 2011
Annie Girardot : la nécro que vous ne lirez pas ailleurs

Il est toujours gênant d’entendre la logorrhée des hommages post mortem, surtout à propos d’une actrice comme Annie Girardot que tous les ‘professionnels de la profession’ (comme dirait Jean-Luc Godard) ont laissé tomber quand elle traversait sa longue période d’oubli dans les années 80-90.
Je l’ai souvent croisée à cette époque. Nous étions voisins du côté de la place des Vosges à Paris. Je la voyais fréquenter assidument un caviste qui vendait aussi du fromage, au coin de la rue des Tournelles et de la rue du Pas de la Mule (aujourd’hui une boutique de fringues, bien sûr).
Annie, pour se consoler, y achetait davantage de gros rouge que de brie ou de bleu d’Auvergne. Ça n’allait pas fort à ce moment-là pour elle.
Elle vivait alors avec Bob Decout, parolier et réalisateur médiocre, soupçonné d’avoir largement puisé dans les économies d’Annie Girardot, en exerçant sur elle un chantage moral pas très glorieux.
A la fin de sa vie, il y a eu la lente plongée dans la maladie d’Alzheimer qui frappe des centaines de milliers de Françaises et de Français. Même parfois les anciens présidents de la République. C’est un calvaire, pour les gens célèbres, pour les anonymes et pour leur entourage.
Annie Girardot a été une actrice très populaire qui a tourné 122 films. Sa filmographie est toutefois un désastre artistique.
Elle avait du tempérament, de la vivacité, du naturel. Elle a mis toutes ces qualités au service de cinéastes médiocres, des tâcherons, des faiseurs : Denys de la Patellière, Jean Delannoy, Claude Zidi, Gilles Grangier, Claude Lelouch, Edouard Molinaro, Serge Korber et j’en passe par respect pour sa mémoire.
Je n’oublie pas cependant André Cayatte et son inénarrable «Mourir d’aimer» que la télé va forcément nous resservir. Ce film que tout le monde cite aujourd’hui, il faut ne l’avoir jamais vu pour en penser du bien. Ce mélo grotesque (adapté d’une célèbre histoire vraie : le drame sentimental de l’enseignante Gabrielle Russier dans la France pompidolienne) est un navet monumental. Je vous le recommande.
Dans les nombreux films d’Annie Girardot, on peut néanmoins en sauver deux où elle fait de courtes apparitions : «Rocco et ses frères» de Visconti (1960) et, à la rigueur, «La pianiste» de Michael Haneke (2001), bien que ce dernier film soit globalement un pensum prétentieux.
Le bilan est donc maigre.
La femme était sympathique, évidemment fragile et sans doute malheureuse. A sa façon, elle a incarné à l’écran, à la fin du XXème siècle, le personnage de la Française spontanée, pas très belle, mais énergique et souvent drôle.
C’est bizarre, l’émotion suscitée par les disparitions de certaines célébrités.
Je me souviens très bien de la mort du chanteur Carlos en janvier 2008. Quelle œuvre laisse-t-il derrière lui, ce Carlos ? Pratiquement rien. Annie Girardot nous lègue davantage, évidemment.
Mais ce n’est pas ça qui compte. Ce qui marque, c’est l’attachement du public à quelques personnalités qui ont captivé, non par leur empreinte artistique, mais par leur rapport personnel avec une époque.
Des catalyseurs de nostalgie.
jeudi 27 janvier 2011
Avant qu'il ne soit trop tard : "Le Président" Georges Frêche

Pour nous changer un peu de la Tunisie (sur laquelle j’ai beaucoup écrit ces derniers temps), faisons un petit détour par le Languedoc-Roussillon.
Mieux vaut tard que jamais. Je vais vous parler du documentaire «Le Président», film d’Yves Jeuland, sorti le 15 décembre dernier, le portrait fascinant d’un personnage hors normes : Georges Frêche (mort le 24 octobre 2010 à l’âge de 72 ans).
Au passage, un mot sur la distribution cinématographique en France. Pour voir fin janvier un film sorti à la mi-décembre, il faut que le spectateur fasse beaucoup d’efforts. C’est le principe de la distribution Kleenex : on jette aussitôt après usage. Dany Boon envahit les salles et s’y installe pour des mois. Mais les autres films sont poussés dans les oubliettes. Pourtant «Le Président» avait été salué par la critique et avait bénéficié d’une très bonne couverture médiatique.
Moins d’un mois et demi après son apparition sur les écrans, le film de Jeuland est devenu très difficile à voir. Il n’est plus projeté que de manière sporadique dans trois salles à Paris. Les provinciaux sont encore moins bien lotis.
C’est mon ami FD qui m’a interpellé la semaine dernière : ‘Comment ? Tu ne l’as pas vu ? Il faut absolument que tu ailles voir «Le Président» !’ Et FD d’ajouter : ‘Ce film devrait être projeté à tous les étudiants en sciences politiques et en journalisme.’
Répondant à cette injonction pressante, j’ai donc vu «Le Président». Je ne vais pas revenir en détail sur tout ce qui a déjà été écrit sur le film.
Quelques remarques cependant :
- Yves Jeuland nous montre Georges Frêche comme on ne l’avait jamais vu : roublard, truculent, truqueur, sincère, joyeux, épuisé. Un animal politique. On peut porter tous les jugements que l’on veut sur ce vieux bonhomme, mais il faut mettre à son crédit d’avoir accepté d’être filmé sans restriction pendant 6 mois. A l’heure des communicants castrateurs qui surprotègent les politiques, c’est une bouffée d’oxygène.
- Le film nous fait découvrir les coulisses d’une campagne (celle des régionales en Languedoc-Roussillon) comme jamais elles n'avaient été révélées, sauf peut-être avec Raymond Depardon (pour VGE en 1974) ou avec Jeuland lui-même (les municipales parisiennes de 2001).
- «Le Président» offre aussi un éclairage passionnant sur le fonctionnement des médias. Quand Jean-Pierre Elkabbach est en déplacement à Montpellier pour interviewer Frêche sur Europe 1, on assiste à l’entretien préalable. On voit aussi Frêche faire avec gourmandise une tournée des médias nationaux dans la capitale. C’est irrésistible de drôlerie.
- Le travail de Jeuland est fait de sobriété, de précision et de justesse. Pas un mot de commentaire, aucune interview de Frêche ou de ses collaborateurs. Il n’y a que des scènes spontanées, filmées discrètement. Il est évident que Jeuland a réussi à faire oublier sa petite caméra numérique pour filmer ce qu’il voulait. J’imagine qu’il a accumulé des centaines d’heures de tournage. Son grand talent est d’avoir organisé de manière cohérente cette matière première abondante. Le découpage et le montage du film sont remarquables.
N’attendez pas le DVD ! Allez voir ce film avant qu’il ne disparaisse totalement des écrans. Vous ne le regretterez pas.
______________________
Infos pratiques : Pour voir "La Président", il y a par exemple une séance ce soir à Rodez, une autre à Albertville et trois séances dans la journée toute la semaine à Montpellier. A Montpellier, c’est la moindre des choses.
vendredi 17 décembre 2010
"L'Empire du Milieu du Sud" de Jacques Perrin

Dans le film «Les Portes de la Nuit» réalisé en 1946 par Marcel Carné, on peut apercevoir un petit garçon de 5 ans. L’acteur en culottes courtes s’appelle Jacques Perrin.
Il en a fait du chemin, ce petit garçon ! Le cinéma français lui doit beaucoup. Jacques Perrin fêtera l’été prochain ses 70 ans. Et il travaille toujours. Il mène sa barque sans ostentation, sans chercher la gloriole.
Sa filmographie d’acteur est infiniment respectable mais c’est comme producteur et réalisateur qu’il imprime sa marque. On peut citer ces dernières années : «Microcosmos», «Le peuple migrateur», «Océans». Des projets ambitieux parfaitement aboutis. Il s’agit de documentaires consacrés à la nature.
Son dernier film en date, coréalisé avec Eric Deroo, est aussi un film dédié à un espace naturel, à un magnifique pays : le Vietnam. Ce film s’intitule «L’Empire du Milieu du Sud». C’est un film sur l’eau, le ciel, la terre. C’est un film sur les montagnes de l’Asie du Sud-Est, sur la forêt tropicale. C’est un film sur une couleur, la couleur verte. La couleur des feuillages luxuriants et la couleur des uniformes militaires. Car, en évoquant le Vietnam, on est confronté évidemment à la guerre, à toutes les guerres qui ont meurtri cette nation.
Jacques Perrin et Eric Deroo, pendant 10 ans, ont collecté dans le monde entier des images d’archives, souvent inédites, sur l’Histoire vietnamienne. C’est un film d’archives mais ce n’est pas un documentaire historique traditionnel.
Jacques Perrin nous propose un poème lyrique et parfois mélancolique sur le destin d’un peuple et aussi sur les étrangers qui sont passés par là. On voit se succéder les colons français, les envahisseurs japonais, les soldats américains. Au fil des époques, ces étrangers sont venus au Vietnam pour des raisons diverses. Beaucoup y sont morts. Ceux qui en sont revenus ont presque tous conservé de ce pays une nostalgie indéfinissable.
Tout au long du film, Jacques Perrin lit des textes littéraires écrits par ceux qui ont connu et aimé le Vietnam. Les textes sont d’auteurs vietnamiens, français, américains.
Jacques Perrin ne choisit volontairement pas son camp. Il montre la joie naïve des colons français : leurs fêtes familiales, leur prétention européenne, leur condescendance paternaliste à l’égard des «indigènes». Il souligne aussi l’exploitation économique implacable imposée aux Vietnamiens (20 millions d’habitants dans toute l’Indochine avant la deuxième guerre mondiale) par une poignée de blancs (20.000 Français). Il illustre ensuite l’arrivée des Japonais en 1940 et leur sauvage brutalité d’occupants. Puis les Français tentent de reconquérir le pays. Hô Ci Minh ne leur laissera guère de répit. La défaite de Dien Biem Phu est en germe. Le film raconte remarquablement, avec des images provenant des archives des deux belligérants, cette débâcle française et l’opiniâtreté des vietnamiens pauvrement armés progressant dans la jungle. La France plie bagage lamentablement. Les GI’s débarquent, massacrent et s’embourbent. Et les Etats-Unis, à leur tour, sont humiliés et s’en vont.
Jacques Perrin montre tout cela en n’oubliant pas la souffrance des soldats, de tous les soldats, et la douleur immense d’une population civile à la merci des bombes et du napalm. Il nous donne à voir également les dérives précoces de la dictature communiste dans son bastion du Nord.
C’est un film sur l’eau, le ciel, la terre et sur un peuple. C’est un document exemplaire qui donne à réfléchir. Il n’y a pas de secret : Jacques Perrin est un homme intelligent qui ne fait rien à la légère.
A la prochaine cérémonie des Césars, cette mascarade pitoyable du cinoche franchouillard, personne ne le distinguera. Jacques Perrin s’en fiche sûrement. Moi aussi.
vendredi 12 novembre 2010
Une "potiche" qui ne sonne pas creux

Dans la production généralement poussive (et pléthorique) du cinéma français, il est rare de trouver des réalisateurs qui construisent une œuvre cohérente et originale. François Ozon en est un.
En douze ans, avec une régularité de métronome, Ozon nous a offert douze longs métrages parmi lesquels je retiens : «Gouttes d’eau sur pierres brûlantes», «Sous le sable», «Huit femmes», «5x2», «Le temps qui reste». Ajoutons à cette liste son dernier film en date «Potiche» qui vient de sortir sur les écrans. Six films intéressants sur douze, c’est une belle proportion pour un homme qui n’aura que 43 ans lundi prochain (bon anniversaire, François !).
Vous avez probablement lu beaucoup de choses sur «Potiche», généralement bien accueilli par la critique. Les salles sont pleines depuis les premières projections. Les spectateurs applaudissent dès qu’apparaît le générique de fin. Sans nul doute, voici un film populaire et intelligent, pas un film sentimentalo-bobo (comme "les Petits mouchoirs" de Guillaume Canet ou les mièvreries de Marc Esposito).
«Potiche» est un film décapant, drôle et parfois loufoque. C’est aussi un film politique : critique du capitalisme, satire des élus, étude de mœurs.
Comme souvent, Ozon apporte beaucoup de soin aux détails, en particulier dans les décors et les costumes. La reconstitution du cadre de vie d’une famille bourgeoise dans les années 70 dans le nord de la France est réjouissante. J’en parle en connaissance de cause ! J’ai adoré notamment le cache-téléphone décoratif en velours qui était un grand classique de l’époque. L’ambiance giscardo-kitsch est rehaussée par la bande originale, florilège de tubes de variétés aussi surannés que la déco : Michèle Torr, le groupe ‘Il était une fois’, etc. Ozon s’amuse aussi, dans le dialogue, à insérer des anachronismes : le «casse-toi, pov con» de Nicolas Sarkozy, le ‘Chabichou’ de Ségolène Royal.
Pour incarner ses personnages, Ozon a convoqué une distribution poids lourd : Catherine Deneuve, la Potiche, est une femme au foyer méprisée, en passe de devenir une mémère mais qui obtient sa revanche, sans le secours du MLF. Deneuve est totalement décoincée dans ce rôle. A 67 ans, elle se lâche enfin, comme elle avait commencé à le faire dans «Huit femmes». Deneuve est une potiche épatante dans son survêtement criard et ses coiffures choucroutées.
Son mari, c’est le vibrionnant Fabrice Lucchini, directeur d’usine, volage et irascible. Il en fait des tonnes, comme d’habitude. Mais, pour une fois, c’est ce qu’on lui demande. Gérard Depardieu complète le trio sous les traits (énormes) du député-maire communiste du coin. Les personnages secondaires (les enfants adultes, la secrétaire, les syndicalistes) parachèvent cette plaisante galerie de portraits.
Ozon ne cherche pas à éviter l’outrance. Nous sommes, de manière assumée, dans la caricature, parfois dans le grand guignol. Après tout, le scénario est librement adapté d’une pièce de boulevard de Barillet et Grédy. Cette pièce fut jouée à la scène par Jacqueline Maillan, une actrice qui ne faisait pas dans la nuance.
Mais cette démesure n’est pas un accident. Elle est recherchée par le réalisateur qui introduit avec gourmandise le burlesque dans la comédie sociale.
Entendons-nous bien : il ne s’agit pas d’un chef d’œuvre. Ce film est terriblement franco-français. Il n’est pas exportable car il est truffé de références purement hexagonales. Comme souvent dans le cinéma tricolore, un montage plus elliptique aurait rendu le rythme moins languissant. Dans la plupart des scènes, Ozon aurait pu couper un bon nombre de plans superflus. L’image est assez plate, sans génie particulier, du niveau d’un téléfilm. A cet égard, «Huit femmes» était cinématographiquement bien supérieur par son découpage, sa vivacité, son inventivité visuelle.
Mais ne boudons pas le plaisir réel procuré par cette «Potiche». Le cinéma français, si navrant, ne nous offre pas souvent l’occasion de sortir satisfait d’une salle.
lundi 18 octobre 2010
'The Social Network' - enfin la version française !

dimanche 18 janvier 2009
Ciao Gérard ! Hello, Barack !
Sur un autre sujet, je redoute une forte remontée de l’Obamania, à l’occasion de l’investiture du nouveau président américain. Les Français, aveuglés par une méconnaissance crasse entretenue par des médias complaisants, vont vite déchanter. Ils s’imaginent qu’Obama, c’est tout à la fois Besancenot, Che Guevara et Mère Thérésa. On va se rendre compte très vite qu’Obama, tout brillant et charismatique qu’il puisse être, n’est qu’un dirigeant centriste qui s’attachera avant tout à sauver son pays de la déroute en ne faisant aucun cadeau au reste du monde. Obama sera contraint de poursuivre longtemps les guerres commencées par Bush et, en dépit de ses vagues promesses, il ne fermera pas Guantanamo la semaine prochaine.