Il faut sauver le soldat Kassovitz. Il faut plutôt le soigner car son cas désormais relève de la psychiatrie. Je parle de Mathieu Kassovitz, acteur et réalisateur français de 46 ans. Il est en train de sérieusement péter les plombs.
Sa folie trouve libre cours sur Twitter où il déverse ses élucubrations haineuses. Sur son compte Twitter, il se présente ainsi : "direktor-produktor-writor-konspirator...the whole package". Tout un programme.
Ses dernières vociférations en date portent sur la politique. Hier, Kassovitz a écrit ceci : «Si NS passe un deuxième tour la France est un pays de collabo néo fasciste. Il faut se débarrasser de ces fils de putes de l'UMP avec fracas.»
Ses dernières vociférations en date portent sur la politique. Hier, Kassovitz a écrit ceci : «Si NS passe un deuxième tour la France est un pays de collabo néo fasciste. Il faut se débarrasser de ces fils de putes de l'UMP avec fracas.»
NS, c'est bien sûr Nicolas Sarkozy. On peut combattre farouchement le président sortant et souhaiter qu'il perde la prochaine élection présidentielle. Un majorité semble se dessiner dans ce sens. Mais est-il nécessaire d'employer ces termes outranciers ? Tout ce qui est excessif est insignifiant.
Plus grave, la référence au fascisme et à la collaboration est une insulte à l'égard de tous ceux qui ont été vraiment victimes de la collaboration et du fascisme. La collaboration, sous l'Occupation, c'était un système politique français complice d'un état totalitaire, l'Allemagne nazie. Le fascisme, ce n'est pas non plus un mot vide de sens qu'on brandit bien au chaud en le tapotant sur un iPhone. Trop facile, Mathieu ! Le fascisme a fait des ravages en Europe et ailleurs au XXème siècle. Nicolas Sarkozy n'est pas fasciste. Il incarne la droite autoritaire et libérale. On peut contester ses positions, réaffirmées récemment, sur l'ordre et l'immigration. Mais ce n'est pas du fascisme. Il y a de la marge. Sarkozy n'est pas Mussolini. Le dire, c'est faire un amalgame grossier. C'est méconnaitre l'Histoire.
La hargne de Kassovitz avait porté, quelques jours plus tôt, sur le cinéma français. Au moment de la publication de la sélection des Césars, Kassovitz avait écrit sur Twitter : «J'encule le cinéma français.» Ce qui constituait une vaste entreprise. Il s'était curieusement justifié en précisant : «Traiter ces gens d'enculés n'est pas une insulte. C'est un réflexe naturel.» Il faudrait que Christian Vanneste nous éclaire sur ce point. Kossovitz était furieux que son dernier film, «L'ordre et la morale», n'ait pas été sélectionné pour la séance d'auo-congratulation du cinoche hexagonal. Ce qui n'a pas empêché le réalisateur d'être présent pour remettre une récompense pendant la cérémonie.
En 2009, Kassovitz s'était déjà illustré en mettant en doute la version officielle des événements du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Il s'exprimait ainsi sur France 3 dans l'émission «Ce soir ou jamais» de Frédéric Taddei : «La montée de Hitler et du nazisme, c'est l'invention d'un système de communication extrêmement bien huilé. Toutes ces choses, on l'a déjà vécu. Goebbels a dit 'Plus le mensonge est gros, plus il passe'. Donc on doit se poser la question de ce qui s'est passé le 11 septembre. (...) Comment on peut faire tomber trois tours avec deux avions ?»
Chacun appréciera le renvoi à Goebbels mais ces thèses conspirationnistes ne sont pas l'apanage de Kassovitz. Elles ont été exprimées par d'autres grands «experts» comme le comique troupier Jean-Marie Bigard et l'actrice minaudante Marion Cotillard. Ils n'ont pas trouvé ça tout seuls : la mise en cause du scénario du 11 septembre fait florès sur des centaines de sites Internet.
Kassovitz passe trop de temps sur Internet et sur Twitter. Il ferait mieux de faire son métier. C'est un honnête réalisateur. Je pense notamment à son film «La Haine» (1995) qui révélait de réelles qualités, au service d'une histoire âpre et intense dans une banlieue violente. On peut reconnaître à Kassovitz le mérite d'avoir été le premier à faire un film sur ce sujet.
Kassovitz est par ailleurs un acteur convaincant et plein de charmes. Il l'a prouvé dans une mémorable bleuette, «Amélie Poulain». Il était parfait aussi en ecclésiastique dans «Amen» de Costa-Gavras.
Mais, de grâce, qu'il nous épargne ses jugements à l'emporte-pièce sur la politique et les événements internationaux. Il a, aujourd'hui encore, pondu ceci sur les élections russes : «Poutine président, le monde s'arme». Kassovitz part-il au front à l'assaut du Kremlin ?
Je sais que ma supplique est vaine. Kassovitz est persuadé d'avoir raison. A un de ses contradicteurs, il a récemment répondu ceci : «Narcissique et prétentieux. Je le suis. Je l'affirme. Je vous emmerde. Bonne journée.»
Pour mieux cerner le dérangement du personnage, voici la «photo de profil» qu'il affiche sur sa page Facebook :
C'est sympa, non ?