"Ce qui barre la route fait faire du chemin" (Jean de La Bruyère - 'Les Caractères')
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dimanche 17 août 2014

Ferguson : d'un Nixon à l'autre

En 1970, le poète-chanteur-écrivain (et précurseur du rap) Gil Scott-Heron proclamait dans une chanson : "The revolution won't be televised" (la révolution ne sera pas télévisée). Manière de dire que dans l'Amérique blanche de l'époque Nixon, les fréquentes révoltes raciales seraient négligées par les grands médias comme la télévision. L'aphorisme avait fait florès ensuite.

44 ans plus tard, la formule ressurgit à Ferguson, banlieue de Saint-Louis dans le Missouri. Le 9 août, un jeune noir a été abattu dans cette ville par un policier dans des circonstances encore imprécises. Mais il est mort et il n'était pas armé. Ce drame à déclenché une série de protestations qui ont parfois tourné à l'émeute. 

La photo ci-dessus montre un jeune manifestant de Ferguson reprenant le slogan de Gil Scott-Heron mais en le complétant : "la révolution ne sera pas télévisée, elle sera sur Tweeter". Signe de l'évolution des technologies.

Les soulèvements répétés à Ferguson ont été violemment réprimés par une police locale équipée avec du matériel de guerre (en réalité, des surplus de l'armée américaine). Obama a appelé en vain au calme. Le gouverneur démocrate du Missouri a déclaré l'état d'urgence et instauré un couvre-feu (non respecté). 

Ironie de l'histoire, ce gouverneur démocrate a un nom difficile à porter : Nixon.

mardi 2 novembre 2010

Mark Kirk dans le fauteuil de Barack Obama !

Additif, mercredi matin : Les électeurs de l'Illinois ont décidé. Le républicain Mark Kirk a remporté le siège de sénateur occupé récemment par Barack Obama, face au démocrate Alexi Giannoulias, recueillant 48% des voix, contre 46% pour son adversaire.

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En ce mardi 2 Novembre, jour des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, si les électeurs de l’Illinois en décident ainsi, Mark Kirk, candidat républicain, pourrait ravir au parti démocrate le fauteuil de sénateur occupé précédemment par un certain Barack Obama. Les sondages sont serrés, la campagne a été intense. Mark Kirk est donné légèrement favori.

Cette nuit, Mark Kirk a cependant quelques chances de s’installer au Sénat dans le siège laissé vacant par le président des Etats-Unis d’Amérique.

Si c’est le cas, ce sera vraiment la première fois de ma vie que je pourrai dire que je connais personnellement et depuis plus de trente ans un sénateur américain.

Les sénateurs aux Etats-Unis jouissent d’un prestige et d’un pouvoir considérables. Ils sont au nombre de 100 (deux par Etat). Le Sénat américain n’est pas une chambre d’enregistrement qui roupille, comme le Sénat français.

J’ai connu Mark par un concours de circonstances à la fin des années 70. Mark est un militaire de carrière, un peu espion, un peu pilote de chasse qui a vraiment fait la guerre. Il a d’ailleurs un peu exagéré la qualité de ses états de service dans la propagande électorale de sa récente campagne. Son adversaire démocrate ne s’est pas privé de le souligner. Mais comme le démocrate est l’héritier d’une famille de banquiers corrompus, l’effet des attaques contre Mark Kirk a été atténué.

Politiquement, Mark Kirk est un républicain très modéré. Il est pro-avortement et a souvent voté avec les démocrates les réformes sociales à la Chambre des Représentants où il a siégé pendant dix ans (cinq mandats successifs de deux ans dans une circonscription de la banlieue de Chicago). Dans un état du sud des Etats-Unis, il serait classé comme un démocrate dangereusement gauchiste.

J’ai passé un Noël mémorable dans la famille de Mark, près de Chicago, en 1989. De ce Noël, il y aurait presque de quoi faire un livre. Il faudrait que j’y songe. J’ai revu Mark à Washington ensuite quand j’y habitais.

Mark, Sénateur ? Dans le fauteuil d’Obama ? Le suffrage universel en décide aujourd’hui.

mardi 28 septembre 2010

Obama, this is the end


Nous aimons toujours brûler ce que nous avons adoré. Sarkozy, on l’a furtivement aimé, mais vite délaissé, comme une poupée cassée.

Mais regardez Obama ! L’icône black à la Maison Blanche ! Que de bonnes consciences rassasiées, que de larmes de joie versées... Martin Luther King vengé, l’Amérique comme on en rêve.

Et puis finalement, ça se résume à quoi, Obama ? A un Jimmy Carter en plus photogénique, un séduisant orateur de préau que plus personne n’écoute. Obama est juste un politicien américain dans la moyenne habituelle. Moins brillant finalement que Bill Clinton.

Obama va se prendre une grosse raclée en Novembre dans les élections du mid-term. Il ne va plus pouvoir gouverner (mais gouvernait-il encore ?) face à un Congrès hostile.

Il terminera son mandat en canard boiteux. Lame duck. The first black lame duck. Obama is History, already.

mardi 20 janvier 2009

Obama inspiré par Ségolène ?

Elle n’en rate pas une ! Ségolène Royal s’est propulsée à Washington pour assister à l’investiture de Barack Obama. Elle a décroché une invitation pour figurer parmi les 280.000 personnes pouvant contempler l’événement à distance assis sur une chaise.

A l’occasion de ce déplacement, la présidente du Poitou-Charentes a fait des déclarations surprenantes au journal « Le Monde ». Elle affirme, avec le culot dont elle est coutumière, qu’elle a "inspiré" la campagne électorale de Barack Obama.

"Oui, j'ai inspiré Obama et ses équipes nous ont copiés", déclare l'ancienne candidate du Parti socialiste à l'élection présidentielle, qui ne voit pas pourquoi elle "n'assumerait pas".

En 2007, Ségolène Royal est candidate tandis que Barack Obama n'est encore que prétendant à l'investiture démocrate pour la présidentielle américaine. Le sénateur de Chicago envoie une équipe à Paris étudier le site Désir d'avenir. "Chez nous ils ont enregistré les idées de 'gagnant-gagnant', de 'citoyen-expert'", explique Ségolène Royal au ‘Monde’.

Elle ajoute que l'équipe d'Obama a adapté son idée de "démocratie participative" à la mode américaine, en conservant son objectif de refonder la manière de faire de la politique.

Obama s’est peut-être « inspiré » de Ségolène Royal. Il a même dû perfectionner les méthodes de notre Ségo, car Obama a gagné l’élection américaine. Madame Royal a perdu la sienne. Mais ne le lui dites pas trop brutalement. Elle l’ignore encore.

lundi 19 janvier 2009

W blues.


Le pouvoir, le plus dur, ce n’est quand on l’exerce, c’est quand on le perd. En 1981, battu par Mitterrand, Giscard avait été terrassé par une profonde et réelle dépression nerveuse qu’il a cachée longuement en se réfugiant chez un ami au Canada. De Gaulle n’a pas survécu longtemps à sa démission forcée. Et pas davantage Mitterrand, très malade il est vrai dès sa prise de fonction.

Et George W. Bush ? Personne ne pense à lui. Tout se focalise sur Obama.

A l’heure où j’écris ces lignes, Bush passe ses dernières heures à la Maison Blanche. Il va y dormir une dernière nuit. Demain matin, il pourrait en théorie encore prendre quelques décisions, donner quelques ordres.

Il est, jusqu’à la dernière minute, le seul président en exercice des Etats-Unis d’Amérique. Si ça lui chante, au moment de son dernier petit déjeuner présidentiel, il peut envoyer un bombardier nucléaire sur Téhéran.

Mais plus vraisemblablement, George W. Bush s’habillera chaudement pour assister en extérieur à la mi-journée à la passation de pouvoir sur les marches du Congrès.

A midi pile (18 h en France), Barack Obama prêtera serment et deviendra le seul et unique patron.

George W. Bush ne sera plus qu’un ex-président. Il montera dans un hélicoptère jusqu’à la base militaire d’Andrews, près de Washington. Là, pour la dernière fois, l’attendra le Boeing « Air Force One » qui le conduira au Texas.

C’est le dernier voyage à bord de l’appareil présidentiel. Même Richard Nixon, fuyant l’infamie du Watergate, avait pu en profiter après avoir laissé les clés du pays à Gerald Ford.

Et pendant que l’Amérique en liesse fêtera la prise de fonction d’Obama, George W. Bush retrouvera son ranch de Crowford au Texas. C’est là qu’il passera la soirée. C’est là qu’il dormira blotti auprès de son épouse Laura.

Aura-t-il des cauchemars ? A quoi pensera-t-il en se réveillant mercredi matin ? Se dira-t-il que, finalement, huit ans, ça passe vite ?

dimanche 18 janvier 2009

Ciao Gérard ! Hello, Barack !

Enfin une bonne nouvelle ! Depardieu annonce au ‘Journal du Dimanche’ qu’il a l’intention de quitter la France, sans soute pour l’Italie. Vas-y, Gérard, personne ne te retient. Le cabotin national exprime aussi dans le ‘JDD’ son dégoût pour le cinéma : « J’ai très peu de plaisir à voir des films, y compris les miens. » Là encore, nous approuvons. On peut encore éprouver du plaisir à voir des films (comme « Slumdog Millionaire » évoqué ici hier), mais ce sont des films où ne figurent pas Depardieu ni aucun membre du troupeau lourdaud des acteurs et actrices français (Jugnot, Balasko, Lanvin, Deneuve, Auteuil et j’en passe.)

Sur un autre sujet, je redoute une forte remontée de l’Obamania, à l’occasion de l’investiture du nouveau président américain. Les Français, aveuglés par une méconnaissance crasse entretenue par des médias complaisants, vont vite déchanter. Ils s’imaginent qu’Obama, c’est tout à la fois Besancenot, Che Guevara et Mère Thérésa. On va se rendre compte très vite qu’Obama, tout brillant et charismatique qu’il puisse être, n’est qu’un dirigeant centriste qui s’attachera avant tout à sauver son pays de la déroute en ne faisant aucun cadeau au reste du monde. Obama sera contraint de poursuivre longtemps les guerres commencées par Bush et, en dépit de ses vagues promesses, il ne fermera pas Guantanamo la semaine prochaine.