"Ce qui barre la route fait faire du chemin" (Jean de La Bruyère - 'Les Caractères')
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dimanche 29 mai 2011

Le CSA censure Facebook et Twitter !




Le CSA, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, organisme régulateur croupion à qui Nicolas Sarkozy a enlevé le droit de nommer les patrons des chaines publiques, frappe de ses petits poings sur sa table en contre-plaqué pour interdire aux télévisions de citer le nom des réseaux sociaux à l’antenne. Plus question de parler de «Twitter» ou de «Facebook» sur les chaines françaises ! Ce serait de la pub clandestine.
Voici le communiqué du CSA :
«Le Conseil a été saisi par une chaîne de télévision de la conformité à la réglementation en matière de publicité des renvois aux pages consacrées à ses émissions sur des sites de réseaux sociaux. Il considère que le renvoi des téléspectateurs ou des auditeurs à la page de l’émission sur les réseaux sociaux sans les citer présente un caractère informatif, alors que le renvoi vers ces pages en nommant les réseaux sociaux concernés revêt un caractère publicitaire qui contrevient aux dispositions de l’article 9 du décret du 27 mars 1992 prohibant la publicité clandestine.»
Décision d’une grande modernité, fondée sur un décret datant de presque 20 ans, prise juste après le eG8 qui a rassemblé à Paris le gratin mondial de l’Internet. Le président Sarkozy a même reçu à l’Elysée en tête-à-tête le jeune patron de «Facebook» Mark Zuckerberg. Ce dernier a même offert à cette occasion au chef de l’Etat un tee-shirt orné du logo de sa célèbre entreprise. Encore de la publicité clandestine ?







Les chaines de télé française qui ont presque toutes des pages officielles sur «Facebook» devront-elles les fermer ? Ou ne plus jamais en parler ? Ou bien dire, de manière hypocrite : «Rendez-vous sur notre page officielle du réseau social dont le nom commence par la lettre F» ?
A la prochaine révolution arabe (ou autre), il sera donc interdit aux journalistes de dire que les manifestants ou les opposants communiquent sur «Twitter» ou «Facebook» ?
Les mots «Microsoft»«Apple» «Google» seront-ils aussi bannis des antennes publiques par ce Conseil de rétrogrades ?
J’espère que cette décision grotesque et moyenâgeuse sera quotidiennement bafouée par les chaines de télé et que le CSA sera confronté à sa pathétique ringardise.

jeudi 20 janvier 2011

Facebook : Pécresse en détresse


Avouons-le : Valérie Pécresse, vous avez tout pour plaire. Vous êtes blonde, avenante et généralement souriante.
Vous êtes née un 14 juillet. Vos parents ont visé juste. Vous avez vu le jour à Neuilly-sur-Seine, piste d’atterrissage enviable. Jusque là, un sans faute.
Vous êtes diplômée d’HEC et de l’ENA. On a vu pire comme cursus.
Depuis 2007 et la prise du pouvoir par qui vous savez, vous êtes en charge de l’enseignement supérieur. C’est-à-dire que vous vous occupez en principe de l’avenir de la jeunesse de France.
On peut même dire que vous êtes responsable de l’élite de la Nation, celle qui poursuit des études longues. Une jeunesse qui, comme vous ne l’ignorez pas, est immergée dans Internet et les réseaux sociaux.
Hier soir, comme ministre de cette jeunesse hyper-connectée, vous étiez invitée dans l’émission «Face aux Français» animée par Guillaume Durand sur France 2.
Dans le fil de la discussion portant sur la rapidité des évolutions technologiques, chère Valérie, vous vous êtes enflammée en disant, de manière péremptoire (et sans être contredite) :
«Quand on pense que ‘Facebook’ n’existait pas il y a un an !»
Bon, Valérie, ce n’est pas grave. Tout le monde peut se tromper. Mais quand même, il faudrait lire plus attentivement les fiches préparées par vos conseillers.
S’ils vous concoctent des fiches avec des erreurs grossières de ce genre, il faut les virer d’urgence.
Malgré tout, Valérie, vous n’avez que 43 ans. Il faut sortir le soir, pas seulement dans les cocktails de l’UMP.
Il faut aller au cinéma, par exemple pour voir l’excellent film «The social network» de David Fincher. Dans ce film, un des plus gros succès de la saison, vous auriez découvert l'invention de «Facebook» par un étudiant de Harvard, Mark Zuckerberg.
Créé en octobre 2003, le réseau «Facebook» est devenu ensuite accessible au monde entier en septembre 2006. Mais Facebook est né il y a plus de 7 ans à Harvard. Comme le temps passe !
Vous connaissez sûrement Harvard, au moins de nom, Valérie. C'est une grande université américaine. Vous n'êtes, il est vrai, que ministre des universités françaises. Vous ne boxez pas dans la même catégorie.
Je le répète, Valérie, votre méprise est une broutille. «Facebook» n’existait pas il y a un an, dites-vous. C’était il y a 7 ans, on ne va pas chipoter. Quelle importance, après tout !
Vous n’avez pas réactualisé votre page «Facebook» depuis le 2 juin 2010. Saviez-vous d’ailleurs que vous aviez une page à votre nom sur le réseau social qui réunit aujourd’hui plus de 500 millions de terriens ? Ou cette page était-elle remplie par vos conseillers zélés ?
Valérie, vous êtes trop charmante pour qu’on vous jette une souris à la figure. Vous savez, la souris d’ordinateur, cet objet bizarre que Jacques Chirac appelait un «mulot». Vous aviez été attendrie par la naïveté de l’ancien président. Vous qui vous présentiez à l’époque comme une spécialiste de l’Internet, vous aviez volé au secours du chef de l’Etat et vous êtes devenue une de ses collaboratrices, experte digitale.
Grâce à vous, d’après ce que vous avez raconté publiquement, Jacques Chirac a pu aller consulter lui-même les résultats de Sumo sur Internet. Vous avez alors apporté une aide décisive à la République. Jacques Chirac n’aurait pas survécu sans les scores de ce sport qu’il affectionne tant. Avant d’avoir découvert Internet grâce à vous, le président harcelait l’ambassade de France à Tokyo pour qu’on lui communique le classement du championnat japonais de Sumo (histoire vraie).
Mulot, souris, 1 an, 7 ans. Ne barguignons pas. C’est un détail, un détail de l’Histoire, comme disait l’autre.
Il n’empêche que ces imprécisions accumulées font un peu frémir. Votre défi, chère Valérie, va être de rétablir votre crédibilité, déjà bien émoussée, auprès des étudiants français dont vous êtes la ministre et qui utilisent «Facebook» depuis beaucoup plus longtemps que vous ne l'imaginiez.
Quand des ministres de la Santé (pendant des années) permettent la vente d'un médicament mortel, quand une ministre des Affaires Etrangères n’anticipe pas la première révolution populaire dans un pays arabe, quand une ministre de l’Enseignement Supérieur est à ce point ignorante de l’évolution des technologies (et «Facebook» en est un épisode majeur), le citoyen peut légitimement se poser une question toute simple : par qui est-on gouverné ?

lundi 18 octobre 2010

'The Social Network' - enfin la version française !



Tentons d'imaginer la version française du film "The Social Network" (le film sur Facebook) dont j’ai déjà parlé ici.

La version française est produite par France 3 Limousin et c'est en noir et blanc (ça fait chic et c’est moins cher).

Entre deux tournées générales de Picon Bière dans un bar de Limoges, le personnage principal, un ingénieur aux PTT incarné par Gérard Depardieu, invente le Minitel.

Tout le monde trouve ça génial dans l’hexagone. C’est un machin subventionné par de l’argent public (rien de mieux en France).

Le Minitel ne dépasse pas les frontières nationales. C’est tout ce qu’on recherche chez nous : on ne va quand même pas commencer à se faire emmerder à distance par des étrangers !

Le Minitel connaît à l’époque un essor considérable en France. Il est hélas injustement ignoré ailleurs. La France, superbe, se drape dans sa dignité.

A la fin du film, Depardieu, ingénieur des PTT vieillissant, est devant un vieux Minitel. Il tape avec frénésie : 3615 code Ulla. Personne ne répond.

mercredi 13 octobre 2010

"The Social Network"

Voici un film qui donne le tournis : « The Social Network » réalisé par David Fincher sur un scénario et des dialogues (éblouissants, le scénario et les dialogues) d’Aaron Sorkin (le créateur de la série télé « The West Wing »).

L’histoire est connue : il s’agit de la naissance et de l’expansion du réseau social « Facebook ».

Oui, ce film donne le tournis car l’histoire qu’il raconte est fulgurante. Un gamin de 19 ans, étudiant en informatique à Harvard, fabrique un site Internet d’abord réservé aux étudiants de la fameuse université proche de Boston.

Six années plus tard, le créateur pèse 20 milliards de dollars. Le site universitaire est devenu mondial. « Facebook » touche un demi-milliard de terriens, un habitant sur 14 de notre planète. Dans l’histoire de l’humanité, dans l’histoire de la communication, il n’y a aucun précédent. L’imprimerie de Gutenberg a mis des siècles à se propager. Créé il y a six ans, le site « Facebook » relie potentiellement un demi-milliard de personnes, partout dans le monde, en permanence et en temps réel.

Le film de Fincher n’est pas triomphaliste. Il ne nous présente pas une « success story ». La réussite incroyable de « Facebook » n’est pas forcément une bonne nouvelle.

Le personnage principal, c’est Mark Zuckerberg, le créateur de « Facebook ». Il a aujourd’hui 26 ans. C’est le plus jeune milliardaire au monde. Aucun film n’a été consacré auparavant à l’ascension d’un personnage aussi jeune. Aucun film n’a jamais été réalisé sur Bill Gates ou sur Steve Jobs. Mais sur Mark Zuckerberg, c’est fait.

Fincher nous propose un film haletant à partir d’un sujet qui est, a priori, non cinématographique : des écrans d’ordinateurs, des étudiants bavards et des avocats qui dialoguent dans des salles de réunion. Malgré cela, l’intensité est à son maximum.

Les acteurs sont parfaits, à commencer par Jesse Eisenberg qui incarne le personnage principal, celui de Mark Zuckerberg. Justin Timberlake (meilleur acteur que chanteur) est très convaincant dans le rôle de Sean Parker, celui qui donne le déclic capitaliste qui permet à « Facebook » d’acquérir une dimension planétaire.

La grande force de ce film, c’est que le réalisateur évite de nous proposer un documentaire sur « Facebook ». En réalité, « Facebook » est à peine évoqué dans son fonctionnement. C’est un prétexte, un support pour montrer les rivalités et les rapports de force entre les personnages.

Pendant la projection, j’ai pensé à « Citizen Kane » d’Orson Welles. Le sujet est voisin : il s’agit de l’ascension d’un magnat de la presse, personnage inspiré de William Randolph Hearst. On reste dans l’univers de la communication. Orson Welles n’avait que 25 ans au moment du tournage. Aujourd’hui, c’est sans doute Welles qui aurait inventé « Facebook ».

En voyant « The Social Network », j’ai également pensé à Balzac. Il y a dans la personnalité de Mark Zuckerberg des ressemblances avec Rastignac. Et dans le film, le cofondateur de « Facebook », évincé et grugé, plus pur et moins vorace (Eduardo Severin joué par l’excellent Andrew Garfield) fait inévitablement penser à Lucien de Rubempré.

Au XXIème siècle, comme chez Balzac, Rubempré se fait avoir. Rastignac s’en sort toujours.

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A lire (en anglais) le très bon (et très rare) portrait de Mark Zuckerberg - c'est dans 'The New Yorker' : http://www.newyorker.com/reporting/2010/09/20/100920fa_fact_vargas?currentPage=all

mercredi 29 septembre 2010

De l'usage de Facebook


CHRONOPHAGE

Je pratique Facebook depuis environ 3 ans. Je dois avouer qui j’y passe beaucoup trop de temps. Au total, si je suis honnête avec moi-même et en tenant compte de l’usage par iPhone, je passe en moyenne deux heures par jour sur Facebook, sachant que l’usage peut être combiné parallèlement avec d’autres activités sur Internet. Mais ce réseau social est chronophage et addictif .

AMIS ET AMIS

J’avais le mois dernier 694 « amis ». Ce sont des amis réels ou virtuels. J’ai fait le décompte : sur le 694 inscrits comme « amis », je n’en connais vraiment physiquement que 256. J’ai fait un tri : j’ai éliminé les inconnus amorphes, les crétins radoteurs et les idéologues que j’avais admis par erreur dans mes « friends » ainsi que deux ou trois personnes un peu « collantes ».

AU QUOTIDIEN

Je mets presque tous les jours un « statut » qui est quelquefois un commentaire sur l’actualité, ou bien une réflexion sur l’air du temps ou encore un résumé de mes activités en cours (en étant très allusif). Très souvent sur Facebook, je laisse des liens avec des articles de sites d’info qui m’ont intéressé. Je ne laisse que très rarement des liens avec des vidéos. Je déteste certains gadgets disponibles sur Facebook du genre « envoyer un baiser, un cœur, etc » Je rejette aussi toute participation à des concours de listes (vos chanteurs préférés, vos films préférés) et toutes ces choses de potaches.

PARTAGE DE PHOTOS

Je mets aussi très régulièrement des photos personnelles sur mon « mur » (photos prises dans la rue ou en voyage). Je pense à ce sujet que Facebook est un très bon outil de partage des photos, beaucoup plus pratique que Flickr par exemple, même si sur Facebook on ne peut pas mettre de grandes photos.

MES DÉPLACEMENTS

J’interviens aussi sur Facebook avec mon Iphone. Comme je prends très souvent le train à travers la France, l’une de mes petites manies est d’indiquer l’évolution de mon voyage, en particulier les éventuels retards. Ces notations ferroviaires amusent beaucoup certains de mes « friends » qui les commentent souvent. Il y a quelques mois, mon TGV avait été heurté par des sangliers et bloqué en rase campagne. Je l’avais immédiatement signalé sur Facebook. Cela m’a valu une avalanche de commentaires assez rigolos. C’est ce qui me plait à propos de ce système : savoir ce que fait telle ou telle de ses connaissances. Cela n’a de sens que pour des personnes que l’on connaît vraiment (les « friends » inconnus, ce qui leur arrive, je m’en fous). Pouvoir les localiser, connaître leur humeur du jour. Ce type d’information très infime ne justifierait pas un mail ou un appel téléphonique. Mais en quelques mots, sur Facebook, on donne de ses nouvelles à une grande quantité de gens que l’on connaît de près ou de loin. Et on en reçoit de la même manière.

PAS ADEPTE DU « CHAT » EN DIRECT

Il y a une option de Facebook que je n’utilise presque jamais : c’est le « chat » en direct. La principale raison, c’est que je ne tiens pas à faire savoir que je suis connecté à Facebook à ce moment-là, surtout si c’est à une heure bizarre. Je fais parfois une rapide incursion sur la liste des personnes connectées sur le « chat ». Je ne reste que si je trouve un interlocuteur qui habite loin à l’étranger. Le décalage horaire, à ce moment-là, me semble une bonne motivation pour dialoguer sur le « chat ».

LA FIN DE L’E-MAIL ?

Je m’aperçois que je ne communique désormais plus que par Facebook avec certains de mes vrais amis. Je leur envoie des « messages personnels » sur Facebook et ils me répondent de la même manière, tout simplement parce que je possède pas leur e-mail ou que j’ai la flemme de les rechercher ou vérifier. Pour ces quelques personnes, Facebook a remplacé l’e-mail classique.

LE « POKE »

Je pratique de manière passive la fonction « poke ». Je reçois tous les jours des « pokes » de 5 ou 6 personnes (que je connais personnellement). C’est une façon de dire « coucou » et rien de plus. Je réponds toujours aux « pokes » que je reçois par un renvoi de poke.

CONFIDENTIALITÉ

Je ne fais pas de parano mais je suis prudent. Je fais toujours très attention à ce que j’écris sur Facebook à propos de ma vie personnelle et de ma vie professionnelle. Aucune mention du boulot (les conflits, les problèmes, les collègues, les chefs) et rien de précis sur la vie privée (surtout en ce qui concerne le sexe !). Aucune des photos que j’ai mises en ligne ne peut faire polémique et ne pourrait, à mon avis, me poursuivre plus tard. Je n’ai jamais vu de photos embarrassantes me représentant et ayant été postées par d’autres participants à Facebook.

LES BONS CÔTÉS

Facebook m’a permis de renouer avec 5 ou 6 personnes que j’avais perdues de vue et que j’ai revues en chair et en os, grâce à Facebook. Toujours grâce à Facebook, j’ai pu entrer en contact avec 3 ou 4 personnes que j’avais envie de rencontrer dans mon milieu professionnel. Le fait que nous soyons « friend » sur Facebook a permis des rencontres. Cela, dans certains cas, a débouché sur une relation suivie, entretenue par les notules régulières dispensées par Facebook.

HUMOUR

Facebook est un système ludique et malléable. Je n’utilise pas toutes les fonctions, seulement celles qui me sont utiles, souvent les plus simples. J’y trouve beaucoup d’humour car mon panel de « friends » connus ou inconnus pratique plutôt l’humour. C’est en fait ce que je préfère : mettre des commentaires acerbes, en recevoir. C’est du ping-pong. C’est un jeu parfois très drôle.

UNE COMMUNICATION QUI N’ENGAGE À RIEN

C’est un jeu mais aussi une forme de communication, superficielle, anodine qui entretient un contact ténu entre des individus. Il y a des gens à qui on n’aurait pas jugé indispensable de téléphoner, encore moins de voir « en vrai ». Mais on a des nouvelles, souvent très vagues et anecdotiques, grâce à quatre mots sur Facebook. C’est minimal et rassurant. Ça n’engage à rien. Il n’y a pas d’effort, pas d’implication personnelle forte.

JE NE SUIS PAS MORT, JE SUIS SUR FACEBOOK

Finalement, Facebook, c’est une manière de dire rapidement et régulièrement à une large liste d’amis réels ou fictifs : « j’existe, je fais des trucs, j’ai un petit commentaire à placer sur l’actualité, un jeu de mot à balancer. » Bref, Facebook, ça sert à dire : « je ne suis pas mort même si vous ne me parlez pas et si je ne vous parle pas non plus.»