"Ce qui barre la route fait faire du chemin" (Jean de La Bruyère - 'Les Caractères')
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lundi 24 janvier 2011

Petite exploration des archives de 'Tunis Afrique Presse'


Le bon côté d’Internet, c’est que rien ne se perd, tout se retrouve. J’ai exploré la mémoire de l’agence de presse «Tunis Afrique Presse» (TAP), l’agence tunisienne qui dispose, de fait, du monopole de diffusion des informations en Tunisie à destination des médias du pays.

J’ai sélectionné à votre intention quelques dépêches datant de la fin du régime de Ben Ali. Vous noterez que la dernière dépêche date du 8 janvier de cette année. Elle porte sur la visite en France du ministre tunisien des Affaires Etrangères reçu par son homologue Michèle Alliot-Marie.

J’ai souligné dans chaque dépêche (que je publie intégralement) les passages qui me semblent les plus significatifs de l’attachement de la France au pouvoir qui était en place en Tunisie jusqu’aux événements récents.

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Le secrétaire général du RCD s'entretient avec l'ambassadeur de France à Tunis

TUNIS, 23 déc 2009 (TAP) - M. Mohamed Ghariani, secrétaire général du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), s'est entretenu, mercredi, au siège de la Maison du Rassemblement à Tunis, avec M. Pierre Menat, ambassadeur de France à Tunis.

La rencontre a porté sur les relations séculaires et privilégiées établies entre la Tunisie et la France et les moyens de les promouvoir et d'impulser la coopération bilatérale et d'en diversifier les domaines, dans le cadre de la ferme volonté politique qui animent les dirigeants des deux pays, le président Zine El Abidine Ben Ali et le président Nicolas Sarkozy au service des intérêts des deux peuples et pays amis.

M. Ghariani a souligné que le Rassemblement, ce parti prestigieux se distingue par une forte présence dans la société tunisienne ainsi que par son interaction positive avec les mutations de l'époque et son adhésion aux valeurs de modernité et d'ouverture.

Le secrétaire général du Rassemblement a mis l'accent, dans ce contexte, sur le progrès enregistré dans le pays ainsi que sur son image rayonnante à la faveur du projet civilisationnel avant-gardiste initié par le président Ben Ali qui a jeté les fondements d'une société évoluée et stable en parfaite symbiose avec les nouvelles formes de démocratie et de pluralisme et attachée à son identité nationale.

Pour sa part, l'ambassadeur français a exprimé son admiration pour le modèle réussi de développement en Tunisie, grâce au processus réformateur soutenu, initié par le président Ben Ali, réaffirmant la volonté de son pays de consolider la coopération avec la Tunisie et d'appuyer son statut avancé dans ses relations avec l'Union Européenne.

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Le ministre par intérim, chargé de la Communication, reçoit le ministre français de la culture et de la communication

TUNIS, 29 déc 2009 (TAP) - "Ma visite en Tunisie est porteuse d'un message de confiance et d'amitié du Président français Nicolas Sarkozy, à la Tunisie", a affirmé M. Frédéric Mitterrand, ministre français de la Culture et de la Communication, actuellement en visite officielle en Tunisie.

M. Mitterrand qui s'exprimait mardi à Tunis, à l'issue d'un entretien avec M. Oussama Romdhani, ministre par intérim, chargé de la Communication et des relations avec la Chambre des députés et la Chambre des conseillers, a ajouté que cette visite revêt une dimension "affective et d'amitié chaleureuse" et ne manquera pas de conforter une fois de plus la qualité des relations entre les sphères politique et culturelle des deux pays.

"Il y a un désir très fort et très solennel, concrétisé par la présence d'un ami de la Tunisie, en l'occurrence moi-même, de réaffirmer très fortement le caractère intangible et fondamentalement harmonieux entre les deux pays", a soutenu le ministre français qui s'est déclaré "très honoré d'être citoyen tunisien grâce à la volonté du président Zine El Abidine Ben Ali, et ce autant que citoyen français".

Par ailleurs, le ministre français a souligné que cette visite a pour objectif d'examiner avec les responsables tunisiens les différents volets de la coopération tuniso-française et en particulier dans les domaines de la Culture et de la Communication et les moyens de les renforcer.

La rencontre a permis de passer en revue l'évolution que connaît le paysage médiatique dans les deux pays et à travers le monde.

M. Romdhani a, à cette occasion, mis en exergue les défis que la Tunisie s'emploie à relever dans ce domaine, notamment, la promotion du secteur de l'information, conformément aux objectifs fixés dans le programme du président Ben Ali pour le prochain quinquennat.

La rencontre a, en outre, offert l'occasion d'étudier les moyens de renforcer la coopération bilatérale notamment dans les domaines de la formation, de la transmission audiovisuelle et de l'échange de journalistes.

Les deux ministres ont discuté d'actions communes en matière de formation de journalistes et de coopération dans le domaine du patrimoine et des archives de l'histoire tunisienne et de permettre à la Tunisie de récupérer les composantes de sa mémoire audiovisuelle auprès des institutions françaises concernées.

L'entretien s'est déroulé en présence de M. Pierre Ménat, ambassadeur de France à Tunis



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Les activités du Président Zine El Abidine Ben Ali - 14 mai 2010

Tunisie/Syrie: Le Chef de l'Etat reçoit M. Mohamed Neji El-Otri, président du Conseil des ministres de la République arabe syrienne. L'entretien porte notamment sur les perspectives de coopération entre la Tunisie et la Syrie, à la lumière des résultats de la haute commission mixte tuniso-syrienne.

Agriculture biologique / Distinctions: Le président de la république honore un investisseur en agriculture biologique dans le gouvernorat de La Manouba, en le décorant des insignes d'officier de l'ordre de la République et en lui décernant le grand prix du Président de la République pour la promotion des activités agricoles dans le domaine de l'agriculture biologique, en considération pour l'œuvre qu'il entreprend pour la promotion de l'agriculture biologique et la commercialisation de ses produits, sous label autonome tunisien entièrement destiné à l'exportation, lui valant plusieurs distinctions mondiales.

Tunisie / France: Entretien téléphonique entre le Président Zine El Abidine Ben Ali et le Président français Nicolas Sarkozy. Les deux chefs d'Etat discutent de l'évolution des relations bilatérales et des perspectives de leur consolidation et de l'intensification de la coopération bilatérale, afin d'aller de l'avant sur la voie du partenariat entre les deux pays et de hisser la coopération tuniso-française aux plus hauts niveaux.

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Ouverture officielle des premières journées audiovisuelles de Tunis

TUNIS, 26 oct 2010 (TAP) - Les premières journées audiovisuelles de Tunis se sont ouvertes officiellement, mardi, par MM. Abderraouf El Basti, ministre de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine et Frédéric Mitterrand, ministre français de la Culture et de la Communication, en présence de l'ambassadeur de France à Tunis, Pierre Ménat, de plusieurs responsables de chaînes tunisiennes et françaises, ainsi que d'une pléiade de professionnels de l'audiovisuel, d'artistes, d'hommes de culture et de communication.

Dans son intervention, M. El Basti a souligné que la révolution numérique sans précédent impose aujourd'hui de nouvelles règles et génère de grands défis et des enjeux considérables qui consistent à préserver la diversité culturelle et à favoriser le dialogue des cultures dans un monde où une profusion d'images et de sons véhicule toutes sortes de messages stéréotypés.

Dans le but de rapprocher les hommes, les valeurs, et les cultures, afin de mieux se comprendre et à dépasser les préjugés et les jugements hâtifs, il a rappelé que la Tunisie s'est engagée depuis plus de deux décennies sur une voie de réformes graduelles qui ont permis de diversifier l'offre nationale dans le secteur audiovisuel par la création de nouvelles chaînes publiques et privées, généralistes et thématiques et d'intégrer les nouveaux réseaux numériques et le Web.

Dans cet élan de diversification et d'ouverture, a-t-il enchaîné, cette rencontre est de nature à permettre de dépassionner des débats qui furent souvent assez tendus par le passé en dissipant un certain nombre de malentendus et en oeuvrant pour une représentation plus objective et plus équilibrée des réalités tunisiennes sur les écrans français.

En effet, cette rencontre tire son importance des possibilités qui s'offrent pour ouvrir de nouvelles perspectives de coopération tant au niveau bilatéral qu'à celui de la Méditerranée en vue d'améliorer la circulation des oeuvres entre la Tunisie et la France et entre les deux rives de la Méditerranée.

Il s'agit aussi d'oeuvrer en vue de faire connaître le dynamisme de la création cinématographique et audiovisuelle tunisienne en France et mieux soutenir la production cinématographique nationale par des mécanismes à inventer et qui permettent une meilleure application de l'accord-cadre de co-production.

Prenant la parole, M. Frédéric Mitterrand a tenu à introduire son allocution par un poème de Chebbi, "cet homme, dit-il, qui incarne l'âme d'un pays que j'aime et que nous aimons tous, pour dire, à travers ce symbole, que les rêves des jeunes en cette année internationale de la jeunesse, sont au coeur même de ces journées".

Se présentant pour la première fois devant un si large public depuis sa nomination en tant que ministre, il a mis en exergue "l'attachement et la grande amitié qu'il attache à la Tunisie où se tient cette rencontre unique en son genre pour les deux pays".

Dans ce sens, a-t-il ajouté, ces rencontres sont une réelle opportunité devant le développement des échanges audiovisuels.

Il s'est, dans ce contexte, félicité de la signature d'une convention entre la Télévision tunisienne et l'Institut national de l'audiovisuel (INA) portant sur la remise d'une copie du fonds numérisé, symbole de la mémoire commune.

Par ailleurs, le ministre français a mis l'accent sur l'importance de la circulation des programmes entre les deux pays, en vue de mieux faire connaître la Tunisie, la richesse de la création et la diversité de la culture tunisienne sur les écrans français.

Cela dit, pour mieux appréhender l'essentiel des enjeux et le dialogue, la Méditerranée reste au coeur de nos préoccupations, a-t-il ajouté, espérant voir naître "le rêve d'un audiovisuel méditerranéen pour rapprocher davantage les deux rives de notre mer commune".

Il est à rappeler que ces journées sont organisées du 25 au 27 octobre par l'ambassade de France en Tunisie, en marge des journées cinématographiques de Carthage (JCC 2010) et en collaboration avec le ministère de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine et le ministère de la Communication.




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Le ministre des affaires étrangères en visite de travail en France

PARIS, 08 jan 2011 (TAP)- M. Kamel Morjane, ministre des affaires étrangères, a effectué vendredi, une visite de travail en France au cours de laquelle il a été reçu au Quai d'Orsay à Paris par Mme Michèle Alliot-Marie, ministre d'Etat, ministre des affaires étrangères et européennes.

Cette visite, qui s'est déroulée dans une atmosphère chaleureuse et amicale, a permis de souligner l'excellence des relations d'amitié et de coopération entre les deux pays, lesquelles relations ont connu ces dernières années un saut qualitatif, tant sur le plan politique, qu'économique et social, conformément à la volonté des Présidents Zine El Abidine Ben Ali et Nicolas Sarkozy.

Au cours de leur entretien, les deux ministres ont convenu de renforcer les concertations périodiques entre hauts responsables des deux pays.

Sur le plan bilatéral, M. Morjane, s'est félicité du renforcement de la contribution française aux efforts de développement de la Tunisie, et proposé d'insuffler une nouvelle dynamique à la coopération bilatérale dans tous les domaines. A cet égard, les deux ministres ont évoqué les voies d'une mise en œuvre plus efficiente de l'accord bilatéral en matière de gestion concertée de la migration et du développement solidaire.

Mme Alliot-Marie a exprimé, à ce sujet, sa confiance dans les choix et le modèle de développement de la Tunisie.

L'entretien a également permis de procéder à un large échange de vues sur les questions régionales et internationales d'intérêt commun, notamment l'évolution des relations de la Tunisie avec l'Union Européenne, les relations Euro-Méditerranéennes, le Moyen-Orient, l'Afrique ainsi que la coopération triangulaire au profit des pays africains.



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Je ne fais pas de commentaires. Vous les ferez vous-même.

samedi 22 janvier 2011

Klarsfeld-Céline : 1-0


Louis-Ferdinand Céline, s’il vivait encore, n’aurait sans doute pas écrit des choses aimables sur Serge Klarsfeld. Il aurait même probablement déversé un tombereau d’ignominies sur le célèbre chasseur de Nazis. Serge Klarsfeld est Juif et Louis-Ferdinand Céline n’en épargnait aucun de sa vindicte obsessionnelle.

Dans le combat inégal entre Céline et Klarsfeld, c’est ce dernier qui vient de triompher. Céline a contre lui l’inconvénient majeur d’être mort. Mort depuis 50 ans exactement. Et c’est là tout le problème.

Comme tous les ans, le ministère de la Culture fait établir par des spécialistes une liste de personnalités ou événements à commémorer.

Vous savez ce que je pense de cette manie française de ressasser le passé (cliquez ici pour lire une note précédente).

La liste 2011 vient d’être publiée. Elle énumère 500 anniversaires : mort ou naissance de personnalités éminentes dans tous les domaines, artistique, littéraire, scientifique, politique. On y trouve aussi des dates marquantes de l’Histoire de France.

En cette année 2011, la liste mentionnait le nom de l’écrivain Louis-Ferdinand Céline, mort et enterré à Meudon en 1961, il y a un demi-siècle.

Serge Klarsfeld s’est étranglé en voyant figurer Céline dans la liste officielle validée par le ministère de la Culture. Il a aussitôt demandé que le nom de Céline soit retiré en déclarant : «La célébration de Céline torturerait nos mémoires d’orphelins d’une Shoah avant et pendant laquelle le talentueux délire de Céline a vigoureusement nourri la haine antijuive.»

Il est vrai que Céline n’avait pas attendu l’Occupation pour cracher son venin sur les Juifs, dans «Bagatelles pour un massacre» (1937) et dans «l’Ecole des cadavres» (1938). Ces deux pamphlets (qui avaient connu à leur parution un grand succès) sont effectivement ignobles. L’antisémitisme maladif de Céline s’est ensuite manifesté sans cesse dans de nombreux autres écrits virulents. Céline est allé si loin dans sa haine des Juifs que le régime de Vichy, pourtant peu farouche en la matière, en était embarrassé.

Ce qui n’a pas empêché l’écrivain d’accompagner la clique du Maréchal dans sa fuite en 1944-1945 à Sigmaringen. Dans son livre «D’un château l’autre», Céline raconte avec une ironie ravageuse l’équipée pathétique d’un régime en déroute. A la Libération, Céline fut condamné puis gracié et continua à écrire jusqu’à sa mort, il y a cinquante ans. Gallimard était devenu son éditeur. Céline a d’ailleurs les honneurs de la collection de «La Pléiade».

Le parcours idéologique abject de Céline est parfaitement connu. Mais son œuvre littéraire est unanimement reconnue comme l’une des plus novatrices du XXème siècle. Qui n’a pas lu «Mort à Crédit » ou «Voyage au bout de la nuit» passe à côté de monuments de la littérature. Céline est au niveau de Proust, Joyce ou Faulkner.

L'intention des auteurs de la liste du ministère n'était pas d'organiser le transfert au Panthéon des cendres de Céline à côté de celles de Jean Moulin. Il s'agissait seulement de mentionner, parmi beaucoup d'autres noms, un écrivain français majeur.

Mais Serge Klarsfeld, au nom de la Shoah, considère que Céline n’est pas digne de figurer dans une liste longue de 500 entrées, les anniversaires du calendrier 2011. Il en appelait à l’arbitrage de Nicolas Sarkozy.

C’est le ministre de la Culture, Frédéric Mitterrand, qui a été chargé de donner raison à Serge Klarsfeld. Le ministre, homme cultivé et intelligent, s’est fendu d’une déclaration contrite, sans doute sa punition après des propos indulgents très critiqués à l’égard du régime de Ben Ali. Serge Klarsfeld a félicité le ministre pour son «courage».

Céline a été prestement retiré du catalogue commémoratif officiel, sans que le comité ayant choisi les noms ait été consulté ni même averti.

Céline est évincé post mortem, malgré son génie, à cause de son antisémitisme notoire.

Rassurez-vous : dans la liste, figurent toujours Eugène Scribe (dramaturge mort il y a cent ans), Henri Troyat et Hervé Bazin (romanciers nés il y a un siècle tous les deux).

La France a fait officiellement ce choix : oui à Scribe, Troyat et Bazin. Non à Céline.

Sur le nom de Céline, faites le test Google (encore un truc qui n’existait pas encore il y a un an, doit penser Valérie Pécresse...). Mettez-vous à la place d’un jeune Français voulant se faire une idée sur le meilleur et le pire de Céline.

Tapez tout simplement «Céline» dans le moteur de recherche. Vous tomberez aussitôt sur des pages et des pages consacrées à Céline. A Céline Dion, précisons-le. Ensuite vous trouverez des pages et des pages dévolues à Céline, la marque de prêt-à-porter féminin de luxe. Sur Google, apparaît ensuite la chanson d’Hugues Auffray intitulée «Céline» et ces paroles : «Dis-moi, Céline, les années ont passé...»

Oui, pour Louis-Ferdinand Céline, les années ont passé, 50 exactement depuis sa mort. La France de la culture officielle l’a effacé comme l’URSS de Staline faisait disparaître les personnages bannis des livres d’Histoire et des photographies, habilement retouchées.

Serge Klarsfeld appelle ça du «courage». Cela ressemble surtout à de la censure.