"Ce qui barre la route fait faire du chemin" (Jean de La Bruyère - 'Les Caractères')
Affichage des articles dont le libellé est Japon. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Japon. Afficher tous les articles

vendredi 14 octobre 2011

East meets West - un bistrot nippo-italien à Paris

Rue Beaurepaire, Paris 10ème arrondissement. L'artère centrale de la branchitude bobo dans l'Est parisien, entre le canal Saint-Martin et la place de la République.

Beau repaire pour une fusion culinaire inattendue. L'Extrême-Orient à la rencontre de la vieille Europe, match retour des expéditions lointaines de Marco Polo : poisson cru et parmesan, saké et Valpolicella.

Ce bistrot aurait pu servir de cadre à une "petite bouffe sympa" entre Hiro-Hito et Mussolini. 

Il ne manque qu'un peu de choucroute bavaroise pour réunir les anciennes puissances de l'Axe...


mercredi 30 mars 2011

Big in Japan : Nicolas Sarkozy, vainqueur de la course médiatico-compassionnelle

Prems ! Comme dans une cour de récréation, le président de la République Française gesticule pour être le premier dirigeant étranger à renifler les décombres nippons.
Nicolas Sarkozy veut être le premier responsable politique international à venir au Japon comme Jacques Chirac avait été le premier chef d'Etat à survoler New York, après le 11 septembre 2001.
«Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal», aurait écrit José-Maria de Heredia. Les vautours de la com convergent toujours vers la catastrophe médiatique la plus fraiche.
Du coup, avec le grand flair politique qui le caractérise, Nicolas Sarkozy bâcle sa visite en Chine pour faire ce crochet au Japon. Le voyage en Chine est écourté et ne ressemble plus à rien. Après quelques salamalecs avec son homologue Hu Jintao à Pékin, Nicolas Sarkozy restera moins d’une heure à Nankin où il avait pourtant convoqué un séminaire économique du G20 qu’il préside.
C’est dire l’importance qu’il accorde à son cher G20 et au rôle de la Chine qui n’est jamais que la deuxième puissance économique mondiale. Les Chinois, pourtant habitués aux manières désinvoltes de notre représentant suprême, ne vont guère apprécier l’empressement du français virevoltant à quitter au plus vite l’Empire du Milieu afin d’aller se faire photographier illico au milieu du drame de l’Empire du Soleil Levant.
Quelques images japonaises compatissantes (c’est moi le premier ! c’est moi le premier !) valent-elles d’exaspérer une nouvelle fois les Chinois ?
Le comble, c’est que Nicolas Sarkozy n’était pas vraiment désiré au Japon. C’est l’emmerdeur qui vient frapper à la porte au pire moment. Le gouvernement japonais a vraiment autre chose à faire que d'organiser des cocktails protocolaires. Mais Nicolas Sarkozy piaffait de ses deux talonnettes. Les Japonais ont cédé devant l’insistance un peu lourdingue du président français. Il a gagné. Il sera le premier chef d’Etat étranger à visiter le Japon depuis la catastrophe du 11 Mars. 
C’est magnifique, quel courage ! Comptons sur les médias hexagonaux pour donner à cet événement considérable le retentissement qu’il mérite : Nicolas Sarkozy irradiant de sa présence le Japon meurtri !

samedi 19 mars 2011

れんたいかん - Solidarité avec les Japonais







れんたいかん

Juste pour dire aux Japonais que nous pensons à eux





©Photos : AFP/Getty images

vendredi 18 mars 2011

Japon : les pubs Google qui tuent

Quand vous cherchez des vidéos, Google vous impose parfois des publicités incongrues ou franchement déplacées. Comme celle-ci, superposée sur une explosion dans la centrale japonaise.

mercredi 16 mars 2011

Cécile Duflot : hémisphère, est-ce que j'ai une gueule d'hémisphère ?

Un DEA est un diplôme de troisième cycle universitaire, après la maîtrise, qui sanctionne une première année de doctorat. C’est un Diplôme d’Etudes Approfondies. Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, est titulaire d’un DEA de géographie. Un diplôme d’études approfondies en géographie. 

La charmante Cécile s’exprimait sur BFMTV à propos de la catastrophe nucléaire au Japon. Voici ce qu’elle disait sur les dangers atomiques :

«On ne peut pas le savoir aujourd’hui. La probabilité en France métropolitaine est faible mais on ne peut jamais savoir avec certitude. La météorologie fait que cet accident étant survenu dans l’hémisphère sud, a priori le système de vents reste dans l’hémisphère sud, mais on ne peut pas en être certain».

Oui, Cécile Duflot est convaincue, grâce à  ses études approfondies de géographie en troisième cycle universitaire, que le Japon se situe dans l’hémisphère sud. C’est un point de vue. On est toujours au sud de quelque chose. La Belgique est au sud des Pays-Bas. Mais dans tous les manuels de DEA de géographie et même dans les manuels de l’école primaire, le Japon est bel et bien dans l’hémisphère nord. Le tsunami et le tremblement de terre ont pas mal ébranlé le pays, mais pas à ce point-là.

C’est ballot, Cécile. Vous l’écolo qui prétendez sauver la planète, il serait judicieux de la concevoir dans le bon sens. Mettons ça sur le compte de la fatigue. Vous parlez avec grande certitude de système des vents. Une leçon retenue de votre DEA de géographie. Le jour où vos camarades ont étudié les hémisphères (il n’y en a que deux, je vous rassure), vous aviez sans doute mieux à faire : une réunion de cellule écolo pour refaire le monde, sens dessus dessous.


Un vrai débat politique sur l'énergie

Ouvrons enfin un vrai débat politique. Pas un débat obsolète sur l’identité nationale. Pas un débat nuisible sur l’Islam. Ouvrons le débat sur l’énergie. C’est un débat économique, un débat de société fondamental.

Dans quel pays voulons-nous vivre ? Le drame en cours au Japon doit réveiller nos consciences politiques endormies.

Avec leurs gros sabots issus du commerce équitable, les écologistes ont hâtivement brandi leur slogan éculé et irréfléchi : «sortir du nucléaire». Cette promptitude sentait le gourmandise : enfin une bonne catastrophe qui va nous donner raison ! Cette verte certitude mérite d’être analysée.


Comment l’énergie est-elle consommée en France ?

En gros, ce sont les «bâtiments» (terminologie technocratique) qui sont les plus gourmands : environ 43% de toutes les énergies. Il s’agit de la consommation des particuliers, des commerces et du secteur tertiaire.
Le reste est réparti entre les transports –automobile, trafic routier et fluvial, trains et transports en commun, avions- (31%) et l’industrie (25%). La consommation du secteur agricole est négligeable.

Quelles sont les sources d’énergie ?

Le pétrole
La France reste dépendante du pétrole importé qui représente environ un tiers de la consommation intérieure de l’ensemble des sources d’énergie. Il est à noter que notre consommation de pétrole a tendance à légèrement diminuer au fil des années. Mais la facture s’alourdit car le pétrole brut coûte de plus en plus cher. Les pays producteurs, sachant que leurs réserves seront épuisées dans quelques dizaines d’années, nous vendent leur produit au prix fort. 
Le pétrole ne constitue pas une solution d’avenir. C’est une énergie polluante, liée aux aléas de la géopolitique. Si l’on veut sereinement mesurer la dangerosité comparée des sources d’énergie, il faut prendre en compte les milliers de morts des conflits guerriers impliquant des intérêts pétroliers. La situation en Libye en est le dernier exemple en date.

L’électricité
Du côté de l’électricité (45% de la consommation intérieure globale en énergie), la France a fait le choix, dès la fin de la seconde guerre mondiale, de miser sur le nucléaire civil. C'est un choix stratégique du général de Gaulle. Il s’agissait de prendre le relais du charbon dont les réserves nationales étaient limitées. Elles ont été épuisées dans les années 70. Le pic historique de la production de charbon en France remonte à 1958. Après cette date, le déclin s’est produit. 
Le charbon, ailleurs dans le monde, n’est pas abandonné. Il reste très fortement exploité aux Etats-Unis (22% de la production électrique) et surtout en Chine qui construit de nombreuses centrales fonctionnant à la houille (70% de l’électricité chinoise vient du charbon extrait dans le pays). La France où le charbon est désormais très minoritaire comme combustible ne va se mettre à importer du charbon en masse. Ce serait absurde économiquement. Et c’est un combustible très polluant qui n’est pas désirable. Ajoutons que l’exploitation du charbon est une activité dangereuse. Sans remonter à Emile Zola («Germinal»), il suffit de comptabiliser le nombre de mineurs silicosés ou tués chaque année en Amérique Latine ou en Asie.
Dès le début du XXème siècle, la France a largement développé ses capacités hydrauliques en construisant de nombreux barrages. Mais ce type d’installation ne peut être multiplié à l’infini. Les sites exploitables le sont déjà. L’hydroéléctricité représente 14% de l’électricité produite en France. Cela comprend, marginalement, la production de la seule usine marée-motrice (la première au monde) installée dans l’estuaire de la Rance, près de Saint-Malo. L’hydraulique est une énergie renouvelable qui n’est pas neutre sur le plan écologique : impact sur la faune et l’agriculture, déplacements de population. L’hydraulique est un atout indéniable, mais il est soumis aux aléas climatiques comme la sécheresse.

Les énergies renouvelables
Elles sont nombreuses. Les plus connues sont l'éolien et le solaire. Dans notre pays, ces solutions ont été négligées. L’éolien serait, pour certains, bruyant et inesthétique. C’est ce que pense, par exemple, Valéry Giscard d’Estaing qui s’est exprimé récemment sur ce sujet. L’éolien est rejeté le plus souvent par les habitants des régions où l’on projette d’installer les grandes hélices.

Le solaire fait une timide percée, malgré les fluctuations des aides publiques et un manque de cohérence commerciale d'EDF.

Mais il ne faut pas se leurrer : les panneaux solaires et les éoliennes, même si on les multiplie de manière spectaculaire, ne pourront pas à court ou à moyen terme, subvenir aux besoins énergétiques d’un pays développé comme le nôtre.

Je n'oublie pas les ressources de la biomasse (le bois, les biocarburants et même les algues) qui constituent des sources marginales mais intéressantes. Les biocarburants posent cependant, à grande échelle, de sérieux problèmes agricoles et alimentaires, comme on le voit au Brésil.

Dans les énergies renouvelables, il convient absolument de mentionner la géothermie, beaucoup plus développée en France qu'on ne le croit. Elle devance déjà le photovoltaïque et l'éolien. Cette technique va puiser en profondeur les ressources en chaleur de la terre. La géothermie, non polluante et illimitée, est une ressource qui peut être exploitée sans dommage et sans risque. Les bâtisseurs et les architectes peuvent, sans difficulté, l'intégrer à leurs projets.


Le nucléaire
Le maudit nucléaire. Il est évident que les dramatiques événements actuels au Japon lui font une très mauvaise publicité. Il faut rappeler que 75% de l'électricité consommée en France viennent des centrales nucléaires. Modifier cette proportion colossale et, a fortiori, arrêter totalement le nucléaire, nécessiterait de se doter de solutions alternatives performantes qui n'existent pas pour de tels besoins. 

Quels sont les avantages du nucléaire ?

Ils sont nombreux. Ses détracteurs refusent obstinément de les signaler.
  • Le nucléaire n’émet pas un gramme de CO2. Les écologistes se gardent bien de le dire.
  • Le combustible (bien qu’importé) est encore abondant et beaucoup moins cher que le pétrole. Il est moins lié aux fluctuations politiques des pays producteurs.
  • Une partie du combustible nucléaire est recyclable. 
  • La technologie des centrales est en constante évolution, vers plus d’efficacité et de sécurité. Parler du nucléaire en citant l’exemple de Tchernobyl est absurde. Tous les progrès techniques ont subi des ratés, à plus ou moins grande échelle. Tchernobyl était une vieille centrale, mal conçue, mal entretenue, gérée par un appareil étatique à bout de souffle.

Quels sont les inconvénients du nucléaire ?
  • Le stockage et le recyclage des déchets : pour l’instant aucune solution sérieuse n’est disponible. C’est le vrai point noir de cette filière.
  • Les incidents techniques et les risques telluriques ou météorologiques : le paroxysme est atteint en ce moment au Japon. C’est un souci légitime et majeur. Des leçons devront être tirées du drame japonais. L’évolution des techniques s’est toujours nourrie des accidents, de la machine à vapeur à l'aviation.

Résumons :
  • Le pétrole est cher et polluant et il va se raréfier.
  • Le charbon n’est plus une solution viable pour la France.
  • Les énergies renouvelables sont balbutiantes et resteront insuffisantes pour nos besoins à court et à moyen terme.
  • Le nucléaire est «clean» sauf en ce qui concerne les déchets. Il est relativement bon marché : le coût principal, ce sont les infrastructures. Mais le nucléaire civil n’est pas encore technologiquement maîtrisé.  C’est une énergie qui, à l’heure actuelle, reste dangereuse.

Les solutions :
  • Réduire notre dépendance au pétrole, en développant notamment les véhicules électriques (mais pour ce faire, on aura besoin de l’électricité nucléaire, au moins dans l’immédiat)
  • Développer les énergies renouvelables, sachant qu’elles ne suffiront jamais à elles seules à subvenir à l’ensemble de nos besoins.
  • Sécuriser sans cesse la filière nucléaire, à la lumière des accidents tragiques comme celui du Japon.
  • Réduire notre consommation énergétique par tous les moyens, dans tous les domaines : chez les particuliers, dans les transports et dans les industries. Cela passe par l'isolation, les constructions inventives, la réduction du chauffage électrique au profit d'autres méthodes, le développement massif des transports en commun, un vrai transfert sur le rail des marchandises véhiculées par les trop nombreux camions, etc. 
  • Relocaliser, quand c'est possible, l'industrie et l'artisanat à proximité des secteurs de consommation, pour réduire l'impact des transits. 
  • Soutenir une agriculture locale, afin d'éviter les transports inutiles et coûteux. 
Mais un pays moderne ne peut pas retourner au niveau de la consommation énergétique du XIXème siècle. Il faut se déplacer, éclairer les bureaux, faire tourner les usines. Il en va de la vitalité de l’économie et de la création d’emplois. On ne reviendra pas à la culture de la chasse et de la cueillette et à la bougie. Il est possible d’être moins vorace en énergie. Il est impossible de s’en passer.

Ce sont les questions qui doivent d’urgence être mises en débat calmement, sans hystérie. C’est un enjeu fondamental.

Je crains malheureusement qu’une élection présidentielle comme celle qui se profile l’année prochaine ne soit pas propice à une discussion sérieuse et constructive sur un sujet qui réclame de la nuance, des connaissances et un sens aigu de la prospective.

Lost in radiation

Un Haïku de circonstance :

lundi 14 mars 2011

Japon, Libye, Côte d'Ivoire, BHL, Carla Bruni, Renault, Bahrein, Claude Allègre

  • Laurent Gbagbo et Mouammar Kadhafi remercient sincèrement la tectonique des plaques au large du Japon de leur avoir permis, dans l’indifférence générale, de continuer à mener à bien leurs petites affaires intérieures et sanglantes. Double ration de sushis à Abidjan et à Tripoli.
  • Canal+ cesse ses activités en Côte d'Ivoire. Mais comme tous les décodeurs étaient piratés... 
  • L’armée saoudienne arrive à la rescousse pour mater la rébellion à Bahrein. Défense du grand voisin sunnite en faveur d’un régime miniritaire sunnite en difficulté, face à la révolte de la population chiite à 70%.
  • BHL explique sur Al Jazeera qu’il devient difficile de «faire des pipes aux dictateurs arabes». Consulter d’urgence Arielle Dombasle.
  • Carlos Ghosn, après le fiasco du faux espionnage chez Renault, renonce à ses primes 2010 (1,6 M€) et ses stock options de 2011. Mais il ne démissionne pas comme il devrait le faire. Syndrome MAM.
  • Nicolas Sarkozy aime la stature de Hillary Clinton (elle a le bon goût d’être plus petite que lui, ça se voit bien sur les images).
  • Louis Bertignac (ex-Téléphone) plaque musicalement Carla Bruni avec qui il collaborait depuis longtemps. Pas à cause de sa voix, mais à cause de son mari.
  • Claude Allègre doit définitivement être rayé de la liste des invités des radios et des télés. Il radote et il radote de plus en plus mal. Il va finir par me rendre écolo et anti-nucléaire, ce qui serait une performance.
  • La France est ridicule, pas seulement en rugby.
  • Il faut aller chez Uniqlo par solidarité tsunamique.

dimanche 13 mars 2011

Un mot sur le Japon

Je pense ce soir au Japon et à ses habitants. Comment ne pas s’en soucier après toutes les images que nous voyons ? Les catastrophes captées par des caméras nous frappent, malgré la distance. C’est cela aussi notre époque : l’immédiateté, la proximité relayées par les outils de communication.


Il ne faudrait pas oublier pour autant les contrées moins technologiquement avancées qui sont régulièrement touchées par des cataclysmes et des désastres, dans l’indifférence quasi générale. Qui s’intéresse au Bengladesh quand des villages sont emportés par les eaux ? Ces détresses collectives sont résumées en quelques lignes dans des dépêches d’agence qu’aucun média ne reproduit.

Se souvenir aussi que le séisme à Haïti en janvier de l’année dernière a fait environ 250.000 morts, dans un pays de misère.

Mais revenons au Japon, nation captivante que j’ai eu la chance d’explorer pendant plusieurs semaines. Le Japon, c’est une civilisation, une culture, une identité.

En regardant à Paris depuis trois jours la télévision publique NHK, je retrouve cette dignité, ce stoïcisme, cette discipline. Ce peuple, dans l’adversité, force notre admiration par son flegme.

Les Français pleurnichent et râlent à la moindre tempête Xynthia. J’espère que les Charentais, en voyant les reportages du Japon, mettront en perspective leurs petits malheurs.



Un tremblement de terre et un tsunami sont des phénomènes irrationnels. Dans une guerre, il y a toujours quelques repères. On peut dégager d’un conflit armé une sorte de logique, meurtrière mais humaine.

Quand notre planète se soulève et se craquelle, on subit sans pouvoir agir les déchainements de la nature. On prie quand on a la foi. Mais tout le monde vit dans la peur et l’incertitude.

C’est cette dimension qu’il faut prendre en compte pour tenter de partager le désarroi des Japonais.

________
Photos © AFP/Getty images, Reuters, Associated Press, Kyodo News

samedi 12 mars 2011

Fukushima mon amour : les écolos français découvrent le Japon






Ils sont mignons, les écolos français. Et tellement prévisibles !

Il était évident que le séisme japonais qui a touché quelques centrales nucléaires allait rapidement déclencher leur rhétorique. Cela n’a pas tardé.

On a vu surgir Cécile Duflot et Noël Mamère, éructant contre le danger atomique.

Si il y a bien un pays dans le monde qui est capable de le mesurer, ce danger atomique, c’est le Japon.

Que s’est-il passé dans le réacteur numéro 1 de la centrale de Fukushima ? Il y a eu effectivement une explosion. Après le séisme, le réacteur de la centrale a été aussitôt arrêté par mesure de sécurité.
Mais il a continué à chauffer, avec des températures de l'ordre de 1.000 degrés. Une réaction chimique s'est alors produite, fabriquant de l'hydrogène qui s’est répandue dans l'enceinte de l’installation.

Le gaz produit a été évacué dans la partie supérieure du réacteur et a fait sauter un panneau soufflant qui le recouvre. C’est l’origine de l’explosion qui a entrainé un relâchement d'un peu de vapeur pour éviter que le bâtiment ne se fendille.

Ce relâchement de vapeur a été volontaire et salutaire. La vapeur d'eau légèrement contaminée est sortie de la centrale après l'explosion du bâtiment du réacteur. Mais le cœur du réacteur reste sécurisé par une enceinte de confinement qui a résisté au séisme.

Rien à voir avec Tchernobyl en Ukraine dont le réacteur n’était protégé que par une chape de béton qui a été pulvérisée.

Au Japon, les risques pour la population environnante, rapidement évacuée, sont faibles. C’est ce que dit l’Organisation Mondiale pour la Santé, autorité internationale qui ne peut pas être suspectée d’être inféodée au lobby nucléaire. «Nous constatons que le niveau de radiations émises par cette centrale nucléaire est très bas», explique Gregory Hartl, porte-parole de l'OMS.

Le Japon est une démocratie. Dans ce pays, la presse est libre et dira la vérité, si nécessaire. Après Hiroshima et Nagasaki en 1945, le Japon ne plaisante pas avec le nucléaire.

Je trouve pitoyable que les écolos français viennent aujourd’hui faire la leçon à ce pays touché d’abord et avant tout par une catastrophe naturelle.

Ne l’oublions jamais : la planète Terre est un environnement hostile. La présence du genre humain sur la surface du globe est un miracle, pas un acquis.

Au bout du compte, après cet événement dramatique et imparable au Japon, on verra que le séisme et le tsunami auront fait des dizaines de milliers de morts, victimes d’un soubresaut naturel de l’écorce terrestre, comme il s’en produit sans cesse depuis des millénaires.

La Nature est une garce. Il faut définitivement oublier les rêveries de Jean-Jacques Rousseau.
On verra aussi que les incidents à la centrale de Fukushima feront très peu de victimes et sans doute aucune.

Et s’il s’agit de comparer la dangerosité des sources d’énergie, le nucléaire civil présente un bilan largement positif par rapport aux centaines de milliers de mineurs de charbon qui ont succombé en sous-sol depuis le début du XIXème siècle.