"Ce qui barre la route fait faire du chemin" (Jean de La Bruyère - 'Les Caractères')
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samedi 26 mars 2011

Plus dangereuse que les centrales nucléaires : votre voiture

Que diriez-vous si l’on vous annonçait que les incidents graves dans la centrale nucléaire de Fukushima au Japon ont provoqué la mort d’un million 300.000 personnes ? Vous seriez indigné, épouvanté. A juste titre, vous demanderiez l’arrêt immédiat de ces engins diaboliques. Retenez bien ce chiffre : 1,3 millions de morts. Nous en aurons besoin plus tard.

A l’heure qu’il est, les radiations nucléaires à Fukushima n’ont tué personne. En tout cas, il est vraiment trop tôt pour le dire. On évalue à 25.000 ou 30.000 le nombre de personnes tuées ou disparues après le séisme et le tsunami du 11 mars 2011. Il s’agit de victimes d’une catastrophe naturelle. On ignore totalement si le nucléaire a tué ou va tuer au Japon après les événements récents.  

Le nucléaire civil n’a tué qu’une seule fois de manière avérée : c’était à Tchernobyl en Ukraine en avril 1986. L’Agence Internationale de l’Energie Atomique avait comptabilisé à l’époque 30 morts par irradiation directe (des employés de la centrale). Chiffre officiel très en dessous de la vérité car il faut y ajouter les milliers de personnes vivant dans les environs qui ont été exposées, plus ou moins longtemps, aux radiations. En 2005, un rapport d’experts internationaux a conclu qu’environ 10.000 personnes étaient mortes prématurément à cause de l’explosion de Tchernobyl. Ce chiffre reste contesté par les organisations écologistes qui avancent (sans preuve tangible) des bilans beaucoup plus lourds : entre 600.000 et 900.000 morts. Nous n’allons pas chipoter : je vous fais Tchernobyl à un million de morts. Il faut également prendre en compte les cancers qui se sont développés en Europe dans les années suivant la catastrophe en Ukraine : entre 20.000 et 35.000 cas répertoriés, pas tous mortels.

Rappelons que l’incident à la centrale américaine de Three Mile Island en 1979 n’avait fait aucune victime, les rejets de radiation nucléaire dans l’atmosphère ayant été très faibles.

Voilà pour les victimes du nucléaire civil.

Intéressons-nous maintenant à une machine beaucoup plus meurtrière que les centrales nucléaires. Un engin qui chaque année tue dans le monde 1,3 millions personnes (c’est le chiffre que je citais au début de cet article). Cette machine blesse en outre chaque année 50 millions de personnes, plus ou moins grièvement, souvent avec des séquelles et des paralysies.

Il s’agit de la voiture, ou votre chère bagnole, qui tous les ans fait beaucoup plus de victimes que l’explosion de Tchernobyl n’en a fait une fois pour toutes. La mort automobile est socialement assimilée. Ce n’est pas une catastrophe massive, c’est une hécatombe quotidienne. On s’y habitue.

Imaginez que l’explosion d’une centrale nucléaire française fasse 4273 morts. Quel scandale, quel effroi ! C’est exactement le chiffre de personnes tuées sur les routes de France en 2010. La France a réduit sensiblement sa mortalité routière ces dernières années. Mais le bilan reste élevé.

Vous allez me rétorquer qu’être tué en percutant un platane ou une voiture conduite par un ivrogne, ce n’est pas la même chose que de mourir irradié. Le résultat est identique : on perd la vie. Voir sa peau boursoufflée par des particules nucléaires ou avoir ses membres broyés par une carcasse métallique, je ne vois pas bien la différence d’infortune.
La voiture individuelle est la pire invention humaine de la fin du XIXème siècle. Le moteur à explosion est une calamité. L’envahissement de la planète par l’automobile a des conséquences économiques, sociales, culturelles toutes dramatiques. Sans compter la pollution gigantesque que la bagnole engendre. La ville de Pékin est déjà encerclée par 6 périphériques, tous saturés. L’émergence d’une classe moyenne en Chine multiplie de manière exponentielle le nombre d’automobilistes. La voiture tue en grand nombre et elle ne pollue pas que par les pots d’échappements : contemplez les épaves qui s’entassent chez les casseurs.
La voiture nous a également rendus dépendants d’un carburant de plus en plus cher et qui se raréfie : le pétrole. Aux morts des accidents automobiles, il faut ajouter les victimes des guerres et conflits multiples liés à l’exploitation pétrolifère.

La voiture défigure les villes et les campagnes : parkings, autoroutes, rues encombrées. Plus grave sans doute, la voiture modifie les comportements : agressivité, individualisme, fétichisme de l’objet à quatre roues. L’urbanisme est toujours conçu en fonction de la voiture : les lotissements gangrènent le paysage et les habitants vivent de plus en plus loin de leur lieu de travail.
Il aurait été tout à fait possible de se passer de ce moyen de locomotion dangereux, polluant et socialement nocif. Sans accès à la voiture individuelle, les habitants de la planète auraient utilisé d’autres moyens de transport. Il est encore temps de les imaginer ou de les réintroduire. La voiture individuelle est une invention récente : elle est à la disposition du plus grand nombre depuis moins de 75 ans.
Aux Etats-Unis, le train pour voyageurs s’était rapidement développé au XIXème. C’est le chemin de fer qui a été un instrument majeur de la création des Etats-Unis. L’unité du Canada est également le fruit du rail avec la légendaire liaison transcontinentale de Vancouver à Montréal. 

Mais le train a été tué par la voiture, avec l’assentiment du pouvoir politique. Après la crise de 1929, Roosevelt dans son «New Deal» a décidé de mettre en chantier le réseau autoroutier qui existe toujours au Etats-Unis. C’est le moment où la voiture devenait accessible pour l’Américain moyen. On a construit un énorme réseau d’autoroutes mais on a abandonné le développement du train transportant des voyageurs.

De la même manière, les transports en commun ont été négligés dans tous les pays développés au profit de la sacro-sainte bagnole. Ce n’est que très récemment que l’on voit réapparaitre les tramways et se développer les métros. Il a fallu attendre cette année, 2011, pour que la région parisienne échafaude enfin (dans les projets du «Grand Paris») un réseau de transports en commun à l’échelle d’une concentration urbaine de 20 millions d’habitants. Ce nouveau système ne verra pas le jour avant une vingtaine d’années.


Dans les zones rurales, les collectivités locales feraient mieux d’organiser une desserte cohérente des territoires par des transports collectifs, bon marché et fréquents, plutôt que d’édifier des parkings, des routes, des rocades et des ronds-points à coup de millions d’euros. 

Certains veulent «sortir du nucléaire», au nom de la sécurité collective. Fort bien. Je propose un défi beaucoup plus important : «abandonner la voiture individuelle», instrument infiniment plus mortifère pour le genre humain. La voiture individuelle est une aberration récente dont on pourrait se défaire.

Parions hélas que le «lobby automobile» sera encore plus puissant que le «lobby nucléaire». Ce lobby de la voiture est multiforme : les constructeurs, les salariés des entreprises automobiles et leurs sous-traitants, les garagistes, les journalistes spécialisés qui vivent en vantant les carrosseries, les soupapes, les essieux et les carburateurs.
Dans ce lobby pro-bagnole, les plus nombreux sont les automobilistes du monde entier, accrochés à leur volant comme les drogués à leur seringue.

Un million 300.000 morts chaque année à cause de la voiture. Ce chiffre ne compte pas. Mais si un Japonais vivant près de Fukushima éternue de manière bizarre prochainement, on va en entendre parler...

mercredi 16 mars 2011

Un vrai débat politique sur l'énergie

Ouvrons enfin un vrai débat politique. Pas un débat obsolète sur l’identité nationale. Pas un débat nuisible sur l’Islam. Ouvrons le débat sur l’énergie. C’est un débat économique, un débat de société fondamental.

Dans quel pays voulons-nous vivre ? Le drame en cours au Japon doit réveiller nos consciences politiques endormies.

Avec leurs gros sabots issus du commerce équitable, les écologistes ont hâtivement brandi leur slogan éculé et irréfléchi : «sortir du nucléaire». Cette promptitude sentait le gourmandise : enfin une bonne catastrophe qui va nous donner raison ! Cette verte certitude mérite d’être analysée.


Comment l’énergie est-elle consommée en France ?

En gros, ce sont les «bâtiments» (terminologie technocratique) qui sont les plus gourmands : environ 43% de toutes les énergies. Il s’agit de la consommation des particuliers, des commerces et du secteur tertiaire.
Le reste est réparti entre les transports –automobile, trafic routier et fluvial, trains et transports en commun, avions- (31%) et l’industrie (25%). La consommation du secteur agricole est négligeable.

Quelles sont les sources d’énergie ?

Le pétrole
La France reste dépendante du pétrole importé qui représente environ un tiers de la consommation intérieure de l’ensemble des sources d’énergie. Il est à noter que notre consommation de pétrole a tendance à légèrement diminuer au fil des années. Mais la facture s’alourdit car le pétrole brut coûte de plus en plus cher. Les pays producteurs, sachant que leurs réserves seront épuisées dans quelques dizaines d’années, nous vendent leur produit au prix fort. 
Le pétrole ne constitue pas une solution d’avenir. C’est une énergie polluante, liée aux aléas de la géopolitique. Si l’on veut sereinement mesurer la dangerosité comparée des sources d’énergie, il faut prendre en compte les milliers de morts des conflits guerriers impliquant des intérêts pétroliers. La situation en Libye en est le dernier exemple en date.

L’électricité
Du côté de l’électricité (45% de la consommation intérieure globale en énergie), la France a fait le choix, dès la fin de la seconde guerre mondiale, de miser sur le nucléaire civil. C'est un choix stratégique du général de Gaulle. Il s’agissait de prendre le relais du charbon dont les réserves nationales étaient limitées. Elles ont été épuisées dans les années 70. Le pic historique de la production de charbon en France remonte à 1958. Après cette date, le déclin s’est produit. 
Le charbon, ailleurs dans le monde, n’est pas abandonné. Il reste très fortement exploité aux Etats-Unis (22% de la production électrique) et surtout en Chine qui construit de nombreuses centrales fonctionnant à la houille (70% de l’électricité chinoise vient du charbon extrait dans le pays). La France où le charbon est désormais très minoritaire comme combustible ne va se mettre à importer du charbon en masse. Ce serait absurde économiquement. Et c’est un combustible très polluant qui n’est pas désirable. Ajoutons que l’exploitation du charbon est une activité dangereuse. Sans remonter à Emile Zola («Germinal»), il suffit de comptabiliser le nombre de mineurs silicosés ou tués chaque année en Amérique Latine ou en Asie.
Dès le début du XXème siècle, la France a largement développé ses capacités hydrauliques en construisant de nombreux barrages. Mais ce type d’installation ne peut être multiplié à l’infini. Les sites exploitables le sont déjà. L’hydroéléctricité représente 14% de l’électricité produite en France. Cela comprend, marginalement, la production de la seule usine marée-motrice (la première au monde) installée dans l’estuaire de la Rance, près de Saint-Malo. L’hydraulique est une énergie renouvelable qui n’est pas neutre sur le plan écologique : impact sur la faune et l’agriculture, déplacements de population. L’hydraulique est un atout indéniable, mais il est soumis aux aléas climatiques comme la sécheresse.

Les énergies renouvelables
Elles sont nombreuses. Les plus connues sont l'éolien et le solaire. Dans notre pays, ces solutions ont été négligées. L’éolien serait, pour certains, bruyant et inesthétique. C’est ce que pense, par exemple, Valéry Giscard d’Estaing qui s’est exprimé récemment sur ce sujet. L’éolien est rejeté le plus souvent par les habitants des régions où l’on projette d’installer les grandes hélices.

Le solaire fait une timide percée, malgré les fluctuations des aides publiques et un manque de cohérence commerciale d'EDF.

Mais il ne faut pas se leurrer : les panneaux solaires et les éoliennes, même si on les multiplie de manière spectaculaire, ne pourront pas à court ou à moyen terme, subvenir aux besoins énergétiques d’un pays développé comme le nôtre.

Je n'oublie pas les ressources de la biomasse (le bois, les biocarburants et même les algues) qui constituent des sources marginales mais intéressantes. Les biocarburants posent cependant, à grande échelle, de sérieux problèmes agricoles et alimentaires, comme on le voit au Brésil.

Dans les énergies renouvelables, il convient absolument de mentionner la géothermie, beaucoup plus développée en France qu'on ne le croit. Elle devance déjà le photovoltaïque et l'éolien. Cette technique va puiser en profondeur les ressources en chaleur de la terre. La géothermie, non polluante et illimitée, est une ressource qui peut être exploitée sans dommage et sans risque. Les bâtisseurs et les architectes peuvent, sans difficulté, l'intégrer à leurs projets.


Le nucléaire
Le maudit nucléaire. Il est évident que les dramatiques événements actuels au Japon lui font une très mauvaise publicité. Il faut rappeler que 75% de l'électricité consommée en France viennent des centrales nucléaires. Modifier cette proportion colossale et, a fortiori, arrêter totalement le nucléaire, nécessiterait de se doter de solutions alternatives performantes qui n'existent pas pour de tels besoins. 

Quels sont les avantages du nucléaire ?

Ils sont nombreux. Ses détracteurs refusent obstinément de les signaler.
  • Le nucléaire n’émet pas un gramme de CO2. Les écologistes se gardent bien de le dire.
  • Le combustible (bien qu’importé) est encore abondant et beaucoup moins cher que le pétrole. Il est moins lié aux fluctuations politiques des pays producteurs.
  • Une partie du combustible nucléaire est recyclable. 
  • La technologie des centrales est en constante évolution, vers plus d’efficacité et de sécurité. Parler du nucléaire en citant l’exemple de Tchernobyl est absurde. Tous les progrès techniques ont subi des ratés, à plus ou moins grande échelle. Tchernobyl était une vieille centrale, mal conçue, mal entretenue, gérée par un appareil étatique à bout de souffle.

Quels sont les inconvénients du nucléaire ?
  • Le stockage et le recyclage des déchets : pour l’instant aucune solution sérieuse n’est disponible. C’est le vrai point noir de cette filière.
  • Les incidents techniques et les risques telluriques ou météorologiques : le paroxysme est atteint en ce moment au Japon. C’est un souci légitime et majeur. Des leçons devront être tirées du drame japonais. L’évolution des techniques s’est toujours nourrie des accidents, de la machine à vapeur à l'aviation.

Résumons :
  • Le pétrole est cher et polluant et il va se raréfier.
  • Le charbon n’est plus une solution viable pour la France.
  • Les énergies renouvelables sont balbutiantes et resteront insuffisantes pour nos besoins à court et à moyen terme.
  • Le nucléaire est «clean» sauf en ce qui concerne les déchets. Il est relativement bon marché : le coût principal, ce sont les infrastructures. Mais le nucléaire civil n’est pas encore technologiquement maîtrisé.  C’est une énergie qui, à l’heure actuelle, reste dangereuse.

Les solutions :
  • Réduire notre dépendance au pétrole, en développant notamment les véhicules électriques (mais pour ce faire, on aura besoin de l’électricité nucléaire, au moins dans l’immédiat)
  • Développer les énergies renouvelables, sachant qu’elles ne suffiront jamais à elles seules à subvenir à l’ensemble de nos besoins.
  • Sécuriser sans cesse la filière nucléaire, à la lumière des accidents tragiques comme celui du Japon.
  • Réduire notre consommation énergétique par tous les moyens, dans tous les domaines : chez les particuliers, dans les transports et dans les industries. Cela passe par l'isolation, les constructions inventives, la réduction du chauffage électrique au profit d'autres méthodes, le développement massif des transports en commun, un vrai transfert sur le rail des marchandises véhiculées par les trop nombreux camions, etc. 
  • Relocaliser, quand c'est possible, l'industrie et l'artisanat à proximité des secteurs de consommation, pour réduire l'impact des transits. 
  • Soutenir une agriculture locale, afin d'éviter les transports inutiles et coûteux. 
Mais un pays moderne ne peut pas retourner au niveau de la consommation énergétique du XIXème siècle. Il faut se déplacer, éclairer les bureaux, faire tourner les usines. Il en va de la vitalité de l’économie et de la création d’emplois. On ne reviendra pas à la culture de la chasse et de la cueillette et à la bougie. Il est possible d’être moins vorace en énergie. Il est impossible de s’en passer.

Ce sont les questions qui doivent d’urgence être mises en débat calmement, sans hystérie. C’est un enjeu fondamental.

Je crains malheureusement qu’une élection présidentielle comme celle qui se profile l’année prochaine ne soit pas propice à une discussion sérieuse et constructive sur un sujet qui réclame de la nuance, des connaissances et un sens aigu de la prospective.

samedi 12 mars 2011

Fukushima mon amour : les écolos français découvrent le Japon






Ils sont mignons, les écolos français. Et tellement prévisibles !

Il était évident que le séisme japonais qui a touché quelques centrales nucléaires allait rapidement déclencher leur rhétorique. Cela n’a pas tardé.

On a vu surgir Cécile Duflot et Noël Mamère, éructant contre le danger atomique.

Si il y a bien un pays dans le monde qui est capable de le mesurer, ce danger atomique, c’est le Japon.

Que s’est-il passé dans le réacteur numéro 1 de la centrale de Fukushima ? Il y a eu effectivement une explosion. Après le séisme, le réacteur de la centrale a été aussitôt arrêté par mesure de sécurité.
Mais il a continué à chauffer, avec des températures de l'ordre de 1.000 degrés. Une réaction chimique s'est alors produite, fabriquant de l'hydrogène qui s’est répandue dans l'enceinte de l’installation.

Le gaz produit a été évacué dans la partie supérieure du réacteur et a fait sauter un panneau soufflant qui le recouvre. C’est l’origine de l’explosion qui a entrainé un relâchement d'un peu de vapeur pour éviter que le bâtiment ne se fendille.

Ce relâchement de vapeur a été volontaire et salutaire. La vapeur d'eau légèrement contaminée est sortie de la centrale après l'explosion du bâtiment du réacteur. Mais le cœur du réacteur reste sécurisé par une enceinte de confinement qui a résisté au séisme.

Rien à voir avec Tchernobyl en Ukraine dont le réacteur n’était protégé que par une chape de béton qui a été pulvérisée.

Au Japon, les risques pour la population environnante, rapidement évacuée, sont faibles. C’est ce que dit l’Organisation Mondiale pour la Santé, autorité internationale qui ne peut pas être suspectée d’être inféodée au lobby nucléaire. «Nous constatons que le niveau de radiations émises par cette centrale nucléaire est très bas», explique Gregory Hartl, porte-parole de l'OMS.

Le Japon est une démocratie. Dans ce pays, la presse est libre et dira la vérité, si nécessaire. Après Hiroshima et Nagasaki en 1945, le Japon ne plaisante pas avec le nucléaire.

Je trouve pitoyable que les écolos français viennent aujourd’hui faire la leçon à ce pays touché d’abord et avant tout par une catastrophe naturelle.

Ne l’oublions jamais : la planète Terre est un environnement hostile. La présence du genre humain sur la surface du globe est un miracle, pas un acquis.

Au bout du compte, après cet événement dramatique et imparable au Japon, on verra que le séisme et le tsunami auront fait des dizaines de milliers de morts, victimes d’un soubresaut naturel de l’écorce terrestre, comme il s’en produit sans cesse depuis des millénaires.

La Nature est une garce. Il faut définitivement oublier les rêveries de Jean-Jacques Rousseau.
On verra aussi que les incidents à la centrale de Fukushima feront très peu de victimes et sans doute aucune.

Et s’il s’agit de comparer la dangerosité des sources d’énergie, le nucléaire civil présente un bilan largement positif par rapport aux centaines de milliers de mineurs de charbon qui ont succombé en sous-sol depuis le début du XIXème siècle.