"Ce qui barre la route fait faire du chemin" (Jean de La Bruyère - 'Les Caractères')

jeudi 2 septembre 2010

Fignon au trou (suite)

Hier, ici même, je pronostiquais que Laurent Fignon, la vedette morte de la semaine, serait en image sur la couverture de Paris-Match.

J'ai évidemment gagné mon pari, mon Paris-Match, l'hebdo le plus proche de la morgue. Ils ne font pas preuve de morgue, ils sont juste dans le couloir, au cas où.

Je prévoyais que Fignon serait sur la photo de 'une' en maillot jaune, au temps de sa splendeur cycliste.

Mais l'équipe éditoriale de Paris-Match est diablement plus efficace que moi.

S'il faut montrer Fignon, il faut le représenter malade et combatif aux côtés d'une épouse attentive et protectrice.


J'ai raison néanmoins sur un point essentiel : je vous prédisais hier que le mot 'courage' figurerait forcément dans le titre.

Vous pouvez lire à la 'une' de Paris-Match : "LA LEÇON DE COURAGE".

C'est tellement simple, le journalisme, parfois !

mercredi 1 septembre 2010

Mentir encore, mentir toujours....


Le mensonge est l'énoncé délibéré d'un fait contraire à la vérité, ou encore la dissimulation de la vérité (dans ce dernier cas on parle plus particulièrement de mensonge par omission).

Le mensonge est une forme de manipulation qui vise à faire croire ou faire faire à l'autre ce qu'il n'aurait pas cru ou fait, s'il avait su la vérité. En général, le mensonge s'oppose à la véracité (le fait de dire le vrai), à la sincérité ou à la franchise.

Plus précisément, mentir consiste à dire le contraire de sa pensée dans l'intention de tromper.

L'intention de tromper permet de distinguer le mensonge d'autres usages faux de la parole, faits dans le but de divertir ou par pur procédé rhétorique (comme dans le cas de la litote).

À ce titre, il est considéré comme un vice ou un péché par la tradition morale philosophique et religieuse, même si certaines formes de mensonges sont légitimées par quelques philosophes – comme Benjamin Constant, dans son célèbre débat avec Emmanuel Kant sur le « droit de mentir ».

Certains mensonges sont punis par la loi, comme l'usage de faux, le non-respect des contrats dans le commerce, ou la fausse déclaration en justice.

Alors quand Eric Woerth, ministre de la République englué dans l’affaire Bettencourt, affirme qu’il ne ment pas et qu’il n’a jamais menti, on peut légitimement se demander si chaque dénégation de mensonge ne le plonge pas davantage dans le rôle de menteur.

Les grands cimetières sous la une (merci Bernanos...)


Le journal de 20 h de France 2 dure une demi-heure. Hier soir, les 19 premières minutes de ce journal ont été consacrées à la mort du cycliste Laurent Fignon. Deux tiers du temps d’antenne ont donc été dévolus à la disparition, des suites d'un cancer hautement médiatisé, d’un ancien coureur qui, dans un livre, avait avoué s’être dopé.

A mon avis, 5 bonnes minutes auraient été largement suffisantes, même en tenant compte de la charge émotionnelle qui entoure la mort de Fignon. La télé enterre les prix Nobel en 10 secondes (quand elle n’oublie pas de les enterrer) mais elle se vautre dans le pathos dès lors qu’il s’agit d’un sportif métastasé.

Maintenant faisons les paris pour la couverture des hebdomadaires : je prévois, sans beaucoup de risque de me tromper, que Fignon en maillot jaune sera à la ‘une’ de Paris-Match. Prévoyez aussi le mot ‘courage’ quelque part dans le titre.

Dans les médias, un cadavre célèbre fait toujours bouger les tirages. La semaine dernière, Paris-Match faisait sa couverture avec Jean Ferrat, mort il y a 6 mois. La viande froide, un peu réchauffée, se consomme encore avec plaisir.