"Ce qui barre la route fait faire du chemin" (Jean de La Bruyère - 'Les Caractères')

vendredi 30 janvier 2009

"Pour comprendre les média" (sans 's')

Je croyais à tort que Marshall Mc Luhan aurait pu être dépassé par l’évolution de nos technologies. Mort il y a presque trente ans, le visionnaire canadien, génial sémiologue des média (sans 's' car c'est du latin), reste absolument pertinent.

Je me replonge un instant dans son ouvrage majeur : « Pour comprendre les média ».

Je possède un exemplaire de la première traduction française publiée en 1968 (le texte original a été publié en anglais au Canada en 1964). Je cite Mc Luhan, dans la dernière page de son livre lumineux et incroyablement prémonitoire :

« Nous pouvons maintenant, grâce à l’ordinateur, répondre à des besoins sociaux complexes avec la même sûreté architecturale que nous manifestions naguère dans l’érection d’habitations individuelles. L’unité de supputation est désormais la totalité de l’industrie, et la chose est également vraie de la société, de la politique et de l’éducation. Grâce aux moyens électriques de stocker et de transmettre l’information avec rapidité et avec précision, les grandes unités sont devenues aussi maniables que les petites. L’interdépendance globale est le fait d’où il faut partir. Etant indépendante du lieu ou du type des opérations de travail, l’énergie électrique crée des modèles de décentralisation et de diversification du travail à accomplir. »

Ce texte a été rédigé en 1964, il y a 45 ans, alors même que l’Internet en tant que tel n’existait pas encore. Et pourtant, c’est bien l’Internet tel que nous le connaissons aujourd’hui que décrivait Mc Luhan.

La première connexion informatique à longue distance (très déficiente) n’a été établie que l’année suivante, en 1965, entre la Californie et le MIT dans le Massachusetts, aux Etats-Unis.

Je relis aussi ce que Marshall Mc Luhan avait écrit, il y a presque un demi-siècle, sur la télévision et la radio. Tout reste d’une parfaite justesse.

Et c’est Marshall Mc Luhan lui-même qui me fournit, post-mortem, cette citation en forme de conclusion soumise à votre réflexion :

"Seuls les plus petits secrets ont besoin d'être protégés. Les plus gros sont gardés par l'incrédulité publique."

mercredi 28 janvier 2009

Ségo, la balance.



« Si tu vas à Rio, n’oublie pas de monter là-haut !», chantait jadis Dario Moreno.

Ségolène Royale va au Brésil mais pas à Rio, elle va à Belem, à l’embouchure de l’Amazone, pour assister à partir de demain au « Forum social mondial», le cénacle annuel de l’altermondialisme recuit.

Ségolène contemplera donc à distance respectable la France une nouvelle fois engluée dans une grève aussi inutile que malfaisante.

Avant de prendre l’avion vers l’hémisphère sud où les températures sont tellement agréables en cette saison, la socialiste poitevine a lâché dans la mare hexagonale un petit pavé, en forme de livre intitulé « Femme debout » (publié chez Denoël).

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Voici un petit florilège des vacheries de notre Ségo :

Nicolas Sarkozy : "Quand il m'a reçue à l'Elysée, peu après la défaite, pour parler de l'Europe, je l'ai trouvé assez médiocre dans le comportement. Il n'y avait pas de hauteur, d'allure, d'élan, de fair-play. (...) Il était là, les bras ballants, à m'offrir des chocolats, à essayer de me faire parler de ma séparation d'avec François Hollande, à dauber sur des journalistes, à exhiber sa montre et à me dire qu'il était là mais qu'il aurait pu être ailleurs 'à faire du fric'. (...) Sa force vitale est impressionnante mais c'est vraiment un m'as-tu-vu. (...) Un petit gamin heureux d'être au milieu de ses nouveaux jouets, vous savez, le môme qui a gagné le pompon sur le manège. Avec sa petite étoile de shérif et son pistolet en plastique, son déguisement de cowboy. Il est monté sur le plus grand cheval et il a décroché le pompon."

"Martine Aubry me regarde toujours comme quand j'étais sa sous-ministre. Elle le pense vraiment. Il y a eu une primaire, une campagne présidentielle, un score plus qu'honorable et je suis sa sous-ministre. Elle ne me regardera jamais autrement."
"Lionel Jospin a été un très grand premier ministre, il est très bon sur beaucoup de dossiers mais devient irrationnel sur le parti. Il mute et perd toute sa grandeur."


"Je ne supporte pas les manipulateurs et les geignards... Le summum, c'est Jack Lang qui a instauré le harcèlement en stratégie de conquête. Dix, vingt, trente coups de fil, matin, midi et soir. On finit toujours par céder. Très efficace mais totalement insupportable."

Laurent Fabius : "brillant", "probablement l'un des plus cultivés. Et il reste là, enfermé, caché maladroitement derrière Martine pour le congrès, et on se demande bien ce qu'il peut encore espérer."

Quant aux "éléphants" socialistes, "la décomposition du PS, au fond, ils s'en moquent (...) Ils pensent que l'agonie sera tellement lente qu'ils ramasseront inévitablement la mise. (...)" "S'il y en a un de meilleur que moi, qu'il y aille, je ferai même sa campagne en 2012. Mais pardon, pour le moment, je ne vois pas."

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Il faut bien l’avouer : Ségolène, si elle n’existait pas, il faudrait d’urgence l’inventer !

lundi 26 janvier 2009

Fric-foot

Je lis dans « Le Monde » un article édifiant sur les salaires des joueurs de football.

Lorsqu’il avait 22 ans, Zidane jouait à Bordeaux. C’était la saison 1994-1995. Il gagnait 100.000 Francs par mois, l’équivalent de 15.000 €. Ce qui était à l’époque déjà très convenable.

Au même âge, le prodige actuel de Bordeaux, Yoann Gourcuff empoche chaque mois 175.000 € !

Même âge, même club et des qualités sportives voisines. Comment expliquer cette envolée des rémunérations ?

Dans le championnat français de Ligue 1, le salaire mensuel moyen des joueurs est aujourd’hui de 47.000 €.

A l’étranger, le Brésilien Kaka (actuellement au Milan AC) reçoit chaque mois 750.000 €. Un autre Brésilien, Ronaldinho (FC Barcelone) accumule presque autant : 710.000 €

On me rétorquera que les carrières sportives sont courtes, que le foot est un spectacle dont les vedettes, comme celle du cinéma, attirent le public.

J’entends ces arguments. Mais je me demande s’il est justifié de payer aussi cher un gamin comme Gourcuff, aussi gracieux et talentueux soit-il.

Il y a là quelque chose de vicié et d’indécent. Le modèle économique du foot (télé, contrats publicitaires, produits dérivés) est aussi discutable que celui de la finance.