Ainsi donc, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel ne trouve rien d’anormal dans le comportement d’Audrey Pulvar, compagne du socialiste Arnaud Montebourg.
Audrey Pulvar est payée doublement par la redevance qui finance le service public de la radio-télévision en France.
Audrey Pulvar, dimanche dernier, est apparue publiquement aux côtés d’Arnaud Montebourg qui célébrait son excellent score dans le premier tour de la primaire socialiste. Audrey Pulvar était enthousiaste, comme tous les militants qui acclamaient le député de Saône et Loire. On a bu du champagne, c’était la fête !
Le CSA estime néanmoins qu’Audrey Pulvar n’est pas une militante. Audrey Pulvar a été reçue, à sa demande, par le CSA. Michel Boyon, président de cette instance, a déclaré ensuite : «Mme Pulvar n'étant pas, à ma connaissance, membre d'un parti politique, son temps de parole ne sera pas décompté».
Immense lâcheté du CSA qui sent le vent tourner à gauche !
Audrey Pulvar continuera donc de travailler pour la matinale de France-Inter mais avec une contrainte majeure : elle n’abordera plus les sujets de politique intérieure.
Absurdité totale, hypocrisie absolue : faire une heure quotidienne de radio sur une antenne nationale en pleine campagne électorale sans parler de politique intérieure ! C’est complètement ridicule et cela, au passage, affaiblit gravement la crédibilité de France-Inter sur cette tranche horaire.
Audrey Pulvar continuera aussi d’intervenir dans l’émission de Laurent Ruquier sur France 2 le samedi soir. Cette émission ne dépend pas de la direction de l’information de la chaine publique. Elle est sous le contrôle de la direction des programmes. Mais c’est une émission qui invite des personnalités politiques, au moins jusqu’en janvier prochain, date à laquelle les politiques seront indésirables.
En attendant, ils continuent de défiler dans le studio de Laurent Ruquier et ils sont interrogés, entre autres, par Audrey Pulvar. Le mois dernier, c’est avec une rare virulence qu’elle a ainsi passé sur le gril Ségolène Royal, invitée de l’émission. A ce moment-là, Ségolène Royal était en concurrence avec Arnaud Montebourg, compagnon d’Audrey Pulvar. Le conflit d’intérêt est manifeste et scandaleux.
On peut en dire presqu’autant de Valérie Trierweiler, la compagne de François Hollande. Valérie Trierweiler est une journaliste de la chaine Direct 8, chaine privée (c’est important) et beaucoup plus confidentielle que France-Inter et France 2. Valérie Trieweiler est plus discrète et ne se montre pas en public dans les meetings avec le député de la Corrèze.
Mais le problème est comparable à celui soulevé par Audrey Pulvar, d’autant que Valérie Trieweiler participe régulièrement aux séances de travail avec les conseillers de son compagnon.
Ce type de collusion politico-journalistique n’est hélas pas nouveau.
Le sommet de l’indécence avait été atteint lorsque que Christine Ockrent était la numéro deux de l’Audiovisuel Extérieur (France 24, RFI, etc) alors que son époux, Bernard Kouchner, occupait le poste de ministre des Affaires Etrangères. Situation inimaginable dans aucun autre pays dit «développé». Culot et outrecuidance.
Anne Sinclair, en devenant la compagne de Dominique Strauss-Kahn, avait eu l’élégance d’abandonner la présentation de l’émission dont elle était une immense vedette : 7/7 sur TF1.
Béatrice Schönberg avait quitté le 20h de France 2, dès lors qu’elle est devenue l’amie intime puis l’épouse de Jean-Louis Borloo. Béatrice Schönberg est maintenant cantonnée à la présentation d’émissions de société sur la même chaine.
On objectera peut-être qu’Etienne Mougeotte, directeur de la rédaction du Figaro, est clairement un soutien de Nicolas Sarkozy. Mais ils ne partagent pas des confidences sur l’oreiller. Et Etienne Mougeotte n’a jamais caché ses opinions. Il dirige un journal (entreprise privée) qui s’assume clairement à droite.
Etienne Mougeotte n’est pas payé par la redevance. Par ma redevance. C’est toute la différence.