"Ce qui barre la route fait faire du chemin" (Jean de La Bruyère - 'Les Caractères')
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mercredi 18 mai 2011

DSK : complot, consentement, calvaire

Quelques récents développements dans l'affaire DSK



Théorie du complot
Les Français, quand ils ne comprennent pas une histoire ou refusent d’y croire, préfèrent affirmer qu’il s’agit d’un complot. C’est tellement énorme que c’est forcément louche. 57% des Français interrogés par l’institut CSA sont convaincus que le patron du FMI est victime d’une machination. Qui aurait monté cette conspiration ? C’est moins clair. Nicolas Sarkozy, le FMI, la CIA ? Pourquoi pas les services secrets grecs à cause de la cure d’austérité imposée par DSK ? 

Les instituts de sondage devraient poser une autre question : pensez-vous plausible que Dominique Strauss-Kahn, seul dans la suite d’un grand hôtel, soit tenté d’abuser d’une femme de chambre ? Compte tenu de ses antécédents, on connaît la réponse, même si les médias français ont toujours été passablement indulgents à l’égard du comportement du dignitaire socialiste.


La machine policière et judiciaire américaine
Avec une rare hypocrisie, les Français prétendent découvrir les pratiques de la police et de la justice aux Etats-Unis. Et pourtant, presque tous les soirs, les Français sont gavés de séries policières américaines qui montrent précisément les arrestations brutales, les menottes, l’exhibition des prévenus devant les médias, les caméras dans les tribunaux. Tout cela figure dans les séries parce que c’est la réalité du système américain. DSK ne doit pas s’en étonner. Ce qui lui a été infligé est imposé tous les jours aux suspects de nombreuses affaires, même les plus célèbres. 

Michael Jackson, vedette planétaire, n’avait pas échappé à ce traitement brutal, menottes comprises. On peut s’en indigner mais DSK n’a pas été traité plus durement que les autres suspects. 
C’est ce qu’on appelle le «perp walk», la «promenade du suspect» est un grand classique aux Etats-Unis. Le plus célèbre «perp walk» s’est mal terminé. C’était en novembre 1963 à Dallas. Deux jours après l’assassinat de John Kennedy, dans le sous-sol de l’immeuble de la police de la ville, Lee Harvey Oswald apparaît encadré d’inspecteurs en civil. Il est exhibé devant les photographes. Dans la confusion, Jack Ruby sort une arme et abat le suspect.


Quand il s'agit d'un petit malfrat, les images sont seulement   diffusées par les médias locaux, directement concernés. Dans le cas d’une personnalité connue dans le monde entier, les photos et les reportages de télé se propagent partout.


La stratégie du consentement
Les avocats de DSK pourraient opter pour un système de défense risqué. Ils pourraient s’orienter vers la version d’une relation consentie de leur client avec la femme de chambre. Comme disait Coluche : «Monsieur le Juge, je ne l’ai pas violée, pas plus que les autres. Je vous ferai remarquer que violer, c’est quand on ne veut pas. Moi, je voulais !». Ce serait une stratégie audacieuse qui tendrait à confirmer néanmoins qu’il y a bien eu une rencontre entre DSK et la femme de chambre. Jusqu’à présent, on était dans le déni du côté du patron du FMI. Maintenant, la défense pourrait admettre que, de manière fortuite, DSK s’est retrouvé en tête-à-tête avec la femme de ménage. L’employée de l’hôtel, elle, a reconnu formellement son agresseur au cours de la confrontation au commissariat de Harlem. Au moment des faits, elle ignorait de qui il s’agissait. 

Si les avocats de DSK plaident le consentement, ce serait une manœuvre préventive : ils pourront plus facilement expliquer les prélèvements ADN qui risquent d’être accablants pour leur client. Quelle que soit la vérité, on notera que DSK a quitté l’hôtel illico pour, dit-il, aller déjeuner avec Camille, l’une de ses filles. Un petit coup vite fait (et un peu raté) avec une femme de chambre (prétendument consentante) avant de deviser avec sa fille devant un carpaccio de saumon, c’est raffiné !

Le calvaire de DSK
Dominique Strauss-Kahn vit actuellement le moment les plus pénible de son existence. C’est évident. La prison de Riker’s Island est un univers hostile, en contraste total avec son environnement habituel : les limousines, les vastes demeures, les suites douillettes dans les hôtels luxueux et les fauteuils de première classe dans les avions. 

DSK a été placé sous surveillance renforcée dans sa cellule afin de prévenir toute tentative de suicide. Il n’est pas le seul à souffrir. Imaginez ce que doit traverser Anne Sinclair qui a déjà fait front à l’occasion d’incartades précédentes de son époux. 

Mais pensez surtout à cette femme de chambre guinéenne dont la vie est totalement chamboulée depuis samedi après-midi. Après le choc de la probable agression sexuelle sur son lieu de travail, elle a été confrontée à DSK au commissariat et elle est désormais obligée de se cacher. Elle ne peut plus vivre chez elle. Les détectives travaillant pour la défense de DSK fouillent dans le passé de cette femme et écument son quartier du Bronx afin de dénicher des éléments négatifs la concernant. La première victime, c’est elle. Les hiérarques socialistes qui se lamentent sur le sort de leur chouchou ne devraient jamais l’oublier.
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    mercredi 4 mai 2011

    La Porsche de DSK : dérapage incontrôlé

    C’est l’histoire d’une simple photo, publiée hier par «Le Parisien». On y voit Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair montant à bord d’une Porsche Panaméra, quelque part dans un beau quartier de Paris. Le directeur du FMI était de passage à Paris la semaine dernière avec son épouse afin de choisir un local pour son futur QG de campagne.
    La Porsche Panaméra, avec toutes les options, coûte 140.000 €. La voiture empruntée par le couple DSK-Sinclair ne leur appartient pas, fait savoir leur entourage. Elle est la propriété d’un ami. Personnellement, je n’ai pas d’ami possédant une Porsche. Mais il est vrai que je ne suis pas présumé candidat de gauche (ou candidat de gauche présumée).

    Cette photo a été prise au téléobjectif place des Vosges où le patron du FMI et son épouse possèdent un agréable appartement, non loin de celui de Jack Lang.

    Les belles voitures, quand on est politicien, on peut les admirer de loin au salon de l’auto. On ne monte pas dedans. Cet incident va renforcer l’image «gauche-caviar» du couple DSK-Sinclair.


    "Si tu n'as pas Rolex à 50 ans, tu as raté ta vie", avait proclamé Jacques Séguéla en parlant de la montre de Nicolas Sarkozy. Doit-on dire maintenant : "Si tu n'as pas de Porsche à 60 ans, tu as raté ta vie" ?


    Paraphrasant le fameux slogan de François Mitterrand en 1981 ("La force tranquille"), Patrick Cohen sur France-Inter a trouvé le slogan pour DSK en 2011 : "La Porsche tranquille".

    Passe encore pour la voiture allemande (hommage à l’Europe). Mais pas une Porsche ! DSK n’a donc pas d’amis possédant une simple Mercedes ?

    Les Français sont sensibles aux éléments matériels qu’ils peuvent comparer. Un logement gratuit pour un ministre, c’est insupportable quand on paye difficilement un loyer. Un vol dans un jet privé (n’est-ce-pas MAM ?), c’est également rédibitoire.

    Les Français savent qu’ils ne pourront jamais se payer une Porsche. Ils savent qu’ils n’ont pas d’ami en ayant une dans son garage. 

    La bagnole, c’est sacré. Il faut privilégier un véhicule crédible. François Bayrou avait fait campagne du haut d’un tracteur. C’était de la démagogie plouc. Les autres candidats se sont toujours déplacés dans des limousines noires et ennuyeuses, de fabrication française.


    C’est le général de Gaulle qui avait le mieux saisi la symbolique du pouvoir et de l’automobile. Sa voiture, c’était la DS Citroën, merveille technologique des années 60 (célébrée avec génie par Roland Barthes dans un chapitre fameux de ses "Mythologies")  lire le texte à la fin de ce billet.


















    C’était une voiture de luxe pour l’époque. Mais la DS était un rêve accessible pour la petite bourgeoisie des «trente glorieuses». Chacun pouvait se projeter dans la DS du général.

    La Porsche en 2011, ça pue le fric, le Cac 40, le m’as-tu-vu. C’est mal vu. Cela appartient à un monde auquel l’électeur de base ne peut se référer.

    DSK, s’il se présente effectivement à la primaire socialiste, aurait intérêt à soigner sa prochaine arrivée automobile. Il devrait prendre le bus. Et Anne Sinclair devrait se mettre en quête d’une Clio d’occasion.


    En bonus, l'excellent texte de Roland Barthes sur la DS Citroën :

    «La nouvelle Citroën»
    Je crois que l’automobile est aujourd’hui l’équivalent assez exact des grandes cathédrales gothiques : je veux dire une grande création d’époque, conçue passionnément par des artistes inconnus, consommée dans son image, sinon dans son usage, par un peuple entier qui s’approprie en elle un objet parfaitement magique.

    La nouvelle Citroën tombe manifestement du ciel dans la mesure où elle se présente d’abord comme un objet superlatif. Il ne faut pas oublier que l’objet est le meilleur messager de la surnature: il y a facilement dans l’objet, à la fois une perfection et une absence d’origine, une clôture et une brillance, une transformation de la vie en matière (la matière est bien plus magique que la vie), et pour tout dire un silence qui appartient à l’ordre du merveilleux.
    La «Déesse» a tous les caractères (du moins le public commence-t-il par les lui prêter unanimement) d’un de ces objets descendus d’un autre univers, qui ont alimenté la néomanie du XVIIIe siècle et celle de notre science-fiction: la Déesse est d’abord un nouveau Nautilus.

    C’est pourquoi on s’intéresse moins en elle à la substance qu’à ses joints. On sait que le lisse est toujours un attribut de la perfection parce que son contraire trahit une opération technique et tout humaine d’ajustement: la tunique du Christ était sans couture, comme les aéronefs de la science-fiction sont d’un métal sans relais. La DS 19 ne prétend pas au pur nappé, quoique sa forme générale soit très enveloppée; pourtant ce sont les emboîtements de ses plans qui intéressent le plus le public: on tâte furieusement la jonction des vitres, on passe la main dans les larges rigoles de caoutchouc qui relient la fenêtre arrière à ses entours de nickel.
    Il y a dans la DS l’amorce d’une nouvelle phénoménologie de l’ajustement, comme si l’on passait d’un monde d’éléments soudés à un monde d’éléments juxtaposés et qui tiennent par la seule vertu de leur forme merveilleuse, ce qui, bien entendu, est chargé d’introduire à l’idée d’une nature plus facile.

    Quant à la matière elle-même, il est sûr qu’elle soutient un goût de la légèreté, au sens magique. Il y a retour à un certain aérodynamisme, nouveau pourtant dans la mesure où il est moins massif, moins tranchant, plus étale que celui des premiers temps de cette mode. La vitesse s’exprime ici dans des signes moins agressifs, moins sportifs, comme si elle passait d’une forme héroïque à une forme classique.
    Cette spiritualisation se lit dans l’importance, le soin et la matière des surfaces vitrées. La Déesse est visiblement exaltation de la vitre, et la tôle n’y est qu’une base. Ici, les vitres ne sont pas fenêtres, ouvertures percées dans la coque obscure, elles sont grands pans d’air et de vide, ayant le bombage étalé et la brillance des bulles de savon, la minceur dure d’une substance plus entomologique que minérale (l’insigne Citroën, l’insigne fléché, est devenu d’ailleurs insigne ailé, comme si l’on passait maintenant d’un ordre de la propulsion à un ordre du mouvement, d’un ordre du moteur à un ordre de l’organisme).

    Il s’agit donc d’un art humanisé, et il se peut que la Déesse marque un changement dans la mythologie automobile. Jusqu’à présent, la voiture superlative tenait plutôt du bestiaire de la puissance; elle devient ici à la fois plus spirituelle et plus objective, et malgré certaines complaisances néomaniaques (comme le volant vide), la voici plus ménagère, mieux accordée à cette sublimation de l’ustensilité que l’on retrouve dans nos arts ménagers contemporains: le tableau de bord ressemble davantage à l’établi d’une cuisine moderne qu’à la centrale d’une usine: les minces volets de tôle mate, ondulée, les petits leviers à boule blanche, les voyants très simples, la discrétion même de la nickelerie, tout cela signifie une sorte de contrôle exercé sur le mouvement, conçu désormais comme confort plus que comme performance. On passe visiblement d’une alchimie de la vitesse à une gourmandise de la conduite.

    Il semble que le public ait admirablement deviné la nouveauté des thèmes qu’on lui propose: d’abord sensible au néologisme (toute une campagne de presse le tenait en alerte depuis des années), il s’efforce très vite de réintégrer une conduite d’adaptation et d’ustensilité («Faut s’y habituer»).
    Dans les halls d’exposition, la voiture témoin est visitée avec une application intense, amoureuse: c’est la grande phase tactile de la découverte, le moment où le merveilleux visuel va subir l’assaut raisonnant du toucher (car le toucher est le plus démystificateur de tous les sens, au contraire de la vue, qui est le plus magique): les tôles, les joints sont touchés, les rembourrages palpés, les sièges essayés, les portes caressées, les coussins pelotés; devant le volant, on mime la conduite avec tout le corps.
    L’objet est ici totalement prostitué, approprié: partie du ciel de Metropolis, la Déesse est en un quart d’heure médiatisée, accomplissant dans cet exorcisme, le mouvement même de la promotion petite-bourgeoise.
    Roland Barthes, 1957, dans « Mythologies », extrait des Œuvres complètes I, Editions du Seuil.



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    dimanche 13 mars 2011

    DSK : il y va. Anne en a trop envie.


    J’ai regardé le publi-reportage consacré à Dominique Strauss-Kahn, diffusé à la mi-journée ce dimanche sur Canal +.

    Le bonhomme placide et rondouillard, économiste et socialiste, parcourt le monde en y jetant son regard avisé et faussement modeste.

    «Yes we Kahn», peut-on lire sur le tee-shirt porté par le directeur général du FMI au début du reportage.

    A la fin, le retraité Bill Clinton chuchote à l’oreille de DSK qu’il doit se lancer dans la présidentielle française de 2012.

    En coulisses, omniprésente, Anne Sinclair trépigne et s’impatiente. Elle rêve de sa propre passation de pouvoir : Anne succédant à Carla. On perdrait une chanteuse, on gagnerait une diva.

    Je vous le dis une nouvelle fois : c’est Anne Sinclair qui est déterminante dans cette histoire. DSK lui doit bien ça, après ses incartades privées. Anne Sinclair est candidate au poste de Première Dame. Dominique, bon gré mal gré, lui obéira.

    ANYHOW l’écrivait ici le 20 février dernier : il faut libérer Anne Sinclair, captive du FMI. Lire en cliquant ici.

    Il convient, par rapport à ma publication du mois dernier, de rectifier le nombre de jours de la détention d’Anne Sinclair à Washington : 1228 jours. Soit 3 ans, 4 mois et 12 jours. Calcul réalisé à partir de la date de ce dimanche 13 mars 2011.

    Chaque jour de plus devient plus pesant pour Anne.



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    dimanche 20 février 2011

    Otages à l'étranger : il faut libérer Anne Sinclair, captive du FMI depuis 1207 jours

    Depuis la publication de cet article, beaucoup de développements ont surgi dans la saga DSK/Anne Sinclair. 




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    Voici l'article du 20 février 2011


    Nicolas Sarkozy s’est ému de la détention au Mexique de Florence Cassez, une détention qui risque de se prolonger. Le président de la République a salué la libération de l’otage franco-colombienne Ingrid Bétancourt. Et le chef de l’Etat a facilité l’élargissement des infirmières bulgares, retenues dans les geôles libyennes.

    Il reste un cas humanitaire préoccupant qui mérite une mobilisation exemplaire. Je veux évoquer devant vous la situation douloureuse d’Anne Sinclair, retenue à Washington depuis maintenant 1207 jours (3 ans, 3 mois et 19 jours), depuis le 1er novembre 2007.

    Son ravisseur est clairement identifié : il s’agit de Dominique Gaston André Strauss-Kahn (c’est son identité complète ignorée du grand public) qui dirige un groupe international très puissant, le FMI.

    Comme tous les chefs de bande organisée, Dominique Gaston André Strauss-Kahn est plus connu sous son nom de guerre : DSK. Ses activités sont de notoriété publique. Jean-Luc Mélenchon, justicier hexagonal, est convaincu que DSK est «l’affameur des peuples émergents». Il est aussi, et c’est plus grave, celui qui retient prisonnière à Washington son épouse Anne Sinclair.

    Les conditions de détention paraissent convenables, selon les critères du Haut commissariat aux droits de l’homme des Nations Unies. Il s’agit d’une maison de 260 m2 du quartier de Georgetown dans la capitale fédérale américaine. La bâtisse de briques rouges (avec piscine) a été achetée par Anne Sinclair elle-même pour 4 millions de dollars. La détenue est propriétaire de sa prison, ce qui est assez inédit.

    Anne Sinclair n’en peut plus de la vie à Washington. Elle est pourtant américaine par sa naissance à New York, il y a 62 ans. Mais Washington, par rapport à New York, c’est un trou. Et Anne Sinclair est contrainte d’y rester car son époux y a trouvé du boulot.

    DSK touche 420.930 dollars par an, plus une dotation annuelle de frais de représentation qui s’élève à 73.350 dollars. Le tout est net d’impôt. Au total, cela représente 494.280 dollars ou 360.828 euros au cours actuel. Autrement dit, 30.069 euros par mois.

    Mais l’argent de DSK n’intéresse pas Anne Sinclair. Elle possède une fortune personnelle très confortable, héritage de son grand-père Paul Rosenberg, grand marchand d’art. Ce qu’elle veut, Anne, c’est quitter Washington.

    Vous n’imaginez pas ce que c’est de vivre dans cette ville. Si vous y êtes venu en touriste, vous y avez passé deux ou trois jours. Vous avez photographié les monuments, visité les musées, apprécié les espaces verts et leurs charmants écureuils. Deux jours ou trois jours, ça suffit. Mais 1207 jours, c’est insupportable.

    Que faire à Washington, à part enchainer les cocktails et les dîners officiels avec les collègues de DSK et les invités du FMI ? Rien du tout. C’est mortel. Et puis le ravisseur DSK n’est pas souvent là : il voyage sans arrêt en tant que VRP de la dette mondiale. Anne Sinclair s’emmerde comme un rat mort à Washington.

    Il y a bien les permissions de sortie accordées à la prisonnière dans l’appartement conjugal de la Place des Vosges à Paris ou dans le riad de Marrakech au Maroc. Mais ce ne sont que de courts intermèdes dans cet enfermement interminable à Washington.

    Un seul homme pourrait ouvrir la cage dorée d’Anne Sinclair : Dominique Gaston André Strauss-Kahn lui-même, s’il se décidait enfin à quitter son job actuel afin de postuler à une autre fonction.

    Anne Sinclair a lancé un cri de détresse : elle a dit clairement qu’elle ne souhaitait pas que DSK s’éternise à Washington. Il faut que le cri désespéré de cette femme cloitrée, de cette française qui servit jadis de modèle au buste de Marianne, il faut que ce cri déchirant soit entendu.

    Si elle est libérée, Anne Sinclair a déjà repéré une demeure qu’elle aimerait occuper à Paris. Elle se situe au 55 de la rue du Faubourg Saint-Honoré, dans le 8ème arrondissement. C’est assez central, très bien gardé, à proximité de jolies boutiques.
    Beaucoup plus excitant que la maison de briques rouges de Washington, même s’il n’y pas de piscine au 55 de la rue du Faubourg Saint-Honoré.

    Anne Sinclair est détenue à Washington depuis 1207 jours. Nous ne l’oublions pas.