"Ce qui barre la route fait faire du chemin" (Jean de La Bruyère - 'Les Caractères')
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dimanche 3 avril 2011

"Zadig et Voltaire", le livre préféré de Frédéric Lefebvre. Ça fait rire 'Twitter'

Il s’est passé un truc très rigolo hier samedi sur «Twitter». 

C’est l’inénarrable Frédéric Lefebvre qui en a fait les frais.
Cet homme est membre du gouvernement avec le titre à rallonge de : secrétaire d'État, chargé du Commerce, de l'Artisanat, des PME, du Tourisme, des services, des Professions libérales et de la Consommation. Oui tout ça. Je me demande comment ces fonctions multiples et variées tiennent sur sa carte de visite. Frédéric Lefebvre s’était déjà fait remarquer quand il était porte-parole de l’UMP.

Il vient d’écrire un livre publié par ‘Le Cherche Midi’ intitulé «Le mieux est l’ami du bien». C'est donc un auteur, disons même un écrivain...

Frédéric Lefebvre dédicaçait récemment son ouvrage. A cette occasion, il a été approché gentiment par une caméra amie du site Internet du ‘Figaro’. Pas vraiment des méchants gauchistes malfaisants. On lui demande aimablement de dire quel est le livre qui l’a le plus marqué. Ecoutez ce qu’il répond :



Oui, le livre qui a eu la plus profonde influence sur Frédéric Lefebvre, c’est «Zadig et Voltaire». Comme la marque de fringues pour bobos. Pas "Zadig" de Voltaire, mais bel et bien "Zadig et Voltaire" (voir le site de la marque en question ici). C'est Rue 89 qui a levé ce lièvre délicieux. Il méritait bien un civet qui fut cuisiné aux petits oignons : cette énormité a stimulé l'imagination des amateurs de belles lettres sur Twitter


Les pastiches de titres se sont multipliés. Voici une toute petite sélection :

  • "Les lettres de mon moulinex", d’Alphonse Daudet
  • "Les fourberies d’escarpin", de Rachida Dati
  • "Le désert des Tartares", de Boursin
  • "Jacuzzi", d’Emile Zola
  • "J’irai cracher sur vos tongs", de Boris Vian
  • "Les lettres percent Anne", de Dominique Strauss-Kahn
  • "Pour qui sonne le gras", toujours de Dominique Strauss-Kahn, d’après Hemingway, donc d’après PPDA
  • "Le soulier de patin", de Philippe Candeloro, d’après Paul Claudel
  • "Jours tranquilles à Neuilly", de Liliane Bettencourt, d’après Henry Miller
  • "La possibilité Dunhill", de Michel Houellebecq
  • "La possibilité d’une île flottante", du même Michel Houellebecq
  • "501", de Claude Levi-Strauss
  • "Le petit prince", de Jean Sarkozy
  • "Mon père avait raison", de Marine Le Pen et Jean Sarkozy, d’après Sacha Guitry
  • "L’être et le Guéant", de Jean-Paul Sarthe, préface de François Fillon
  • "La peste", de Jean-Claude Camus
  • "L'étranger" de Marine Le Pen, d'après Jean-Claude et Albert Camus
  • "Le bateau ivre", de Chantal Brunel
  • "La chartreuse de parmesan", de Stendhal
  • "Voyage au bout de la nuit à Las Vegas", de LF Céline Dion
  • "Omelette", de Shakespeare
  • "La chute", de Michèle Alliot-Marie, d’après Albert Camus
  • "Au cœur des ténèbres", de Gilbert Montagné, d’après Joseph Conrad
  • "On ne badine pas avec Zemmour", d’Alfred de Musset
  • "Thérèse Ramequin", d’Emile Zola
  • "Madame Balkany", de Gustave Flaubert (et pas de Balzac, contrairement à ce que croit Ariane Massenet du ‘Grand Journal’ de Canal+)
  • "Alcools", de Jean-Louis Borloo, d’après Guillaume Apollinaire
Vous avez tout le loisir d’en imaginer d’autres...
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en bonus, je vous offre le clip promotionnel du livre de Frédéric Lefebvre. C'est, comment dire.... c'est Voltairien... Rien, rien de rien.




mardi 29 mars 2011

C'est effarant, l'UMP

Oui, c’est effarant, l’UMP. Une Machine à Perdre. Regardez-les s’écharper les petits marquis de la droite au pouvoir...  Ils font peine à voir, ils sont pathétiques.

Leur figure de proue, Nicolas Sarkozy, fait sa tête des mauvais jours. Sa popularité est en berne. Un quinquennat se termine. Un quinquennat pour rien. Où sont les grandes réformes annoncées pour se faire élire en 2007 ?

Copé s’agite, Fillon renâcle. Et les députés de base ronchonnent. C’est eux qui risquent leur peau. Car en 2012, il y a l’élection présidentielle mais il y aussi les élections législatives. Et sur les affiches des candidats à la députation, le sigle UMP fera tache. Déjà, pour les cantonales, l’étiquette du parti avait été cachée. UMP, boulet.

Ce grand foutoir de droite, fait de bric et de broc, craque de toutes parts : gaullistes rancis style Alliot-Marie, libéraux, centristes, gauche ramollie et renégate sauce Bockel, avocats d’affaires, les foutraques Vanneste, Estrosi, Ciotti et compagnie. Une armée en déroute, une armée en guenilles qui brandit l’étendard de l’identité nationale. Vanités des vanités pour une meute sans identité !

Ils marquent à la culotte la Marine triomphante en sortant à qui mieux mieux des débats vaseux sur la laïcité et autres billevesées. Alors qu’il faudrait d’abord s’attaquer au chômage, à l’investissement défaillant des entreprises, aux déficits publics, à la déroute de l’éducation.

UMP : Un Mépris Puissant. Mépris du peuple, mépris des urgences, mépris de la politique.

mercredi 2 mars 2011

Le désert politique français


La politique française offre un spectacle désolant, à l’image d’un pays qui se délite.

A droite, c’est un champ de ruines. Toutes les ambitions de Nicolas Sarkozy se sont étiolées ou effondrées à l’épreuve de la réalité du pouvoir.

Son camp est en lambeaux, derrière un chef dépassé par les défis actuels. Le comportement erratique du président sème le doute même parmi ses fidèles. Le pays est conduit ‘à la va comme je te pousse’, au gré des événements, des faits divers sanglants et de l’air du temps.

On échafaude un ambitieux «Grenelle de l’environnement» pour s’empresser aussitôt de le dépecer. On fustige les emplois aidés et la gestion sociale du chômage pour les réintroduire en catastrophe en constatant les piteux résultats de la politique de l’emploi. On promet des lois sécuritaires dès qu’une joggeuse est estourbie, en espérant séduire l’électorat droitier qui n’est pas dupe. On stigmatise l’Islam. On louvoie à n’en plus finir sur la fiscalité, pour ne pas effrayer les nantis et les rentiers qui votent UMP. On navigue à vue, dans un brouillard de plus en plus opaque, en laissant filer les déficits.

Après moi, le déluge : des coups de menton, mais pas d’audace, pas de vision, pas d’imagination. On piétine. Pire : on régresse, pendant que le monde change à vue d'oeil.

On tripatouille nerveusement la composition du gouvernement plusieurs fois par an. C’est le retour perpétuel des morts-vivants : Juppé et Longuet sont les dernières 'nouveautés'. Dommage que Couve de Murville ne soit plus disponible.

On s’agite mais on n’agit pas. La jeunesse est abandonnée, les juges insultés, les enseignants bousculés.

En dehors de la parenthèse paternaliste du Salon de l’agriculture, les paysans sont livrés à eux-mêmes. Notre bureaucratique diplomatie est désemparée, impuissante, inaudible. Notre industrie recule, faute d’investissements et de recherche. Nos PME sont trop petites pour exister vraiment à l’exportation.

Où sont les réformes ? Où est passée la ‘rupture’ ?

Quel est le projet collectif pour la France ?

En face, à gauche, n’essayez pas de poser cette dernière question au seul parti de gouvernement dans l’opposition : le Parti Socialiste.

Martine Aubry, la première secrétaire, a commis un lapsus révélateur dimanche dernier sur France 2 en parlant du projet de PS : «un projet extrêmement vague... euh, vaste !».

Vaste ou vague, cela revient au même. La seule préoccupation des socialistes français est de se marquer à la culotte avant la sélection du candidat ou de la candidate pour 2012.

Martine Aubry devrait d’ailleurs regarder à la loupe les courbes d’audience du 20 h de TF1 : dès qu’elle y est invitée, les téléspectateurs désertent en nombre.

Pendant ce temps-là, Ségolène Royal gesticule, François Hollande maigrit et Laurent Fabius pontifie.

Et quand, flanqué d’Anne Sinclair, Dominique Strauss-Kahn daigne fouler avec componction le sol de la mère patrie, les médias sont pris de frénésie, sauce ‘people’.

Ce qui donne aussitôt de l’urticaire rue de Solférino. Le sémillant porte-parole du PS, Benoît Hamon, se pince le nez et déclare à propos de DSK : «Il est loin de la France, il ne respire pas les molécules de l'atmosphère que nous respirons.»

Atmosphère, atmosphère ! Pas les mêmes molécules... Une autre façon de répéter ce que disait l’UMP Christian Jacob à propos de DSK, non conforme selon lui à «l'image de la France des terroirs et des territoires, de la France qu'on aime bien».

Le débat politique français se situe à ce niveau : querelles de personnes, foire d’empoigne pour les bonnes gâches, absence de dessein pour le pays.

A gauche, on prépare un casting. A droite, on s’embourbe.

S’indigner, comme dirait Stéphane Hessel, ne suffira pas. Il faudrait un autre genre de sursaut pour s’extirper de cette sombre impasse.

«Les Français sont des veaux», disait jadis le général de Gaulle. Par chance, il s’est souvent trompé.

mercredi 16 février 2011

Christian Jacob contre DSK : le mythe de la France rurale



Samedi commencera le grand show rural de la Porte de Versailles, le Salon de l’Agriculture, qui sera qualifié immanquablement comme chaque année de «plus grande ferme du monde» par les journalistes de l’audio-visuel, jamais effarouchés par les clichés éculés.
Ce salon annuel est l’occasion d’un défilé de personnalités politiques qui viennent, à bon compte et sans franchir le périphérique, chercher un label de ruralité.
Les Français entretiennent avec leur agriculture un rapport fantasmé, bercé de nostalgie.
Le dernier exemple en date de ces sentiments confus nous est fourni par l’attaque personnelle lancée par l’UMP Christian Jacob contre Dominique Strauss-Kahn.
Christian Jacob, président du groupe UMP à l’Assemblée, a affirmé que DSK ne correspondait pas à «l'image de la France, de la France rurale, de la France des terroirs et des territoires, de la France qu'on aime bien».
La France que l’on aime bien, est-ce à dire qu’il existe une France qu’on aime moins ? Christian Jacob a une petite idée derrière la tête.
Les commentateurs et les responsables socialistes n’ont pas manqué de relever la connotation antisémite des propos de Christian Jacob, même si ce dernier se défend d’avoir eu de telles intentions.
La petite phrase de Christian Jacob (prononcée dimanche au micro de Radio J, la radio de la communauté juive où personne n’a réagi sur le moment) a en effet des relents de pétainisme.
On se souvient de l’affirmation lancée en juin 1940 par Philippe Pétain : «La terre, elle, ne ment pas. Elle demeure votre recours. Elle est la patrie elle-même. Un champ qui tombe en friche, c’est une portion de France qui meurt.» Le vieux Maréchal s’inspirait de la pensée de Charles Maurras qui aimait opposer «le pays réel» à «l’anti-France». Cette dernière pour Maurras était incarnée par les Protestants, les Juifs, les Francs-Maçons et «les métèques».
Je ne crois pas que Christian Jacob (ancien agriculteur et ancien syndicaliste agricole) ait voulu aller si loin dans son attaque contre DSK.
Mais Christian Jacob est un UMP pur sucre qui se reconnaît sûrement dans le discours prononcé dans le Jura par le président Sarkozy en octobre 2009, au cours d’un déplacement campagnard, hautement médiatisé.
Le chef de l’Etat (pas Pétain, mais Sarkozy) avait déclaré : « La France a un lien charnel avec son agriculture, j’ose le mot : avec sa terre. Le mot "terre" a une signification française et j'ai été élu pour défendre l'identité nationale française. Ces mots ne me font pas peur, je les revendique. La France a une identité particulière qui n’est pas au-dessus des autres mais qui est la sienne et je ne comprends pas qu’on puisse hésiter à prononcer ces mots « identité nationale française ».
Ainsi donc, le thématique de la terre, garante de l’identité nationale, est sans cesse labourée, de Maurras à Sarkozy, en passant par Pétain et Jacob.
Curieux attachement dans un pays dont les habitants voient plus souvent des vaches à la télé qu’en chair et en os. Ils aiment pourtant ce discours du terroir. C’est une rhétorique rassurante qui permet de replonger dans le bon vieux temps, celui d’avant la mondialisation.
Mais c’est un discours du passé. C’est le discours du clocher, du joli village, tel que François Mitterrand se l’était approprié, grâce à Jacques Séguéla, dans son affiche électorale de 1981, l’affiche de «la France tranquille».

En quoi l’agriculteur vanté par Christian Jacob serait-il la vraie représentation de la France d’aujourd’hui ? Davantage qu’un ingénieur, qu’un fonctionnaire, qu’un médecin, qu’un marchand de chaussures, qu’un technicien en informatique ? S’agit-il d’invoquer le fameux «bon sens paysan» ? Ce bon sens serait-il supérieur aux jugements portés par un économiste, diplômé d’HEC, actuellement directeur du FMI à Washington ?
Le bon sens paysan, s’il existe, est-il plus pertinent que le point de vue d’un ancien avocat de Neuilly-sur-Seine devenu ministre puis président de la République ?
La terre ne ment pas, vous a-t-on dit. Mais la France rurale de nos livres d’Histoire n’est plus qu’un mythe.
Avant le début de l’exode rural, en 1860, sur 36 millions de Français, 27 millions vivaient et travaillaient à la campagne. Le basculement s’opère en 1931 : la population urbaine devient majoritaire. En 1945, la France compte encore 10 millions d’actifs dans l’agriculture. Ils sont 700.000 aujourd’hui, moins de 3% de la population active.
Cela ne signifie pas que les paysans, les éleveurs, les viticulteurs qui restent ne doivent pas être pris en compte, évidemment. Mais pas au point d’incarner l’archétype du Français contemporain. Plus des trois quarts des Français vivent en zone urbaine.
Christian Jacob a tenté, dans un deuxième temps, de clarifier ses propos. Il a expliqué que DSK représentait mieux «les bobos que la France rurale, des terroirs, des territoires». Tant mieux finalement pour DSK : il y aujourd’hui beaucoup plus de bobos que de paysans. Electoralement, c’est un atout.
Ces arguties sont assez vaines. Christian Jacob qui prétend connaître le monde rural sait très bien que l’agriculture française d’aujourd’hui est devenue une force économique puissante. Mais c’est une industrie, l’industrie agro-alimentaire qui fait vivre 400.000 salariés dans 10.000 entreprises (en plus des 700.000 paysans, éleveurs, viticulteurs). L’agro-alimentaire français génère un chiffre d’affaires annuel de 150 milliards d’euros. C’est le seul secteur de notre économie qui dégage des excédents à l’exportation. Même si la France est en recul dans ce domaine, désormais doublée par l'Allemagne et les Pays-Bas pour les exportations agricoles (en volume).
On est loin de l’image d’Epinal de la charrue et du laboureur. La France des terroirs est devenue un désert. On peut le regretter. Mais c’est la réalité. Et les «néo-ruraux» qui viennent s’installer à la campagne ne deviennent pas des paysans, à de rares exceptions près. Ils emménagent dans des fermes retapées ou, pire, dans des lotissements qui gangrènent le paysage. Ces «néo-ruraux» conservent le plus souvent leur travail en ville et leurs habitudes citadines.
Tout cela n’empêchera les Parisiens de se mirer, comme chaque année, dans le miroir aux alouettes du Salon de l’Agriculture, vitrine trompeuse d’un monde presque disparu, n’en déplaise à Christian Jacob. N’en déplaise aussi à tous ceux qui regrettent sincèrement les campagnes vivantes et peuplées.
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Et écoutez cette chanson de Georges Brassens qui répond magnifiquement à tous ceux qui se vantent d'être "nés quelque part".